En salle

Downsizing

21 décembre 2017

Semaine du 22 au 28 décembre 2017

RÉSUMÉ SUCCINCT
En Norvège, des chercheurs mettent au point un processus de miniaturisation qui permet de réduire la taille d’un humain à une douzaine de centimètres. Des années après l’établissement d’une première colonie d’êtres miniaturisés, le concept, vanté pour ses vertus écologiques, a essaimé un peu partout dans le monde. Après une soirée passée avec un couple de leur entourage qui a opté pour ce mode de vie, Paul Safranek et sa femme Audrey décident de plonger à leur tour.

CRITIQUE
| PRIMEUR |

★★★

LE REVERS DE L’UTOPIE

_ Élie Castiel

De Citizen Ruth (1996) à About Schmidt (2002) la direction photo des films d’Alexander Payne est assurée par James Glennon, décédé en 2006. À partir de 2004, néanmoins, dans Sideways, son compatriote d’origine grecque Phedon Papamichael devient son chef opérateur attitré. Détail stimulant puisque, dès cet essai, la notion hellénique du mythe apparaît en filigrane dans ses productions; mais par la même occasion, c’est, pour le cinéaste lui-même, une reconnaissance de ses propres racines. Déjà, dans Sideways, le côté allégorique et légendaire d’une certaine Amérique ne laissait pas indifférent. Ici, par contre, nous sommes rebutés dans une première partie presque ratée, le récit s’abandonnant à la plume des coscénaristes Payne et Jim Taylor; tabariscoté, le récit ne sait plus où il se dirige.

L’expérience cinématographique, comme celle d’ailleurs
des autres arts, si on se fie à Payne, est un procédé
réflexif, toujours enclin à un enrichissement de l’esprit.

Suivent ensuite, dans une sorte de deuxième (et peut-être trosième) partie(s), des changements de décors, de lieux, de tons, commençant à mousser l’intérêt du spectateur. Jusqu’à l’apparition de Ngoc Lan Tran (surprenante Hong Chau qui donne au métier de comédienne un vérisme saisissant), d’une certaine façon personnage clé du film, dont une clin d’oeil furtif sur ses pieds meurtris nous annonce subtilement la suite des évènements, réveillant ainsi chez le spectateur son sens de l’observation.

Sem 50. Downsizing

Car l’expérience cinématographique, comme celle d’ailleurs des autres arts, si on se fie à Payne (dont le véritable nom qu’il n’aurait pas dû changer est Alexander Constantine Papadopoulos), est un procédé réflexif, toujours enclin à un enrichissement de l’esprit. Et c’est dans cette optique qu’il faut voir Downsizing, film philosophique jusqu’à un certain point, avec une dernière partie où sont remis à leur place tous ces cultes qui vocifèrent dans notre société, depuis le mouvement hippie des années 60, que le film évoque sournoisement.

Œuvre délicatement hybride, volontairement confuse, Downsizing et sans doute un film mineure dans la filmographie de Payne, mais non dénué de certaines interrogations sur l’existence et l’avenir de la planète face aux problèmes écologiques et à une fécondité galopante qu’on ne prend pas vraiment au sérieux. Alexander Payne n’aime les humains que lorsqu’ils agissent pour le bien collectif, un héritage de la Grèce antique des penseurs. Mais aujourd’hui, semble-t-il déclarer, ce n’est pas vraiment le cas. Le contraire serait inéluctablement de la pure utopie.

Sortie : vendredi 22 décembre
V.o. : anglais / Version française

Genre : Satire sociale – Origine : États-Unis – Année : 2017 – Durée : 2 h 15 – Réal. : Alexander Payne – Dist. : Paramount Pictures.

Horaires/Info.
@ Cineplex

Classement
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel★★★★ Très Bon★★★ Bon★★ Moyen Mauvais½ [Entre-deux-cotes] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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