En salle à Montréal

Widows

15 novembre 2018

| PRIMEUR |
Semaine 46
Du 16 au 22 novembre 2018

SYNOPSIS SUCCINCT
Quatre braqueurs sont tués au cours d’un coup qui tourne mal, laissant à leurs veuves le soin de finir le travail.

CRITIQUE
| Élie Castiel |

★★★ ½

LES BATTANTES

Est-ce si grave si un cinéaste-auteur aborde une première fois le cinéma popcorn en lui administrant quand même une dose singulière de savoir-faire? Après 12 Years a Slave et surtout Hunger, Steve McQueen n’a pas besoin de se justifier. Œuvres beaucoup plus abouties, elles se démarquent de ce quatrième long métrage, Widows, qui compte surtout sur la présence de très bonnes comédiennes, dont une Viola Davis s’appropriant son personnage avec une verve sans pareille.

En fait non, il y aussi un rapport extraordinaire avec le médium, dont la très belle et anxieuse direction photo de Sean Bobbitt. Aujourd’hui, certains cercles critiques ne pardonnent pas aux cinéastes qu’ils ont vénérés en tant qu’auteurs de se réapproprier avec sincérité le cinéma mainstream. C’est ce qui explique sans doute qu’avant le début, McQueen s’adresse (à l’écran) une minute ou deux au public dans la salle, le remerciant d’être venu voir son film.

Ce n’est sans doute pas le meilleur McQueen, mais il
s’en tire cependant avec très grande satisfaction pour
un premier film grand public, ferme et décomplexé.

Le mal par le mal, semble dire le cinéaste dans ce récit dont le thème du casse paraît parfois invraisemblable tant il se sert de clichés associés au genre. Mais le réalisateur de Shame en est conscient et ose le tout pour le tout au risque de se casser la gueule. Ce qui n’est pas le cas car il ne cesse de nous rappeler de séquence en séquence que le cinéma est aussi l’art de tous les possibles.

Ce que nous retenons, c’est aussi que la rédemption n’est pas à l’ordre du jour dans une société occidentale actuelle bercée par la vanité, la corruption politique et le gain facile, prouvant que quel que soit le sexe, homme ou femme, la cupidité est aujourd’hui une valeur fondamentale de réussite à tout prix.

Ça se passe à Chicago, capitale du vice et de la vertu, selon l’endroit où on vit. Mais tout bien considéré, les puissants sont souvent ceux qui transgressent les lois pour mieux conserver leur rang. Ce n’est sans doute pas le meilleur McQueen, mais il s’en tire cependant avec très grande satisfaction pour une premier film grand public, ferme et décomplexé.

Sortie
Vendredi 16 novembre 2018

Langue(s)
V.o. : anglais / Version française
Veuves

Réal.
Steve McQueen

Genre : Suspense – Origine : États-Unis / Grande-Bretagne
Année : 2018 – Durée : 2 h 09
Dist.
20th Century Fox

Info. @
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul
½ [Entre-deux-cotes]

2019 © SÉQUENCES - La revue de cinéma - Tous droits réservés.