En lumière

Jean-Claude Labrecque | 1938-2019

7 juin 2019

< HOMMAGE >

UN MONUMENT DU CINÉMA QUÉBÉCOIS 
Yves Laberge

Disparu le 31 mai 2019, Jean-Claude Labrecque était un « régulier » de Séquences : encore récemment, il faisait la couverture du n° 312 de janvier 2018 pour la sortie d’un documentaire lui étant consacré1.

Jean-Claude Labrecque aura pratiqué tous les métiers du cinéma : caméraman, réalisateur, monteur, producteur et bien d’autres. Mais surtout, le cinéaste a visualisé le Québec en le parcourant, en le filmant, en le recadrant, en explorant son imaginaire et sa réalité. Il est un des rares cinéastes québécois à avoir tourné partout au Québec, par exemple dans son court métrage Université du Québec (1972), qui montrait toutes les composantes régionales de ce réseau. Suite

Doubleurs et magouilleurs

1er juin 2019

< HUMEUR >
Sylvio Le Blanc

Pour maintenir leur marge de profits, les 12 (!) maisons de doublage dorénavant canadiennes1 (mais toutes situées sur l’île de Montréal) ont exigé de nos acteurs-doubleurs et techniciens (bien québécois, eux) qu’ils réduisent leur rémunération, ce qui fut fait2. Aujourd’hui, elles doivent trouver d’autres moyens pour affronter la concurrence et l’un d’eux consiste à faire appel à moins de doubleurs québécois (qui sont à payer) et à plus de doubleurs étrangers (qui ont déjà été payés dans leur pays d’origine) dans un doublage donné. Suite

Jean Beaudin | 1939-2019

21 mai 2019

Il vient de nous quitter. Peut-on parler d’un vide? Il ne tournait plus depuis Sans elle (2006). Et puis la relève, de plus en plus agressive qui ne permet pas aux valeurs d’antan de tourner comme elles auraient voulu alors que l’énergie et l’envie de le faire sont encore au rendez-vous. Budgets obligent, même si Fernand Dansereau et bientôt André Forcier persistent. Plutôt que de rendre hommage à Jean Beaudin comme dans la tradition, nous préférons le faire en publiant une entrevue menée par Luc Chaput lors de la sortie du Collectionneur (Séquences, nº 218, p. 39-40). La voici, intégralement.

JEAN BEAUDIN
Les enfants comme porte-bonheur

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Des fiches incomplètes

16 mai 2019

< HUMEUR >
Sylvio Le Blanc

Il y a quelque temps, j’ai vu deux films à la télévision : Opération Anthropoïde (Anthropoid), avec Cillian Murphy, et Furie (Fury), avec Brad Pitt. Même si ces deux films ont été doublés au Québec [1], l’ex-Régie du cinéma du Québec n’a pas jugé bon d’enregistrer les titres québécois dans sa banque de données [2]. Conclusion : si vous cherchez les fiches de ces films par les titres québécois, vous ne les trouverez pas.

Pour un organisme public d’une province dont la seule langue officielle est le français, je trouve déconcertant qu’on ne se donne pas la peine d’enregistrer systématiquement les titres en français dans les fiches de films, permettant ainsi de retrouver ces dernières plus facilement.

La Loi sur le cinéma oblige les distributeurs à trouver un titre français à leurs films présentés en salle, mais pas aux autres (DVD, etc.). La loi devrait être rafraîchie, car les salles sont moins fréquentées qu’avant.

Mais ce qui choque le plus avec ces fiches concerne les films d’animation en langue étrangère. Pour les voix, on privilégie dans la section « Interprètes » les noms des doubleurs originaux (anglo-saxons et autres) plutôt que ceux des doubleurs québécois ou français [3]. Même cet organisme d’État nous incite à voir la version non doublée en français. Bienvenue au Québec français!

