Primeurs à Montréal

Semaine du 20 au 26 avril 2012

19 avril 2012

LE FILM DE LA SEMAINE …

REBELLE
(War Witch)

DRAME | Origine : Canada [Québec] – Année : 2012 – Durée : 90 minutes  – Réal. : Kim Nguyen  – Int. : Rachel Mwanza, Serge Kanyinda, Alain Bastien – Dist. : Métropole | Horaires / Versions / Classement : AMC – Cinéma BeaubienCineplex Divertissement

Résumé
Une jeune fille de 14 ans raconte au bébé qui grandit dans son ventre les événements qui ont mené à ce qu’elle devienne enfant-soldat dans le conflit armé en Afrique sub-saharienne.

En quelques mots
Fort bien servi par le jeu de Rachel Mwanza et de Serge Kanyinda, l’excellent scénario de Kim Nguyen est soutenu par une très belle mise en scène, des lieux naturels magnifiques, des décors criants de vérité et une trame sonore qui restitue la richesse musicale propre à cette région du monde. La caméra menée de main de maître par Nicolas Bolduc se concentre sur les enfants, au point de laisser les adultes dans une espèce de flou. Le pays dans lequel on se trouve, le nom des gens, des villes, la raison d’être des groupes armés, tout cela est heureusement mis de côté au profit de la perspective des enfants et de leur perception du monde qui les entoure. Quoique le film ait été entièrement tourné en République démocratique du Congo, il pourrait être de partout. Sans jamais tomber dans le gore ou le morbide, Nguyen nous rappelle fortement à la réalité sanglante de la récente histoire de l’Afrique subsaharienne. Quand Komona et Magicien se réfugient chez l’oncle de ce dernier, surnommé le Boucher à cause de son métier, Komona raconte à son enfant à naître que le Boucher garde toujours un sceau à vomir près de son étal, parce que son travail lui rappelle comment sa famille a été tuée. Mais Komona taira, à son enfant comme à nous, ces sinistres détails, parce que sinon, nous ne pourrions plus rien entendre. Mais il y a des silences plus éloquents que tous les mots. Le courage de Komona et ses capacités de résilience ne peuvent nous faire oublier son trouble. Ni celui de son pays. >> Anne-Christine Loranger

AUTRES SORTIES EN SALLE …

ANOTHER SILENCE
(Deux Silences)

DRAME | Origine : France / Canada [Québec] / Argentine / Brésil – Année : 2011 – Durée : 89 minutes  – Réal. : Santiago Amigorena – Int. : Marie-Josée Croze, Benz Antoine, Tony Nardi, Aaron Parry, Ignacio Rogers – Dist. : Séville | Horaires / Versions / Classement : Cineplex Divertissement

Résumé
Marie, une policière de Toronto, mène une enquête pour retrouver les assassins de son mari et de son fils. Ses recherches la mène sur les routes arides du nord-est de l’Argentine.

En quelques mots
Si l’intrigue très classique d’Another Silence peut laisser croire à une énième histoire de vengeance froide et réfléchie, on peut féliciter Santiago Amigorena (Quelques jours en septembre, 2006) d’avoir cherché à traiter son sujet de façon atypique. Plaçant Marie, son héroïne tourmentée, dans un environnement hors norme, le cinéaste parvient à faire résonner son mutisme avec les paysages arides et hostiles des hauts plateaux andins. Dans le genre, Another Silence est une agréable surprise qui se laisse voir avec un certain plaisir. Signalons la prestation de Marie-Josée Croze dans un rôle de contre-emploi parfaitement endossé qui parvient avec adresse à nous faire partager les douleurs de Marie, personnage prostré dans sa douleur de femme meurtrie à jamais. Malheureusement la trame psychologique et l’observation des personnages est beaucoup trop maigre. À force de non-dits et de silences, on finit par ne plus saisir les motivations profondes de la policière. Le scénario, beaucoup trop simple et linéaire, recèle en outre plusieurs invraisemblances qui dérangent. Dommage, car ce drame psychologique épuré à l’extrême parvient à nous captiver par la beauté de ses espaces naturels grandioses. Il en résulte un film, certes maîtrisé au plan technique, mais qui peine à maintenir l’intérêt du spectateur pour n’avoir pas pu explorer ses personnages plus avant. >> Charles-Henri Ramond

