En salle à Montréal

Mademoiselle de Joncquières

15 novembre 2018

| PRIMEUR |
Semaine 46
Du 16 au 22 novembre 2018

SYNOPSIS SUCCINCT
Infatigable coureur de jupons, le marquis d’Arcis courtise avec assiduité la jeune veuve Madame de la Pommeraye. Séduite par son charme et ses propos, elle tombe amoureuse de lui. Leur relation est cependant de courte durée puisque le marquis part bientôt à la recherche de nouvelles conquêtes.


LE FILM DE LA SEMAINE
| Élie Castiel |

★★★★

LES LIAISONS PRÉCIEUSES

Dans un monde idéal, cette adaptation libre du roman Jacques le fataliste et son maître de Denis Diderot aurait dû être tournée par Mouret avant ses films précédents, confirmant ainsi une idée constante du dialogue, son rythme et son affectation. Cela étant dit, Mademoiselle de Joncquières est d’une beauté radieuse (autant le personnage que le film), baignée d’une lumière ensoleillée qui, même dans les quelques moments sérieux, ne cesse de rayonner.

Nul doute que Mouret demeure un des fils spirituels du grand Rohmer, pour ses réparties, sa création d’une carte du Tendre comme principal appui au cadre amoureux. Il aime les femmes et il les projette avec une caméra aussi affectueuse que libertine. Laurent Desmet s’occupe de ce détail fort loin d’être négligeable avec autant d’ardeur que d’assiduité.

Edouard Baer est plus habitué aux rôles modernes, actuels, urbains. Parfois, on sent des efforts, vite effacés par la majestuosité des dialogues et des situations. Cécile de France, par contre, brille par son charisme légendaire, sa féminité parfois féroce, mais amadouée, et plus que tout par son habilité à vêtir divers personnages, toutes époques confondues.

Impossible de ne pas penser au merveilleux Valmont du regretté
Milos Forman. Laclos et Diderot entretiennent ici un dialogue étrange
et savoureux autour de l’amour, des femmes, de l’indolence,
mais aussi d’une fausse innocence car teintée uniquement
par l’appât de la chair, le libertinage et la séduction
.

En fin de compte, la charmante Mademoiselle de Joncquières n’apparaît que vers la moitié du film, mais elle marque son empreinte de façon si ingénue que nous sommes prêts à dire que nous l’avions ainsi fantasmée avant sa première apparition.

Même si dans cet étrange chasse à cour, les deux sexes tiennent à leur propre pouvoir, le plan final (à découvrir) nous déçoit car le cinéaste aurait pu profiter des temps présents pour détourner l’œuvre adaptée. Après tout, transposer veut également dire s’inspirer librement et non pas suivre à la lettre.

Qu’importe. Mademoiselle de Joncquières force l’admiration et rejoint les sens.

Sortie
Vendredi 16 novembre 2018

Langue(s)
V.o. : français

Réal.
Emmanuel Mouret

Genre : Comédie de mœurs – Origine : France
Année : 2018 – Durée : 1 h 51
Dist.
K-Films Amérique

Info. @
Cinéma Beaubien
Cineplex

Classement
Tous publics

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul
½ [Entre-deux-cotes]

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