En salle à Montréal

I, Tonya

4 janvier 2018

Semaine du 5 au 11 janvier 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
En 1994, pendant l’épreuve de sélection des athlètes pour l’équipe nationale des États-Unis aux Jeux olympiques de Lillehammer, un petit délinquant blesse gravement la patineuse artistique Nancy Kerrigan. Les enquêteurs du FBI établissent rapidement un lien entre cette agression et Jeff Gillooly, l’ancien conjoint de Tonya Harding, sa concurrente.

COUP DE CŒUR
| PRIMEUR |

★★★★★ ½

RÉAPPROPRIATION D’UN GENRE

_ Jules Couturier

L’histoire de la patineuse olympique Tonya Harding se devait d’être abordée au cinéma tant ses dimensions rocambolesques et ridicules la rendent difficile à croire. Et pourtant, le film, sous ses allures loufoques, aspire réellement à raconter la vérité.

Sem 01. I Tonya_En salle

La carrière de patineuse de Harding ainsi que sa relation amoureuse toxique avec son ex-mari Jeff Gillooly au début des années 1990 furent des plus rockn’ roll. La réalisation hyper dynamique de Craig Gillespie traduit avec une vigueur comparable cette énergie explosive ayant habitée la jeunesse de la patineuse. Imitant de plusieurs façons le cinéma de Martin Scorsese avec sa caméra mouvante, ses personnages tordus, son humour noir, sa reconstitution d’époque et surtout sa narration omniprésente et sa multiplication de classique musicaux rock, Gillespie s’approprie une technique de narration déjà bien connue.

« Prix du jury »
Key West Film Festival 2017

Ce qui distingue pourtant son film d’autres productions à la sauce Scorsese est qu’il raconte le destin d’un personnage de sexe féminin, ce style de film étant habituellement campé dans des univers majoritairement masculins, voire machos, où les femmes campent la plupart du temps des rôles secondaires, soit d’objets de désir sexuel ou de femmes à la maison victimes d’infidélité, souvent dégradants.

Imitant de plusieurs façons le cinéma de Martin Scorsese
avec sa caméra mouvante, ses personnages tordus, son
humour noir, sa reconstitution d’époque et surtout sa narration
omniprésente et sa multiplication de classique  musicaux rock,
Gillespie s’approprie une technique de narration déjà bien connue.

Le film montre la force de cette femme qui s’est toujours relevé malgré les coups, ceux de son mari violent et ceux des médias et des juges qui prenaient plaisir à toujours la rabaisser. Malgré son humour et sa narration des plus divertissantes, I, Tonya est un film tragique. Tonya Harding est l’incarnation de la tragédie américaine, victime d’injustice, de violence et d’abus, autant physique que psychologique. Comme le montre cette dernière scène, où elle se relève, une fois de plus, du sol, en y laissant une grande flaque de sang, Tonya, malgré tout, est pourtant prête à continuer à se battre, et elle porte avec elle la cause de toutes les autres femmes victimes du même genre d’abus que le film nous a auparavant brutalement présenté.

Toute cette résilience est incarnée par une Margot Robbie excellente, exprimant la force, mais également très bien la vulnérabilité de son personnage lors de quelques scènes bouleversantes.

Sortie : vendredi 5 janvier
V.o. : anglais / Version française
Moi, Tonya (dès le ven 19 jan)

Réalisation
Craig Gillespie

Genre : Drame biographique – Origine : États-Unis – Année : 2017 – Durée : 2 h – Dist. : V V S – Horaires / Info. : @ Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
(Langage vulgaire)

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.★★★★ Très Bon.★★★★★ Bon.★★★★★ Moyen.★★★★ Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes] – Les cotes reflètent uniquement l’avis des signataires.

 

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