CHIMPANZEE
(Chimpanzés)

DOCUMENTAIRE | Origine : États-Unis – Année : 2011 – Durée : 78 minutes  – Réal. : Alastair Fothergill, Mark Linfield – Dist. : Walt Disney | Horaires / Versions / Classement : AMC – Cineplex Divertissement

Résumé
Un jeune chimpanzé de quelques mois perd sa mère lorsque son groupe est attaqué par une bande rivale. Contre toute attente, le vieux chef accepte de l’adopter et de l’élever
.

En quelques mots
De magnifiques images de chimpanzés dans leur habitat naturel captées en Côte d’Ivoire mais aussi au Gabon et en Ouganda sont amoindries par une bande son envahissante et un commentaire qui mélange humour facile et anthropomorphisme souligné. De cette manière, le film n’est plus un documentaire nature mais une fictionalisation de la vie d’animaux affublés de noms, Oscar, Freddy et Scar dévoilant trop facilement l’essence de leur personnalité. Disney encore une fois, après African Cats, n’a pas réussi à produire un bon film  grand public sur les animaux. >> Luc Chaput

COMIC-CON EPISODE IV – A FAN’S HOPE
DOCUMENTAIRE | Origine : État-Unis – Année : 2011 – Durée : 87 minutes  – Réal. : Morgan Spurlock – Avec : Seth Rogen, Eli Roth, Kevin Smith, Stan Lee –  Dist. : Séville  | Horaires / Versions / Classement : AMC

Résumé
Chaque année, le légendaire Comic-Con de San Diego reçoit plus de 150 000 personnes. L’événement réunit des marginaux de tous les horizons venus partager leur passion avec d’autres fans.

En quelques mots
À la fois une ode à la geekitude et aux admirateurs les plus dévolus, Comic-Con Episode IV: A Fan’s Hope est à la fois amusant, vivant et légèrement absurde. En revanche, on peut reprocher l’absence d’analyse ou de point de vue sur le sujet. Par exemple, on soulève le phénomène de la quasi-disparition des acheteurs et collectionneurs de bandes dessinées sans toutefois chercher d’explications. De nombreuses vedettes du milieu (Joss Whedon, Stan Lee, Kevin Smith, Seth Rogen, etc.) défilent devant la caméra et expriment leur enthousiasme et leur intérêt à participer à cet incontournable événement annuel. Les amateurs devraient flipper en regardant ce film, les autres un peu moins. >> Pascal Grenier

LA GUERRE DES BOUTONS
COMÉDIE | Origine : France – Année : 2011 – Durée : 109 minutes  – Réal. : Yann Samuell – Int. : Théo Bertrand, Vincent Bres, Salomé Lemire, Éric Elmosnino, Mathilde Seigner, Alain Chabat –  Dist. : A-Z Films  | Horaires / Versions / Classement : Cinéma BeaubienCineplex Divertissement

Résumé
Dans les années 1960, une guerre sévit entre les écoliers de deux villages voisins du sud de la France. Leurs chefs, Lebrac et l’Aztec, rassemblent leurs troupes et ripostent aux provocations à coups de graffitis, d’épées ou de vol de boutons.

En quelques mots
À l’instar d’Yves Robert (La Guerre des boutons, 1962), Yann Samuell situe le récit à la même époque, en 1960. Pas d’effets spéciaux donc, ni cellulaire, ni jeux vidéos, pas de Facebook ni de Twitter. Deux villages voisins dans le sud de la France, à une époque où les jeux d’enfants ne sont pas du domaine du virtuel, mais se passent au contraire en pleine nature. Tout est vrai, terre-à-terre, candide et innocent. Si la première mouture restera toujours dans la mémoire de ceux et celles d’un certain âge, comment réagiront-ils à ce remake, quelques décennies plus tard ? Il est bon de dire que Yann Samuell a conservé l’intrigue principale en lui administrant des caractéristiques narratives plus actuelles, l’intégration d’une fille dans l’une des deux bandes rivales d’enfants étant le choix le plus judicieux, lui permettant ainsi de concocter une finale aussi inattendue que courageuse. Reste en somme un film tendre, émouvant, drôle, typiquement français, et d’un humour d’une autre époque, certes, mais contagieux. En somme, et par les temps qui courent, une bouffée d’air frais pour enfants et adultes de 7  à 77 ans. >> Élie Castiel

