En salle à Montréal

Le manipulateur

1er décembre 2016

RÉSUMÉ SUCCINCT
Paco, un ex-agent des services secrets espagnols. aide un ancien directeur de la garde civile à quitter le pays avec sa femme. Mais derrière cette situation, se cache un secret que Paco ne peut dévoiler.

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CRITIQUE
★★★ 
Texte : Charles-Henri Ramond

RESPECTER LE GENRE

Basé sur le livre Paesa: el espia de las mil caras de Manuel Cerdán, Le manipulateur réussit du haut de ses deux petites heures à restituer avec fluidité et limpidité toute la complexité de l’un des scandales les plus retentissants de l’histoire espagnole récente, nous évitant la douleur de nous égarer dans d’incompréhensibles méandres politico-financiers. Certes, Rodriguez et son comparse de longue date, Rafael Cobos, se placent dans les sillons déjà tracés d’un genre très balisé, ne démontrant que peu d’audace par rapport à bien des films similaires. Mais à leur décharge, il faut avouer que ce récit d’un gigantesque détournement d’argent dans l’Espagne des années 80 n’est pas de prime abord un sujet évocateur pour le public nord-américain d’aujourd’hui. Et même si l’on peut regretter par moment une voix hors champ sur-explicative (afin de ne pas perdre le spectateur), les auteurs parviennent à élaborer un scénario précis, documenté, rythmé et qui sait ménager le suspense jusqu’à la toute fin.

Alberto Rodriguez confirme donc crânement son savoir-faire
avec ce polar dont la signature visuelle très
hollywoodienne pourrait bien un jour lui ouvrir toutes grandes
les portes de prestigieuses productions américaines.

Sans trop insister sur le côté intime de son personnage, le film repose principalement sur le portrait de cet escroc de grande classe, tissant avec son réseau de complices des rapports de force tendus et fragiles à la fois, à la limite de rompre à tout moment. Aussi à l’aise dans les hautes sphères de la finance internationale que dans le monde interlope des petits malfrats de Paris ou de Barcelone, Francisco Paesa est l’archétype du solitaire placide, calculateur, sûr de lui, et à qui il est bien difficile de résister. C’est Eduard Fernandez, prolifique acteur espagnol aperçu dans Biutiful ou La peau que j’habite (La piel que habito) entre autres, qui l’incarne avec assurance, en gardant intacte sa part d’ombres et de déchirure intérieure.

Il est épaulé par des comédiens aguerris qui habitent leur rôle avec sobriété et conviction, mais dont certains auraient mérité d’être plus approfondis (l’ami pilote notamment). Deux ans après Anatomie d’un double crime (lire notre critique), Alberto Rodriguez confirme donc crânement son savoir-faire avec ce polar dont la signature visuelle très hollywoodienne pourrait bien un jour lui ouvrir toutes grandes les portes de prestigieuses productions américaines.

Sortie :  vendredi 2 décembre 2016
V.o. :  espagnol / s.-t.f. ; s.-t.a.
Smoke and Mirrors / El hombre de las mil caras

Genre :  SUSPENSE – Origine : Espagne  –  Année :  2016 – Durée :  2 h 06  – Réal. :  Alberto Rodriguez – Int. : Eduard Fernández, José Coronado, Marta Etura, Carlos Santos, Alba Galocha – Dist./Contact :  A-Z Films.
Horaires : @  Cinéma BeaubienCineplex

CLASSEMENT
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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