En salle à Montréal

Final Portrait

20 avril 2018

| PRIMEUR |
Semaine du 20 au 26 avril 2018

Résumé succinct
Paris, 1964. Juste avant de retourner à New York, James Lord, critique d’art américain, se rend dans l’atelier d’Alberto Giacometti qui l’a invité à venir poser pour lui. S’étant lié d’amitié avec l’artiste à la faveur de ses nombreux séjours dans la Ville lumière, Lord est flatté que celui-ci réalise son portrait.

CRITIQUE
|
Anne-Christine Loranger |

★★★

Leçon d’art et d’ironie

Dans le Paris de 1964, le peintre et sculpteur Alberto Giacometti (Geoffrey Rush) est seul maître à bord de son atelier bringuebalant situé dans une ruelle. Artiste établi dont les œuvres atteignent des sommes records, c’est lui qui décide quand on travaille, on doute, on baise, on flirte, on rigole ou on détruit, sous le regard patient de son frère et assistant Diego. Ayant demandé au jeune critique d’art et écrivain James Lord (Armie Hammer / Call Me by Your Name) de poser pour lui, il fait et refait son portrait, forçant le jeune homme à repousser constamment son retour à New York. Entre les dîners arrosés au bistro, les petits flirts, les balades en voiture avec sa maîtresse Caroline (Clémence Poésy) ou les disputes avec sa femme Annette (Sylvie Testud), un singulier après-midi de pose se transforme en semaines, voire en mois. Jour après jour, le jeune écrivain fasciné et dévasté par cette attente forcée, observe l’artiste dans ses forces et ses faiblesses, ses doutes et sa courageuse faculté de détruire son œuvre et de recommencer à neuf.

L’excellente caméra de Danny Cohen, utilisant une
saturation de couleurs et des plans qui s’inspirent des
peintures et point de vue utilisés par Giacometti dans ses
œuvres, donne un tour fascinant à ce film qui se situe entre le
portrait d’artiste, la photo d’époque et un essai sur l’art.
Un film qui permet d’apprendre, de pondérer et de sourire.

Il fallait le brio d’un acteur de génie pour faire passer la rampe à ce personnage compliqué qu’est Giacometti, dont le discours passe constamment du français à l’anglais, en passant par l’italien, dissertant sur l’art autant que sur le sexe tandis qu’il peint et dépeint. L’acteur, réalisateur, écrivain et producteur Stanley Tucci l’a trouvé avec le phénoménal Geoffrey Rush, qu’il a entouré d’une brillante composition d’acteurs américains, français et italiens. L’excellente caméra de Danny Cohen, utilisant une saturation de couleurs et des plans qui s’inspirent des peintures et point de vue utilisés par Giacometti dans ses œuvres, donne un tour fascinant à ce film qui se situe entre le portrait d’artiste, la photo d’époque et un essai sur l’art. Un film qui permet d’apprendre, de pondérer et de sourire.

Sortie : vendredi 20 avril 2018
V.o. : anglais; s.-t.f.
Le portrait final

Réalisation
Stanley Tucci

Genre : Chronique biographique – Origine : Grande-Bretagne – Année : 2016 – Durée : 1 h 30 – Dist. : Métropole Films.

Horaires & info.
@ Cinéma BeaubienCineplex

Classement
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes]

 

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