THE LUCKY ONE
(Le Porte-bonheur)

DRAME SENTIMENTAL | Origine : États-Unis – Année : 2011 – Durée : 101 minutes  – Réal. : Scott Hicks – Int. : Zach Efron, Taylor Schilling, Blythe Danner, Jay R. Ferguson –  Dist. : Warner | Horaires / Versions / Classement : Cineplex Divertissement

Résumé
En mission en Irak, un marine américain survit à une série d’attaques meurtrières contre son unité. Convaincu que sa bonne chance est le fait de la photo d’une jeune femme qu’il a trouvée, il profite de son retour au pays pour retracer l’inconnue.

En quelques mots
SANS COMMENTAIRES.

POURQUOI TU PLEURES ?
COMÉDIE DRAMATIQUE | Origine : France – Année : 2011 – Durée : 99 minutes  – Réal. : Katia Lewkowicz – Int. : Benjamin Biolay, Emmanuel Devos, Valérie Donzelli, Nicole Garcia, Sarah Adler, Éric Lartigau –  Dist. : FunFilm | Horaires / Versions / Classement : Cinéma BeaubienCineplex Divertissement

Résumé
La veille de son mariage, un jeune homme commence à se poser des questions sur la pertinence de sa décision de fonder une famille. Le comportement de ses proches ne fait qu’approfondir ses doutes.

En quelques mots
Le sujet n’est pas vraiment nouveau, mais pour son premier long métrage Katia Lewkowicz surprend par moments, notamment lorsqu’il est question de situer le héros principal dans des situations hors du commun. Comment se préparer au plus grand jour de sa vie lorsqu’on aime autant celle avec qui on a l’intention de partager sa vie que celle rencontrée par hasard, lors d’une virée nocturne. Les doutes, les incertitudes et les hésitations s’accumulent autour de ce triste trentenaire avant qu’il fasse le grand pas. Situation d’autant plus compliquée que la mariée en devenir est la plupart du temps absente, se montrant sporadiquement, surtout autour de sa famille, venue d’Israël. Pour la réalisatrice, c’est d’autant plus amusant qu’elle sillonne les contours de la psychologie masculine, se permet quelques variations douces-amères et, mine de rien, succombe au happy-end sans pour autant s’empêcher d’égratigner le statu quo avec le sourire aux lèvres. Il est question du complexe d’œdipe, de problèmes de comportement, d’une mère bipolaire (Nicole Garcia), d’une sœur atteinte de pessimisme excessif (Emmanuelle Devos) et d’une bande de mecs/copains restés à l’âge adolescent. À signaler : les débuts comme comédien du réalisateur Éric (L’homme qui voulait vivre sa vie, 2010) Lartigau, d’une rare présence. Quant à Benjamin Biolay, il s’en tire avec honneur dans le rôle d’un futur mari qui n’a jamais grandi et du jour au lendemain, se trouve dépassé par les événements. >> Élie Castiel

THINK LIKE A MAN
COMÉDIE SENTIMENTALE | Origine : États-Unis – Année : 2012 – Durée : 122 minutes  – Réal. : Tim Story – Int. : Michael Ealy, Jerry Ferrara, Gabriella Union, Kevin Hart  –  Dist. : Alliance | Horaires / Versions / Classement : AMC

Résumé
Un certain Steve Harvey, animateur d’une émission matinale, semble savoir ce qui se cache derrière chaque femme, particulièrement lorsque celles-ci se demandent comment faire pour garder un homme.

En quelques mots
SANS COMMENTAIRES.

