En salle à Montréal

In the Heart of the Sea

10 décembre 2015

RÉSUMÉ SUCCINCT
En 1850, l’auteur américain encore méconnu Herman Melville rend visite à Thomas Nickerson, un ancien apprenti matelot ayant participé à une dangereuse expédition sur le baleinier Essex, en partance de la Nouvelle-Angleterre à l’hiver 1820. Son périple deviendra le sujet du célèbre ouvrage Moby Dick.

In the Heart of the Sea

CRITIQUE
★★  ½

UN BALEINIER PERDU
CORPS ET BIENS
Texte : Luc Chaput

La tragédie maritime du baleinier américain Essex en 1820 n’eut pas l’écho national que provoqua son équivalent français de la frégate Méduse en 1816. Dans Le Radeau de la Méduse de 1819, Théodore Géricault réussit à transcender  la peinture de genre en intégrant habilement le factuel pour en faire une des grandes œuvres du Romantisme. Le scénario de Charles Leavitt, adaptant le livre éponyme écrit par Nathaniel Philbrick et gagnant du prix National Book du documentaire, établit une rencontre peu probable en 1850 entre Herman Melville et le moussaillon de l’Essex, Tom Nickerson. Melville, qui a navigué sur un baleinier, cherche des informations auprès de cet homme âgé et enfermé dans ses souvenirs. L’on sait pourtant que Melville avait lu et annoté le journal publié d’Owen Chase, le second du navire, et avait même rencontré le capitaine George Pollard.

Dans ce drame maritime aux accents écologiques
brumeux,  Ron Howard
n’aura finalement donné
le goût à plusieurs de revoir Moby Dick de
John Huston,
véritable regard d’un cinéaste sur une épopée américaine.

Le point de vue du moussaillon sert donc d’introduction pour le spectateur à la vie sur un de ses voiliers sillonnant alors le globe. La manœuvre et ses cris, les bruits des cordages et du bois qui craque et se reforme servent d’arrière-plan sonore à la construction par Ron Howard d’un lieu clos ballotté par les vagues. Le directeur photo Anthony Dod Mantle (Rush) met en images de réaliste manière ce funeste périple, aidé par les nombreux effets spéciaux numériques. Les conflits de personnalités voient le jour et les décisions erronées parsèment la première partie du voyage avant la rencontre d’un énorme cachalot qui avait peut-être 85 mètres de long. Le géant maritime, qui protège pourtant le groupe dont il a la charge, est traité comme un personnage de tueur dans un film d’horreur, se cachant, faisant sentir sa présence et détruisant tout sur son passage.

La dernière partie où les caractères s’échauffent puis s’entraident après la catastrophe manque de nouveauté après, entre autres, Alive de Frank Marshall sur des survivants de l’écrasement dans la Cordillère andine. Chris Hemsworth, Cillian Murphy, Tom Holland réussissent alors un peu à donner profondeur à des personnages plutôt typés. Dans ce drame maritime aux accents écologiques brumeux, Ron Howard n’aura finalement donné le goût à plusieurs de revoir Moby Dick de John Huston, véritable regard d’un cinéaste sur une épopée américaine.

revuesequences.org

Sortie
Vendredi 11 déccembre 2015
Version originale
anglais
Version française
Au cœur de l’océan

Genre : AVENTURES – Origine : États-Unis / Espagne – Année : 2015 – Durée : 2 h 02 – Réal. : Ron Howard – Int. : Chris Hemsworth, Tom Holland, Ben Wishaw, Paul Anderson, Cillian Murphy, Brendan Gleeson – Dist. / Contact : Warner.
Horaires : @ Cineplex

CLASSEMENT
Tout public
(Déconseillé aux jeunes enfants)

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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