En salle à Montréal

L’amant double

23 novembre 2017

Semaine du 24 au 30 novembre 2017

RÉSUMÉ SUCCINCT
Les rapports ambigus entre une jeune Parisienne du milieu de la mode et le psychothérapeute qu’elle consulte régulièrement.

CRITIQUE
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Primeur |

ÉLIE CASTIEL

★★★

CLAIRS-OBSCURS

Une chose est claire : le cinéma hexagonal a toujours eu des problèmes à aborder convenablement le thème de l’homosexualité, particulièrement la masculine. Même les auteurs ouvertement gais ne se prononcent pas comme il faut sur la question, sauf pour quelques aventureux qui risquent de ne pas trouver des distributeurs locaux ou étrangers. Un exemple parmi tant d’autres : le duo Olivier Ducastel-Jacques Martineau n’a pas trouvé preneur ici pour le sensible et attachant Théo et Hugo dans le même bateau, qui sans détours, allait droit au but. Merci à Image+Nation 2016 de l’avoir programmé.

L'amant double

Jadis, François Ozon prenait des risques. Conscient d’où cela aurait pu le mener, il a donc décidé d’hétérosexualiser ses films (un peu comme Pedro Almodóvar) et L’amant double n’en est pas exempt ; il agrémente cependant les personnages principaux féminins de touches androgynes, caractéristique qu’il dépeint avec quelques onces de faux-semblant classique, voire même BCBG.

Tout compte fait, L’amant double est le genre de
films qu’on aime détester, mais qu’on déteste aimer
également, car Ozon est un brillant manipulateur.

Tel un Visconti « au placard », ses protagonistes masculins se trouvent dans des situations que le principal chef d’orchestre crée pour faire plaisir à tout le monde (je ne dévoilerai pas la séquence en question). La mise en scène dans L’amant double empreinte au thriller, et sur ce point, les fausses pistes, les apparences, les dialogues renversants et dissimulés, l’interprétation quasi fantomatique et distanciée des deux (trois) principaux comédiens sont autant d’arguments qui octroient au film une aura inquiétante de mystère aussi sensuelle qu’enivrante. Ozon excelle dans cet aspect narratif.

Tout compte fait, L’amant double est le genre de films qu’on aime détester, mais qu’on déteste aimer également, car Ozon est un brillant manipulateur. Il aime ses acteurs, et encore plus ses actrices, prouvant une fois pour toutes qu’en général, et je souligne bien « en général », les metteurs en scènes gais savent bien comment les diriger. Tout simplement parce qu’ils comprennent totalement la pronfonder de leur âme et la quintessence de leur vérité.

Sortie :  vendredi 24 novembre 2017
V.o. :  français ; s.-t.a.
The Double Lover

Genre :  Suspense psychologique – Origine :  France / Belgique –  Année :  2017 – Durée:  1 h 48  – Réal. : François Ozon – Dist. :  MK2 | Mile End.

Horaires/Info.
@ Cinéma BeaubienCineplex

Classement
Interdit aux moins de 16 ans
(Érotisme)

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

 

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