En salle

Hail, Caesar!

4 février 2016

RÉSUMÉ SUCCINCT
Au cours des années 1950, lors d’un tournage, la vedette principale est kidnappée. Peu à peu, il se laisse séduire par les propos communistes tenus par ses ravisseurs.

Hail, Caesar!

CRITIQUE
★★★

LA RÉCRÉATION
Texte : Élie Castiel

Avant tout, Hail, Caesar! est un défilé de numéros d’acteurs qui n’ont absolument rien à prouver, semblant ici faire plaisir aux frères Coen en mode pause-café après leur exemplaire Inside Llewyin Davis. Leur cible : le Hollywood vénéré des années 1950, le début du CinémaScope, donc d’un cinéma à grand déploiement en cette ère de demi 20e siècle qui fera oublier la menace communiste.

En perspective, un opus de plus dans la filmographique des Coen
qui… laisse tout de même un goût exquis et affectueux
de mélancolie, mais aussi d’agacement et de déception
à ce qui aurait pu être une délicieuse satire d’une
époque qui ressemble assez étrangement à celle d’aujourd’hui.

Le kidnapping du héros d’un péplum – s’agit-il de The Robe / La tunique de Henry Koster ? – peu importe, car il y aussi une évocation plutôt moyennement réussie des films chorégraphiquement aquatiques à la Esther Williams et des nombreux westerns de l’époque – sert de toile de fond à un clin d’œil, plutôt mal servi de la Commision d’enquête House Un-American Activities Committee. Car tout repose sur la performance de quelques présences confirmées : George Clooney qui n’a rien à prouver ; Frances McDormand dans une courte séquence de travail de montage, véritable morceau d’anthologie, et le jeune Alden Ehrenreich (remarqué dans l’émouvant et intelligent Blue Jasmine de Woody Allen), comédien au talent inépuisable qui apporte à l’ensemble une aura de fraîche et innocente naïveté et de sensualité juvénile. Et aussi Tilda Swinton, dans le rôle de deux sœurs pratiquant le métier à l’époque craint et respecté de critique. Sur ce point, les temps ont considérablement changé et les frères Coen en sont très conscients. Merci de leur franche sollicitude !

Et puis Josh Brolin, impeccable, présent, d’une grâce incomparable, aussi téméraire que vulnérable face à la puissance des studios. En perspective, un opus de plus dans la filmographique des Coen qui, sans passer nécessairement à l’histoire, laisse tout de même un goût exquis et affectueux de mélancolie, mais aussi d’agacement et de déception à ce qui aurait pu être une délicieuse satire d’une époque qui ressemble assez étrangement à celle d’aujourd’hui.

Sortie
vendredi 5 février 2016
Version originale
anglais / s.-t.f.
Ave, César ! 

Genre : COMÉDIE – Origine : États-Unis – Année : 2016 – Durée : 1 h 46 – Réal. : Ethan Coen, Joel Coen – Int.: Josh Brolin, Tilda Swinton, Ralph Fiennes, George Clooney, Scarlett Johansson, Channing Tatum – Dist. / Contact : Universal.

Horaires : @ Cinéma du ParcCineplex

CLASSEMENT
GÉNÉRAL / Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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