En salle

The First Purge

5 juillet 2018

| PRIMEUR |
Semaine 27
  Du 6 au 12 juillet 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
À une époque future, le gouvernement totalitaire des États-Unis autorise, une fois par année, tous les actes criminels pendant une période de douze heures. L’expérience, qui vise à diminuer les tensions sociales, se déroule à Staten Island sous l’œil attentif d’un attaché politique ambitieux et d’une psychologue renommée. Or cette fois, contre toute attente, la population rejette la violence.

CRITIQUE
| Élie Castiel |

★★★

L’AMÉRIQUE NUE ET VIOLENTE

La métaphore politique et la critique sociale s’intègrent sournoisement au genre d’exploitation pour grand public averti, plus exigeant, car il est question ici d’une étude sur le nouveau fonctionnement du film de genre. Et quoi de mieux qu’un décor made in USA pour que le message soit plus clair.

La blaxpoitation des années 70, très ancrée dans l’illustration d’une culture afro-américaine bien précise, était à l’époque un genre en soi.

Aujourd’hui, depuis l’avènement Obama, elle ne se distingue pas, du moins à Hollywood, de la blanche. Mêmes genres de films, mêmes scénarios, des personnages issus de toutes couches sociales, Noirs et Blancs confondus. Et pourtant, le racisme revient en force. C’est sur point que cette nouvelle mouture de la série Purge ne ressemble à aucune des précédentes.

Les citoyens des classes ouvrières et des oubliés sont en grande partie contre cette nuit de « crime légalisé ». Nouvelle approche scénaristique de la part d’un James Monaco en pleine puissance d’écriture. Mais les choses se compliquent un peu dans la réalisation de Gerard McMurray, dont le premier long métrage Burning Sands (2017) n’est disponible que sur le tout-puissant et incontournable Netflix.

La NFFA (New Founding Fathers of America) dont il est question dans The First Purge n’est-elle le substitut de la NRA (National Rifle Association)? Tout est affaire d’État. Par ailleurs, le KKK se mêle de la partie et c’est à une lutte de classes, de races et de couleurs de peau que nous avons droit.

Une lutte de classes sociales

Ici, les Bad guys sont les blancs (Trump et sa politique); les Noirs aussi le sont parfois : c’est peut-être le seul moyen qu’ils ont de se débrouiller dans une Amérique qui ne donnent pas les mêmes chances à tous. D’où l’utopie d’un rêve américain qui n’a jamais existé.

Un film intentionnellement déséquilibré dans sa forme, soutenu par la caméra d’Anastas N. Michos très souvent excessivement proche des personnages. Le directeur photo ne jure que pour le cadre, sa composition, son contenu, son rapport au récit et à la couleur.

Aucun comédien connu, un ensemble d’enthousiastes en délire devant les directives d’un cinéaste conscient de son époque, un tant soi peu bordélique dans la structure de sa mise en scène, des rapports entre les protagonistes, mais qui possède un ton, une démarche qui devrait se confirmer dans sa prochaine réalisation. Du moins, nous le souhaitons.

L’Amérique de Trump est malade et corrompue. Mais elle permet néanmoins de donner libre cours aux scénaristes engagés qui osent s’aventurer dans des chemins de traverse où on trouve toujours des idées à débattre. Le contraire aurait été consternant.

Un film intentionnellement déséquilibré dans sa
forme, soutenue par la caméra d’Anastas N. Michos
très souvent excessivement proche des personnages. Le
directeur photo ne jure que pour le cadre, sa composition,
son contenu, son rapport au récit et à la couleur.


Sortie
Vendredi 6 juillet 2018

Version originale
anglais / Version française
La première purge

Réalisation
Gerard MacMurray

Genre
Suspense
Origine
États-Unis
Année
2018
Durée
1 h 47

Distributeur
Universal Pictures

Horaires & info.
@ Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
Violence / Langage vulgaire

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul / ½ [Entre-deux-cotes]

 

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