En salle à Montréal

The Imitation Game

18 décembre 2014

CRITIQUE

Texte : Luc Chaput
Cote : ★★★ 1/2

DÉVOILEMENT CONFLICTUEL DE CODES

Dans Londres bombardée, un jeune professeur à l’université de Cambridge a une entrevue avec un responsable militaire du service de décodage du gouvernement britannique. L’entrevue se passe difficilement étant la différence de caractère entre ce mathématicien imbu de lui-même et irritable et cet officier à cheval sur les principes. Turing réussit à avoir l’emploi malgré ces différences d’attitude et de points de vue qui persisteront jusqu’à la fin de son travail dans ce cadre restrictif et secret.

Le scénario de Graham Moore adapte, en la simplifiant, la biographie par le professeur de mathématiques Andrew Hodges, Alan Turing : The Enigma, pour élaborer cette course journalière contre la montre que l’équipe, dirigée en partie par Turing, mena à bien pour dévoiler les secrets d’Enigma, la machine sophistiquée de codage du haut commandement allemand. Trois époques sont mises à profit, la jeunesse studieuse de Turing dans un pensionnat, son travail à Bletchley Park où une équipe importante fut constituée et ses démêlés avec la police dans un contexte de guerre froide. Le passage d’une époque à l’autre est le plus souvent amené par des images mentales de Turing vers son passé ou par les interrogations d’un inspecteur de police.

Par une mise en scène classique, le réalisateur norvégien Morten Tyldum laisse la part belle aux interactions personnelles d’un petit nombre de personnes soumises à une grande pression et vivant en vase clos dans un environnement où les murs peuvent avoir des oreilles. Benedict Cumberbatch rend, avec aisance à la fois, le caractère vif-argent de Turing et son quasi analphabétisme en interaction sociale. Keira Knigthley, par son interprétation sentie de Joan Clarke, redonne une plus grande importance à toutes ces femmes qui ont participé puissamment à ces tâches cruciales. Les autres acteurs s’investissent avec art dans des rôles dont certains frisent l’archétype. Alex Lawther réussit à rendre préhensiles la sensibilité et l’intelligence exacerbées du jeune Alan.

Par sa construction en trois actes tragiques , ce film britannique redonne une nouvelle fois, après le téléfilm Breaking the Code, l’hommage nécessaire à ce génie de l’informatique trop tôt disparu que fut Alan Turing. Toutefois, les raccourcis pris dans cet œuvre laissent de côté par exemple l’apport de scientifiques polonais dans cette bataille cryptographique de la Seconde Guerre mondiale qui continue par d’autres moyens aujourd’hui comme le démontre le récent documentaire Citizenfour.

Sortie : Vendredi 19 décembre 2014
V.o. : anglais
V.f. / S.-t.f. – Le Jeu de l’imitation

Genre : Drame biographique | Origine : Grande-Bretagne / États-Unis – Année : 2014 – Durée : 1 h 55 – Réal. : Morten Tydlum – Int. : Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode, Charles Dance, Mark Strong, Tuppence Middleton – Dist. / Contact : Remstar | Horaires / Versions : Cineplex – Excentris [Dès le jeudi 25 décembre 2014]

CLASSIFICATION
Visa GÉNÉRAL

MISE AUX POINTS
★★★★★ (Exceptionnel) ★★★★ (Très Bon) ★★★ (Bon) ★★ (Moyen) (Mauvais) ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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