En salle à Montréal

Death Wish

1er mars 2018

Semaine du 2 au 8 mars 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Lorsque sa femme est assassinée par un criminel, un homme décide de se lancer dans une chasse à l’homme infernale.

 | CRITIQUE
PRIMEUR |
Pascal Grenier

O

REMAKE INUTILE ET INSULTANT

La sortie de ce navet insignifiant et enrageant a été repoussée de plusieurs mois après la terrible tuerie de masse survenue le 1er octobre dernier à Las Vegas, la pire fusillade de l’histoire moderne des États-Unis. Alors que le débat sur le port d’armes à feu est de plus en plus polémiste et contesté, la sortie d’un film irresponsable comme Death Wish ne fait qu’empirer les choses. Cette seconde adaptation du roman de Brian Garfield paru en 1972 qui a vu le jour sur grand écran une première fois au cinéma en 1974 par Michael Winner, n’est qu’un film d’extrême droite qui fait l’apothéose des armes à feu et qui glorifie la culture de protéger sa famille et de se faire justice soi-même à la suite de l’inefficacité de la police à retrouver les agresseurs.

Si la première version a permis à Charles Bronson de devenir une icône du film d’action, cette nouvelle version prend une ancienne vedette du genre en partie périmé en Bruce Willis, beaucoup trop vieux pour le rôle et qui fait pâle figure. Alors que le classique de 1974 était un parfait mélange de drame de mœurs et de film d’exploitation avec ce recours à la violence pour arrêter la violence qu’il met en exergue, cette nouvelle version se contente d’accumuler les invraisemblances les plus ridicules et de prôner une vengeance personnelle et la nécessité de se faire justice soi-même et de punir les agresseurs.

… faites-vous une faveur en revoyant l’original au lieu de
vous infliger cet horrible navet à proscrire de toute urgence.

Or, tout ceci est d’une extrême maladresse autant dans la construction dramatique que dans l’exécution. De plus, tous les changements apportés au roman ou à la première version nuit considérablement à l’ensemble : Bruce Willis est maintenant un chirurgien (dans le roman c’est un comptable, dans le film de Winner un architecte) ce qui va lui permettre de torturer cruellement un des agresseurs de sa famille comptable ; sa fille est plongée dans le coma puis parfaitement en santé lors de son réveil alors que dans le roman et dans le film précédent elle est dans un état végétatif suite au viol sauvage ; il y a un motif derrière l’agression qui tourne au vinaigre sur sa femme et sa fille dans cette nouvelle version alors que dans la précédente c’était une agression extrêmement violente et gratuite par trois voyous, ce qui ajoutait à l’impact émotionnel du film.

L’idée de moderniser ce nouveau film se réduit à sa plus simple expression avec cette utilisation futile des médias sociaux qui ne sert que de remplissage rapide entre les scènes de transition. À la barre de ce naufrage, le tâcheron Eli Roth bâcle le tout de façon éhontée avec une mise en scène médiocre où ce dernier cherche juste un prétexte à faire du gore comme dans ces précédents films d’horreur. Bref, faites-vous une faveur en revoyant l’original au lieu de vous infliger cet horrible navet à proscrire de toute urgence.

Sortie : vendredi 2 mars
V.o. : anglais / Version française
Un justicier dans la ville

Réalisation
Eli Roth

Genre
Suspense

Origine : États-Unis – Année : 2017 – Durée : 1 h 48 – Dist. : Les Films Séville.

Horaires & info.
@ Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 16 ans
(Violence)

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. O Nul. ½ [Entre-deux-cotes]

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