En salle

Vincent n’a pas d’écailles

4 septembre 2015

RÉSUMÉ SUCCINCT
Vincent, un individu solitaire et taciturne, se découvre une force surhumaine au contact de l’eau. Aussitôt mouillé, il voit sa puissance décupler. Il peut désormais tout faire, et mieux! Dès qu’il le peut, Vincent se rend au lac où il apprend à maîtriser son don inespéré.

Vincent n'a pas d'écailles

VINCENT, SUPERMAN ET LES AUTRES

Charles-Henri Ramond
CRITIQUE
★★★  ½

Avec Vincent n’a pas d’écailles, Thomas Salvador nous offre un premier long métrage casse-gueule qui s’avère au final d’une originalité fort prometteuse. Emblématique d’un cinéma indépendant français qui commence à nous offrir de plus en plus de « petites » vues fortes en personnalité, le film de Salvador est une œuvre libre, défaite de ses carcans qui lorgne avec finesse du côté d’un cinéma beaucoup plus conventionnel : le film de super-héros.

Du côté du style, Salvador n’est pas en reste.
Sommes-nous dans un film de potes en vacances ?
Dans une comédie sentimentale d’été filmée façon
Rohmer ? …  Dans tout ça en même temps. Et c’est
bien là la prouesse qu’à réussie Salvador puisqu’il
a su composer avec des références multiples tout en
leur donnant une tournure homogène totalement crédible.

Il faut rendre grâce à Salvador d’avoir su composer une fable parfaitement cohérente dans laquelle un jeune homme timide puise au contact de l’eau des dons exceptionnels. Il s’en servira, très humblement, pour épater sa copine mais surtout pour défendre son ami malmené par des collègues de travail. Cela lui vaudra les foudres de la police. Au fil des clins d’œil, Salvador déjoue les codes traditionnels du cinéma fantastique. Un homme aux pouvoirs extraordinaires qui ne cherche qu’à rester dans l’ombre, un acte qui sert au bien mais qui entraîne l’illégalité du héros, et une « surnaturalité » toute naturelle qui jamais ne fait d’esbroufe, entre autres. Et des décors naturels luxuriants qui évoquent à la fois la beauté de la garrigue comme dans les comédies des années 60, mais dont la forte dose de mystère convoque immanquablement les légendes anciennes des monstres marins et des mythes d’hommes-animaux.

Du côté du style, Salvador n’est pas en reste. Sommes-nous dans un film de potes en vacances? Dans une comédie sentimentale d’été filmée façon Rohmer? Dans un remake fauché de Creature from the Black Lagoon (La Créature du lagon noir) ? Dans tout ça en même temps. Et c’est bien là la prouesse qu’à réussie Salvador puisqu’il a su composer avec des références multiples tout en leur donnant une tournure homogène totalement crédible. Porté par une interprétation mutine, dont Salvador lui-même en antihéros, et la jeune égérie Vimala Pons, Vincent n’a pas d’écailles jouit d’une inventivité notable, même si certains pourront lui reprocher une intrigue minimaliste qui s’essouffle peut-être un peu vite. Qu’à cela ne tienne, Thomas Salvador est entré dans la cour des grands avec audace et aplomb.

revuesequences.org

Sortie : vendredi 4 septembre 2015
Version originale :  français

Genre : Conte fantastique – Origine : France – Année : 2014 – Durée : 1 h 17 – Réal. : Thomas Salvador – Int. : Thomas Salvador, Vimala Pons, Youssef Hajdi, Nicolas Jaillet, Nina Meurisse –  Dist. / Contact : Axia.
Horaires : @ Beaubien

CLASSIFICATION
Visa GÉNÉRAL

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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