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Eugène Onéguine

16 septembre 2019

| ART LYRIQUE |
Élie Castiel

★★★★

Un début de saison retentissant

D’emblée, le décor s’impose avec un raffinement qui donne à l’âme bourgeoise russe de l’époque ses plus beaux atouts. Scène carrée, tel un livre d’images, et qui, par magie, s’ouvre comme des rideaux sur toute la largeur de l’espace en mouvements lents, presque sensuels, afin que le récit puisse enfin commencer. Et puis, une scène de la vie rurale à l’entrée de la maison d’un village, quelque part dans la Russie tsarine.

Une histoire d’amour non partagé, de regrets, une quête du rachat, de la prise de conscience (pour Onéguine) que le temps passe malheureusement et avec lui, la vie. Une fin dramatique comme dans plusieurs histoires d’amour. Trame narrative simple pour un opéra grandiose, parmi les grands favoris du répertoire classique.

Étienne Dupuis (Onéguine) et Nicole Car (Tatiana) – © Yves Renaud

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Héritage

9 septembre 2019

| SCÈNE |
Élie Castiel

★★★  ½

LE NOUS, CE SONT AUSSI LES AUTRES

En 1962, sort le film de Daniel Petrie, A Raisin in the Sun / Un raisin au soleil, scénarisé par l’auteure de la pièce Lorraine Hansberry. Brillant résultat dû, en particulier, à la présence lumineuse d’un Sidney Poitier en pleine forme.

Il ne pouvait être autrement que d’avoir des comédiens et des comédiennes noir(es) dans le cas d’Héritage, traduit en québécois par Mishka Lavigne. Elles/Ils imposent leur présence par des interprétations inoubliables. Émotion, humour, accent québécois assumé et maîtrisé, sens du rythme et de l’espace. Geste politique sans doute pour prouver une fois pour toutes que l’intégration est possible et ne représente aucunement un danger pour la culture québécoise. Qu’on se le tienne finalement pour dit. Le contraire serait être de mauvaise foi.

© Caroline Laberge

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L’Énéide

 | SCÈNE |
Élie Castiel

★★★ ½

DES HOMMES ET DES DIEUX

Il y a d’abord le texte d’Olivier Kemeid, une écriture qui prend un énorme risque en adaptant un classique du Latin Virgile, L’Énéide, ce drame épique qui, à l’époque, tente de rivaliser en quelque sorte avec L’Iliade et L’Odyssée du célèbre Grec Homère.

Tentative ambitieuse de la part de Kemeid, issus de parents Égyptiens, ayant quitté leur pays au milieu du siècle dernier. Le thème de l’exil s’imposait de façon naturelle. Parler de migrants aujourd’hui est avant tout une aventure de l’esprit où les avis les plus divergents se bousculent continuellement. Comment rendre alors un texte aussi pur que l’original neutre tout en refusant la complaisance.

© Yannick Macdonald

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A Century Songbook

20 juin 2019

| SCÈNE |
Élie Castiel

★★★  ½

EN CHANTANT ET EN DANSANT

Une centaine d’années de présence hébraïque à Montréal, dès 1919, toutes classes sociales confondues. Des hauts (intégration et autres vertus) et des bas (antisémitisme virulent de part et d’autre…). Des décennies de résilience, de liens, de persévérance, de choix politiques, de compromis, mais surtout d’un profond désir de réussir. Suite

Où vont les fleurs?

1er juin 2019

Critique
< ENC 2019 >
Élie Castiel

★★★ ½

LES CORPS DANS TOUS LEURS ÉTATS

Nouvelle formule pour le spectacle annuel de l’École nationale de cirque : la présentation de trois créations par les étudiants de l’institution, du 3 au 8 juin, au Studio de l’école. Et pour les finissants, la pièce de résistance, à La Tohu. Suite

Granma. Trombones de la Havane

29 mai 2019

Critique
< SCÈNE >
Élie Castiel

★★★★

ADIEU À « LA REVOLUCIÓN »

On ne savait pas à quoi s’attendre. Surprise de taille que cette proposition de Stefan Kaegi pour marquer les 60 ans de la révolution cubaine. Sur scène, une nouvelle génération, deux jeunes hommes et deux jeunes femmes, le plus âgé, mi-trentaine; effectivement, une génération qui n’a pas connu les premiers soubresauts d’un changement de régime perpétré par Fidel Castro face à la dictature impérialiste de Batista. Suite

Tous des oiseaux

24 mai 2019

Critique
< SCÈNE >
Élie Castiel

★★★★★

MAGISTRAL

Wajdi Mouawad, maintenant la cinquantaine, est arrivé à une maturité qu’il arborait de toute façon depuis ses débuts, comme le légataire d’une idée qu’on se fait de l’art dramatique, de ce qui touche à sa morale, à sa place dans la communauté des humains. Quelque chose qui s’assimile au souffle de la vie, à l’âme de l’individu, aux êtres et, paradoxalement, au néant, autant que ce vide possède une quelconque vérité. Avec Tous des oiseaux, titre on ne peut plus tributaire de liberté, on assiste à un laboratoire humain en permanente rupture, tels des corps dont les os déplacés se remettaient à leur place à la suite du procédé thérapeutique que représente la vie. Suite

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