En salle

Triptyque

24 octobre 2013

Résumé
Trois histoires, trois récits comme s’il s’agissait d’un triptyque en forme de tableau. Il y a deux femmes, deux sœurs ; Michelle qui vient de sortir d’un l’hôpital psychiatrique de la ville de Québec et qui doit réapprendre à vivre socialement ; ensuite Marie, qui vit à Montréal et travaille comme chanteuse lorsqu’elle apprend qu’elle a une tumeur au cerveau. Entre les deux, Thomas, un neurochirurgien d’origine allemande. Trois destins qui se croisent.

En quelques mots
★★★★
Robert Lepage nous a habitués à des films parfois lents, il est vrai, mais toujours quelque peu surréalistes, voire totalement oniriques (Le Confessionnal, La Face cachée de la lune). Au contraire, Pedro Pires nous montre la réalité toute crue, mais en adoptant un point de vue d’une esthétique violemment émouvante (Danse Macabre, Hope). Ce qui les unit tous deux, mis à part un talent visuel indéniable, et même une passion romantique pour un certain symbolisme chrétien, c’est la poésie. De cette union hypostatique est né Triptyque, un poème en trois versets qui raconte l’histoire interpersonnelle de trois personnages, chacun lié a une dimension particulière de l’existence, mais qui fait quand même partie du Grand Tout, comme les entrelacs d’une réalité qui n’accuse aucune division. Michelle affronte l’extérieur qui l’ostracise par le biais des mots, Marie perd la parole et une partie de sa mémoire, mais trouve l’amour chez Thomas, son neurochirurgien à la philosophie métaphysique, qui voit dessiné sur la voûte de la chapelle Sixtine un cerveau dont Dieu lui-même ne serait que la plus transcendante invention.
Ce qu’il y a de plus beau dans cet hommage à l’être et à la parole, à la voix humaine (qui était d’ailleurs le thème de la pièce Lipsynch de Lepage) est la manière dont chacun de ces trois personnages est mis en scène, dans un univers qui lui est propre, mais qui reflète le même malaise, innommable, mais bien réel. Chacun perd ses repères, se retrouve seul face à un monde qui s’écroule, auquel il ne fait plus confiance, ou qu’il ne comprend plus, mais chacun retrouve peu à peu son équilibre au contact de l’autre.  Triptyque est un film qui aborde les principaux thèmes qui ont fondé l’idée même de la postmodernité, soit l’individu et sa solitude, la remise en question des structures de la société, la perte des repères et l’angoisse du vide existentiel provoqué par une rupture brutale avec le régime paternaliste et hétéronome du clergé catholique, dont les symboles sont mystérieusement présents dans les trois parties du récit. Il y a dans ce long métrage une force silencieuse, quelque chose d’insaisissable, un je-ne-sais-quoi qui s’adresse directement à l’âme humaine sans passer par l’esprit raisonnable habituellement mandaté lorsqu’on va au cinéma. Certains passerons à côté, d’autres en seront bouleversés ! >> François D. Prud’homme

Sortie : Vendredi 25 octobre 2013
V.o. : Français / Anglais / Allemand
S.-t.a. – Tryptich

DRAME PSYCHOLOGIQUE  | Origine : Canada [Québec] – Année : 2013 – Durée : 1 h 34  – Réal. : Robert Lepage, Pedro Pires – Int. : Lise Castonguay, Frédérike Bédard, ans Piesbergen – Dist. / Contact : Séville | Horaires / Versions / Classement : Beaubien Cineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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