En salle

La promesse de l’aube

12 avril 2018

| PRIMEUR |
Semaine du 13 au 19 avril 2018

Résumé succinct
Dans les années 1920, Roman Kacew est élevé dans la petite ville polonaise de Wilno par sa mère, Mina, Juive d’origine russe. Lorsque des difficultés financières les poussent à quitter la Pologne, mère et fils s’établissent à Nice. Dotée d’une remarquable force de caractère, Mina parvient à amasser suffisamment d’argent pour faire l’acquisition d’une auberge et, voyant en lui un être d’exception, encourage Roman à développer ses talents.

Critique
| Élie Castiel |

★★★ ½

Tout sur ma mère

Adaptation douce et sincère mais néanmoins parcimonieuse du roman de Romain Gary, La promesse de l’aube a recours au cinéma grand public alors que le réalisateur de l’apprécié Le brasier (1991) tout en proposant une mise en scène soignée où les deux principaux personnages Mina et Roman Kacew (devenu plus tard Romain Gary) poursuivent leur chemin en traversant une Europe dont les soubresauts antisémites se font sentir comme si ça faisait partie du quotidien, guident leur propre destinée avec une foi inébranlable en l’humain.

Le cinéaste ne renouvelle pas le genre, mais
se montre quand même assez adroit pour
éviter les clichés associés à ce type d’entreprise.

Ces souvenirs de Gary sont montrés comme une façon de vivre avec un handicap social, atténué par le caractère à la fois frivole et grandiloquent d’une mère digne, ne jurant que par le succès de son fils, dont elle vit un rapport pseudo-incestueux que Barbier illustre avec un sens inné de la litote, dans les mots, les paroles non dites, les agissements, faire face au cynisme de la société avec un sens de l’humour et du détachement assez particulier.

Cette partie du film est la plus intéressante, sommant le spectateur de s’y pencher davantage pour renouer avec une certaine forme de la biographie filmée. Le cinéaste ne renouvelle pas le genre, mais se montre quand même assez adroit pour éviter les clichés associés à ce type d’entreprise. Et la durée du film, plus de deux heures, ne s’en ressent pas.

Côté interprétation, à l’instar de la version 70 de Jules Dassin, La promesse de l’aube est aussi un film de comédiens. Albert Niney (Romain, adulte) dépasse Assaf Dayan, plus fils de militaire israélien, en l’occurrence Moshe Dayan, qu’acteur ; Charlotte Gainsbourg suit un registre discret tout en jouant la Jewish Mama attirée tout de même par les avantages de la majorité chrétienne (ce qui explique qu’à un moment de sa vie, Gary changera ses convictions religieuses, passant d’un judaïsme menacée à un catholicisme majoritaire et parfois dogmatique) avec aplomb, loin de la fulgurance de Melina Mercouri, confirmant en quelque sorte que le film avait été fait pour elle.

En somme, La promesse de l’aube se voit comme un outil additionnel à la connaissance d’une figure marquante de la littérature française, même si son roman est teinté d’un symbolisme qui fait honneur à son nom et à son statut d’homme de lettres.

Sortie : vendredi 13 avril 2018
V.o. : multilingue ; s.-t.a. & s.-t.f.
Promise at Dawn

Réalisation
Éric Barbier

Genre : Drame biographique – Origine : France – Année : 2017 – Durée : 2 h 10 – Dist. : A-Z Films.

Horaires & info.
@ Cinéma Beaubien – Cineplex

Classement
Tout public
(Déconseillé aux jeunes enfants)

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes]

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