VICKY DONOR
COMÉDIE ROMANTIQUE | Origine : Inde – Année : 2012 – Durée : 125 minutes  – Réal. : Shoojid Sircar – Int. : Yami Gautam, Annu Kapoor, Ayushmann Kurrana – Dist. : A-Z Films | Horaires / Versions / Classement : AMC

Résumé
Le docteur Baldev Chaddha gère un centre de fertilité à New Delhi. Mais depuis quelque temps, il accumule les échecs. Ce dont il a besoin, c’est d’un donneur de sperme. Et peut-être bien que l’homme idéal se trouve en la personne de Vicky Arora, fils unique de Dolly, veuve, propriétaire d’un petit institut de beauté à domicile.

En quelques mots
Le cinéma bollywoodien a ceci de particulier qu’il peut aisément passer de la comédie au drame, invitant les comédiens à changer brusquement de registre. Après le troublant et impressionniste Yahaan (2005), Shoojit Sircar opte pour le réalisme social en proposant une comédie raffinée sur l’insémination articielle et ses conséquences, cette fois-ci, sur le donneur. Si l l’on se fie à la thèse du réalisateur, il semblerait que le phénomène de l’infertilité est de plus en plus courant en Inde à mesure que le pays s’occidentalise. D’après un des personnages, tout serait une question, en grande partie, de stress. Mais ce qui se dégage des auteurs, c’est ce refus de pathos, souvent utilisé pour charmer les spectateurs. Il est clair que Vicky Donor s’intéresse aussi bien au privé qu’au collectif, avec comme résultat, une comédie douce-amère, alerte et d’une extrême candeur. Avec, en prime, une finale hors-norme qui donne un aperçu réaliste de la société indienne contemporaine. Dans le rôle de Vicky, Ayushmann Khurrana offre une perfomance mémorable, conjugant naïveté et émotivité avec un charisme élégant. En tenant pour acquis que le film aborde un sujet encore tabou en Inde de façon à la fois subtile et engagée, il n’est pas surprenant que John Abraham, grande star à Bollywood, figure parmi les producteurs. >> Élie Castiel

LES VIVANTS
DOCUMENTAIRE | Origine : Canada [Québec] – Année : 2011 – Durée : 77 minutes  – Réal. : Eduardo Lucatero –  Dist. : Luz Films | Horaires / Versions / Classement : Excentris

Résumé
Rencontre avec quatre apprentis thanatologues qui nous livrent leur propre expérience de la mort par le biais de récits humains, à la fois drôles et étonnants.

En quelques mots
Portraits de jeunes femmes et hommes qui ont choisi la profession de thanatologue, ce documentaire s’inscrit dans la durée en les montrant tout d’abord dans des cours pratiques et théoriques. Des interviews  dans des lieux et circonstances plus conviviaux donnent des pistes pour mieux apprécier les diverses aspects de leur métier, les facettes de leurs personnalités et les liens souterrains qui les motivent. Le réalisateur a donc réussi à nous faire mieux comprendre ces gens que nous côtoyons le plus souvent dans des moments lugubres. >> Luc Chaput

LE VOYAGE EXTRAORDINAIRE
DOCUMENTAIRE | Origine : France – Année : 2011 – Durée : 65 minutes  – Réal. : Serge Bromberg, Éric Lange – Dist. : FunFilm | Horaires / Versions / Classement : Excentris

Résumé
Les efforts gigantesques déployés pour restaurer Le Voyage dans la lune, un des plus importants joyaux de l’histoire du cinéma.

En quelques mots
Présenté pour le 150e anniversaire de naissance de Georges Méliès à l’ouverture du festival de Cannes 2011, la version restaurée du Voyage dans la lune connut un énorme succès. Le documentaire de Bromberg et Lange trace une biographie de ce prestidigitateur devenu cinéaste en montrant son importance dans la création du spectacle cinématographique et en employant les propos admiratifs de réalisateurs contemporains. Le travail complexe et de longue haleine qui a mené à la restauration des couleurs de cette version peinte originellement par de petites mains précises est détaillé en donnant à chacun son dû. La présentation en deuxième partie du dit chef- d’œuvre de Méliès datant de 1902 confirme la validité des choix archivistiques et artistiques des restaurateurs malgré une musique d’Air inadéquate. >> Luc Chaput

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