En salle

Normandie nue

7 juin 2018

| PRIMEUR |
Semaine 23
du 8 au 14 juin 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Dans un petite communauté située dans la région de Normandie et comptant un peu plus de 700 habitants, la crise économique bat son plein. Un photographe américain, Blake Newman, se présente à l’improviste et présente une curieuse proposition.

CRITIQUE
| Charles-Henri Ramond |

★★  ½

À poil dans les champs du Seigneur

La campagne est malmenée, les paysans ne savent plus où donner de la tête pour s’en sortir. Ce constat applicable à une grande partie de l’agriculture traditionnelle n’est pas nouveau dans le cinéma français de ces dernières années. Fini les trente glorieuses, bonjour l’angoisse et la crise! Abordant cette grave problématique sous l’angle de la comédie, Philippe Le Guay (Les femmes du 6e étage, Molière à bicyclettenotre critique, Floridenotre critique) signe une œuvre pittoresque et humaniste, dont l’incertitude de l’intrigue n’a d’égal que son côté terriblement charmant. Démarré à la manière d’un drame social aux aspects documentaires affirmés, le film trouve rapidement le chemin de l’humour en plaçant au cœur de sa réalité une touche baroque, en l’occurrence un photographe américain perdu dans les bocages à la recherche de l’endroit idéal pour poser des nus. On pense bien entendu à l’iconoclaste Spencer Tunick, improbable étincelle du renouveau de notre village gaulois en pleine déconfiture. Comme en 1944, la Normandie est le théâtre de la rescousse américaine portée à la France engluée.

Cela dit, si ce point de départ incongru pourrait faire grimper au rideau n’importe quel scénariste, ici, le soufflé retombe à plat. Car les auteurs ne savent trop quoi faire avec ce débarquement miracle qui se révèle en outre trop mince pour allumer le délire. En effet, qui irait imaginer que se mettre à poil pour un excentrique américain parviendrait à sauver les fermiers du marasme?

En dehors de donner une visibilité accrue aux côtés bucoliques de la France profonde, on se demande bien quel est le but recherché. Résultat, on ne sent jamais vraiment où le film veut nous amener, comme s’il restait en flottement entre la poésie et le réalisme, le rire et les larmes. Des polarités se repoussant sans cesse, torturant un récit incapable de tirer parti de l’une ou de l’autre. Avouons cependant que Le Guay réussit à quelques reprises à rendre euphorisante cette quête de bonheur de paysans désabusés, à la tête desquels un François Cluzet en bottes de caoutchouc fait montre d’une énergie contagieuse.

Sortie
vendredi 8 juin 2018

V.o.
français

Réalisation
Philippe Le Guay

Genre
Comédie

Origine
France

Année
2017

Durée
1 h 49

Distributeur
Films Eye Steel Inc. / MK2 | Mile End

Horaires & info.
@ Cinéma BeaubienCineplex

Classement
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais.
½ [Entre-deux-cotes]

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