En salle à Montréal

Numéro Une

17 mai 2018

| PRIMEUR |
Semaine du 18 au 24 mai 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Ingénieure brillante, Emmanuelle Blachey a gravi les échelons. Mais lorsqu’elle change d’emploi dans une importante entreprise jusqu’ici dominée par les hommes, les ennuis commencent.

CRITIQUE
| Charles-Henri Ramond |

★★★ ½

#MeToo au CAC 40

La cinéaste et comédienne Tonie Marshall trouve dans le mouvement #metoo un terrain de jeu idéal pour revamper le portrait de la femme moderne qui a souvent occupé ses précédentes réalisations (Vénus beauté, France Boutique, Passe Passe, entre autres). Moins léger que les films précités, Numéro Une repose sur le visage d’une quarantenaire avisée, presque aussi retorse que ses confrères masculins. Les moments de doute, la difficulté de concilier travail et famille sont également représentés, de même que les embûches rencontrées et le sexisme répété des hommes. À travers le personnage d’Emmanuelle Blachey, cadre supérieure d’une entreprise du domaine de l’énergie, on pense à Marie Alice Lauvergnon d’Aréva, groupe nucléaire public, ainsi qu’aux très rares dirigeantes de multinationales hexagonales.

En tête de liste, Emmanuelle Devos
domine son personnage peu amène et se
révèle toujours aussi sensible et nuancée.

Si l’hommage bien senti à ces femmes de pouvoir est louable et sonne juste, à quelques petites insistances près, l’ensemble ne laisse cependant qu’un souvenir diffus. La distance qui se créé avec le spectateur est due à un récit aux développements très techniques et à des échanges froids entre les différents protagonistes qui n’aident en rien à faire germer l’émotion. Dans cette intrigue aux ramifications complexes, l’incertitude quant aux combats à mettre en priorité donne à cette œuvre une sensation d’indécision permanente.

Ni chronique sociale, ni drame intimiste, ni critique de la raison d’État et encore moins farce satirique, le film hésite, reste en flottement. À force de ne pas oser s’écarter d’un sentier somme tout assez étroit, l’identité se noie, le rythme se perd au risque d’ennuyer. Saluons toutefois le travail remarquable des comédiens, tous parfaitement à l’aise dans des rôles taillés à leur mesure. En tête de liste, Emmanuelle Devos domine son personnage peu amène et se révèle toujours aussi sensible et nuancée.

Sortie : vendredi 18 mai 201
V.o. : français

Réalisation
Tonie Marshall

Genre : Drame
Origine : France
Année : 2017
Durée : 1 h 50
Dist. : Axia Films

Horaires & info.
@ Cinéma BeaubienCineplex

Classement
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes]

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