[1] http://www.doublage.qc.ca/p.php?i=162&idmovie=4519
http://www.doublage.qc.ca/p.php?i=162&idmovie=4168

[2] https://www.rcq.gouv.qc.ca/RCQ212AfficherFicheTech.asp?intNoFilm=401547
https://www.rcq.gouv.qc.ca/RCQ212AfficherFicheTech.asp?intNoFilm=387499

[3] https://www.rcq.gouv.qc.ca/RCQ212AfficherFicheTech.asp?intNoFilm=415029
http://www.rcq.gouv.qc.ca/RCQ212AfficherFicheTech.asp?intNoFilm=397511

Doris Day | 1922–2019

14 mai 2019

Pillow Talk / Confidences sur l’oreiller

< HOMMAGE >
Yves Laberge

LA FILLE D’À CÔTÉ

Plus qu’une simple actrice et chanteuse, Doris Day était une icône du cinéma populaire hollywoodien, emblématique de la femme « honnête », par opposition aux « mauvaises filles » de son temps comme Marilyn Monroe ou Jayne Mansfield. Ce fut son image durant toute sa carrière. En 1969, John Lennon mentionnait le nom de Doris Day à la suite d’une longue énumération de célébrités dans une chanson obscure des Beatles, Dig It (sur l’album Let It Be).

The Man Who Knew Too Much / L’homme qui en savait trop

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Marvel à l’avant-garde

11 mai 2019

HUMEUR  >
Sylvio Le Blanc

Les Studios Marvel sont à la recherche « d’un interprète masculin ouvertement homosexuel », préférablement, pour jouer un superhéros gai[1]. On croirait presque à une infox[2]. Il ne suffit donc plus qu’un acteur soit crédible dans son jeu, il faut qu’il soit ce qu’il personnifie. Inquiétant, oui merci. Les fanatiques qui font la guerre à l’appropriation culturelle sont en train d’imposer partout leur étroite vision du monde, même à Hollywood.

Marvel surprendra ses millions de fans dans dix ans en cherchant une interprète ouvertement lesbienne pour jouer une superhéroïne gaie.

Suivant ce credo, les excellents Heath Ledger (s’il était toujours de ce monde) et Jake Gyllenhaal ne pourraient pas jouer aujourd’hui les rôles principaux dans le film Souvenirs de Brokeback Mountain (Brokeback Mountain)[3], car ils ne sont pas homosexuels. À l’inverse, le tout aussi excellent Kevin Spacey ne pourrait pas jouer le rôle d’un politicien qui saute une jeune journaliste dans House of Cards, car il n’est pas hétérosexuel. Les pauvres Montgomery Clift[4] et Rock Hudson[5], qui ont embrassé tant de femmes dans leur carrière, ne pourraient plus le faire aujourd’hui, car ils étaient homosexuels.

Marvel surprendra ses millions de fans dans dix ans en cherchant une interprète ouvertement lesbienne pour jouer une superhéroïne gaie. Dans vingt ans, ce sera au tour des transgenres, dans trente celui des transsexuels, sans oublier les allosexuels[6]. On n’arrête pas le progrès.

Jake Gyllenhall et Heath Ledger dans Brokeback Mountain d’Ang Lee

[1]https://www.lapresse.ca/cinema/nouvelles/201903/05/01-5217038-marvel-recherche-un-superheros-gai.php

[2] http://www.granddictionnaire.com/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26542775

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Secret_de_Brokeback_Mountain

[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Montgomery_Clift

[5] https://fr.wikipedia.org/wiki/Rock_Hudson

[6] http://www.granddictionnaire.com/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8353764

Sergio Leone

29 avril 2019

| ÉTUDE |
Mario Patry

QUE VIVA LEONE !

En 1964, le phénomène – mythe – Sergio Leone fut mis en orbite. Dès lors, il connaît une carrière ascensionnelle fulgurante, irréversible et universelle qui suscite admiration aveugle et sans borne auprès du public du parterre et de la presse spécialisée, et une jalousie rancunière et tenace de la critique de la presse à grand tirage. Se déclare alors une bataille rangée entre « anciens » et « modernes » : Le plus grand réalisateur de tous les temps pour les uns, le cinéaste le plus surfait du siècle pour les autres. Même les comités de certaines revues de cinéma se divisent, s’opposent, combattent puis se scindent!

Sergio Leone (à gauche) Président du Jury au Festival des films du monde de Montréal, en 1979

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