En salle

Le Semeur

7 mai 2014

En quelques mots

Texte : Charles-Henri Ramond
Note : ★★★

Joliesse des noms de plantes anciennes, beauté insoupçonnée du fruit ordinaire, portraits de tubercules fabuleux. Au milieu de ces tableaux d’une nature pas encore morte, coulent les jours paisibles d’un cultivateur généreux de sa personne, qui égrène sans compter les heures, ensache avec minutie et insémine manuellement ses courges pour en garantir la pureté. Patrice Fortier, ce gardien poétique des semences ancestrales est le cœur et l’âme de Le Semeur de Julie Perron, un documentaire bucolique et enjoué posant un regard sur l’unique et merveilleuse osmose entre l’art et l’agriculture créée par son sujet.

Au fil des saisons, la cinéaste observe Fortier dans son laboratoire à ciel ouvert, passant le plus clair de son temps à expérimenter sur les plantes pour en chercher la quintessence, sans jamais altérer le cours naturel de l’évolution. Mais que serait cette beauté si elle n’était pas mise au profit de la compréhension de notre rapport à la nature. C’est ce que nous explique la cinéaste, qui, par l’entremise du portrait de cet amoureux de la nature, nous fait ainsi faire le pas vers d’essentiels questionnements en illustrant l’exemple concret d’une alternative à un système de production de masse trop peu respectueux de l’environnement. Mais au-delà de sa nature informative, Le Semeur, fait surtout la part belle à l’expérimentation artistique dans un domaine que l’on n’associe généralement pas à ça, à l’image de ces « portraits » de carottes blanches ou de ces entrelacs de tiges multicolores virevoltant au vent léger.

Sortie : vendredi 9 mai 2014
V.o. : français

[ DOCUMENTAIRE ]
Origine : Canada [Québec] – Année : 2013 – Durée : 1 h 17 – Réal. : Julie Perron – Dist./Contact : Les Films du 3 mars | Horaires/ Versions/Classement : Excentris

MISE AUX POINTS
★★★★★ (Exceptionnel) ★★★★ (Très Bon) ★★★ (Bon) ★★ (Moyen) (Mauvais) 1/2 (Entre-cotes) — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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