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Grupo Corpo

24 janvier 2019

 CRITIQUE /
DANSE

| Élie Castiel |

★★★★

QUAND LE SENSUEL ÉPOUSE
L’ÉTHÉRÉ DE L’ESPRIT

LES TUYAUX CENTRAUX DORÉS ET IMPOSANTS sur fond de scène évoquent les orgues majestueux qu’on retrouve dans certaines églises ou maisons symphoniques et, dans le cas de la chorégraphie Bach, confirment admirablement bien la démarche du chorégraphe brésilien, à l’aise dans la soixantaine – on pourrait même dire que la soixantaine est « la nouvelle trentaine » – Danser, posséder l’espace scénique, refus du message, car la danse c’est avant tout l’art du mouvement. N’essayons pas de discerner une idée sur la vie, sur la politique, le social ou sur autres velléités de notre existence pour trouver des solutions.

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Coriolan

20 janvier 2019

CRITIQUE /
SCÈNE
| Élie Castiel |

★★★★★

SUBLIMEMENT RADICAL

On pourra reprocher à Robert Lepage d’avoir construit une œuvre théâtrale comme s’il s’agissait d’un film. De Shakespeare, Coriolan exprime les notions de psychologie et de psychanalyse dans ses moindres tourments, d’où des personnages pris entre le pouvoir, la justice, la vie privée et l’État, une Rome impérialiste qui donnera naissance, à travers les siècles, à des dictateurs et à d’autres sortes de gouvernements autoritaires.

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La Queens’

19 janvier 2019

CRITIQUE /
SCÈNE
| Élie Castiel |

★★★★

VENTS DU NORD

État de lieux climatiques, physiques, ayant affaire avec la famille, existentiels. Telle se présente La Queens’, la récente création de Jean Marc Dalpé, développée en résidence d’auteur, ce dernier ayant donc eu tout le temps pour mener à terme les fondements d’un texte dont l’originalité dépasse non seulement le quotidien, mais nous plonge dans des sphères intimes qui ont à voir avec nos vies, nos espoirs, nos destins, notre peur de la mort… et de la vie.

Car face à la finitude, ici celle de la génitrice, la mère et grand-mère, c’est déjà le début d’un combat testamentaire où les liens affectifs consanguins n’ont plus droit de cité. Chacun, chacune pour soi, ou « comment réussir en affaire sans se soucier des autres… ». Deux sœurs, celle qui s’exprime comme les gens du peuple et l’autre qui s’est exilée à l’étranger pour mener une carrière artistique et parler « comme il faut… ». Tout cela est du domaine du concret.

Dominique Quesnel et Marie-Thérèse Fortin
(Crédit photo : © Suzane O’Neil)
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Mauvais goût

11 janvier 2019

CRITIQUE
/ SCÈNE
| Élie Castiel |

★★★★

LES EXCÈS INSONDABLES DES INTERDITS

Jusqu’à un certain point, nous sortons de cette expérience expérimentale éclaboussés, désorientés, pas vraiment prêts à digérer les contours d’un texte cru, non pas parce qu’il choque les règles de la bienséance, mais plus que tout nous rappelle à l’ordre, à nos pensées, nos fantasmes, nos libertés intérieures les plus profondes.

Stéphane Crête, c’est la dérision, la plume libre, l’écriture magique puisqu’elle se permet d’aller le plus loin possible dans l’âme humaine, dans sa trashitude, ses élans impétueux, ses multiples variations inavouables, ses mensonges et ses trahisons. Mais il a des mots aussi accessibles que monstrueux par leur réalisme. Et mine de rien, à un moment, le spectateur s’habitue à ces échanges hors-normes entre un groupe de comédien(nes) passé(es) maîtres dans l’art de l’absurde. Toutes et tous remarquables.

Oui, c’est du théâtre expérimental qu’il s’agit, mais pas celui des métaphores et des fables contemporaines, mais au contraire, d’un art dramatique qui secoue le quotidien pour mieux le situer. L’époque est celle d’aujourd’hui. Inutile d’essayer de faire un retour en arrière. Ça existait avant, mais on n’en parlait pas. Suite

Consentement

25 décembre 2018

CRITIQUE
/ SCÈNE

| Élie Castiel |

★★★ ½

JE T’AIME… MOI NON PLUS

Le titre d’une chanson de Serge Gainsbourg pour exprimer les crises traversées par ces couples cultivés, des professionnels, à l’âge de tous les possibles; ces tentations qui peuvent parfois heurter, particulièrement lorsque l’homme et la femme sont confrontés à d’énormes problèmes d’éthique, de morale, de valeurs humaines, de fidélités et d’infidélités, de rancœur, de revanche et d’autres variations existentielles de la condition humaine.

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Corteo

CRITIQUE
/ CIRQUE
| Élie Castiel |

L’ANNÉE DE LA FEMME

Les clowns font la joie des petits et des grands restés petits ne serait-ce que le temps que dure le spectacle. Dépasser la réalité en rendant l’imaginaire roi, en transmettant des messages qui ne le sont pas. En faisant « tous le possibles » pour satisfaire un public assoiffé de rêves, de songes inatteignables, de poésie, d’équilibristes qui osent le tout pour le tout, de ceux et celles qui défient risquer le quotidien pour divertir et nous transmettre le message selon lequel tout est beau dans le meilleur des mondes possibles.

Pour l’incontournable Cirque du Soleil, reprise de Corteo (mot italien qui veut dire cortège en français) avec, en partie, une nouvelle équipe puisque les artistes de cirque ne durent pas de longues années, comme dans la danse. Axé principalement sur les enfants – quelle joie de les voir applaudir et se concentrer sur ce qui se passe sur scène.

La scène circassienne est au beau milieu, entourant les deux côtés-gradins qui se font face à face, comme s’ils communiquaient. En attendant, le Hula-Hoop séduit et devient nostalgique des années 1960. C’est excitant, ludique, jeune et charmant. La roue Cyr, comme toujours se multiplie en nombre et offre des moments de pure virtuosité. © Cirque du Soleil Suite

2018 revue et corrigée

7 décembre 2018

CRITIQUE
| SCÈNE |
Élie Castiel

★★★ ½

UNE APPROCHE QUI S’IMPOSE SANS ANICROCHES

C’est bien le cas pour la revue de l’année au TRV. L’édition 2018 se présente comme l’une des plus intéressantes depuis quelque temps. Raison principale : sans dénigrer les metteurs en scène des années précédentes, loin de là, Natalie Lecompte signe une première fois selon une approche nouveau-siècle. Faire vite, montrer juste ce qu’il faut et rendre les spectateurs heureux.

Formule d’autant plus convaincante que la jeune metteure en scène peut compter sur des années de collaborations au spectacle en tant qu’auteure, comédienne et script-éditeure. Des textes rafraîchissants prouvant que ce Bye-Bye-TRV est conçu pour tous les groupes d’âge.

Crédit photo : © François Laplante Delagrave

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