En salle à Montréal

Love & Mercy

6 juin 2015

Dans les années 1980, Brian Wilson, l’âme des Beach Boys, n’est plus que l’ombre de lui-même. Il vit sous la coupe d’Eugene Landy, un thérapeute à la pratique charlatanesque.

Love and Mercy

KALÉIDOSCOPE MUSICAL

Luc Chaput
CRITIQUE
★★★  ½

Des acouphènes ont miné la vie et la santé psychologique de Brian Wilson. D »ailleurs la première séquence du film de Pohlad fait rentrer le spectateur dans une oreille du compositeur des Beach Boys. Le scénario de Oren Moverman et Michael Alan Lerner ressuscite deux époques, celle des années 80 et la période de la jeune gloire de ces idoles de la joie de vivre californienne faite de plages, de soleil et jolies filles se trémoussant.

Les scènes dans les studios de télé ou sur le sable ont la texture des films des années 60 et la reconstitution y est parfaite grâce, entre autres, au travail du directeur photo Robert Yeoman. Le réalisateur Bill Pohlad, par ailleurs producteur de 12 Years A Slave, réussit même un plan-séquence de 360 degrés dans le studio où les musiciens de Wrecking Crew (auquel un récent documentaire a redonné leur place légitime) rajoutent des textures à une des nombreuses prises du disque Pet Sounds, dont Brian poursuit alors avec acharnement l’architecture musicale.

La différence physique entre les deux interprètes de
Brian que sont Dano et Cusack rend encore plus prenante
l’évolution du compositeur et musicien, sujet à des
vibrations bonnes ou mauvaises et de nouveau adulé.

Ce jeune homme, si plein de vie et de créativité, interprété avec maestria par Paul Dano, est devenu dans les années 80 l’ombre de lui-même. La rencontre fortuite avec Melinda amène les scénaristes à élaborer une sorte de film noir où la belle femme tente de comprendre cet homme et de le sauver des griffes du psychologue Eugene Landy que le jeu de Paul Giamatti rend encore plus ridiculement maléfique. Elizabeth Banks, en Melinda, trouve là son meilleur rôle et est en diapason avec John Cusack merveilleusement chancelant.

Le montage alterné de Dino Jonsater place les diverses pistes de cette marqueterie biographique, les faisant s’entrechoquer ou les glissant l’une dans l’autre sans aspérité. La différence physique entre les deux interprètes de Brian que sont Dano et Cusack rend encore plus prenante l’évolution du compositeur et musicien, sujet à des vibrations bonnes ou mauvaises et de nouveau adulé.

revuesequences.org
Sortie : Vendredi 5 juin 2015

Version originale : anglais

Genre : Drame biographique – Origine : États-Unis – Année : 2014 – Durée : 2 h 02 – Réal. : Bill Pohlad – Int. : Paul Dano, John Cusack, Elizabeth Banks, Paul Giamatti, Brett Davern, Erin Drake – Dist. / Contact : Séville.
Horaires : @ Cineplex

CLASSIFICATION
Visa GÉNÉRAL

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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