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LNI – Objectif : Cinéma

11 novembre 2018

[ RENCONTRE ]
par Élie Castiel

DANS LE DIAGRAMME DE VENNE

Les entrevues, généralement, ont ceci de particulier qu’elles demeurent intemporelles, servant le plus souvent de base aux prochaines propositions. Dans ce cas, il nous a été impossible d’assister à une de ces improvisations de la célèbre LNI, qui s’attaque, je suppose, pour la première fois, au cinéma. Rencontre avec Joëlle Paré-Beaulieu (JPB) et François-Étienne Paré (FEP). Tous deux, tout à fait synchrones. Nous ferons mieux la prochaine fois, c’est promis et juré. Mais sans laisser de noms, il y a beaucoup de coupables qui m’ont empêché d’y assister. Il faut quand même être juste envers soi !

Est-ce que c’est le cinéma qui s’incruste dans le théâtre ou le contraire ?
FEP. Comme vous le savez déjà, la LNI fait souvent des transpositions de plusieurs formes de la représentation. À la base, ce sont des inspirations théâtrales à partir d’œuvres majeures, comme du Shakespeare, du Molière et autres grands de la scène. Petit à petit, romans, poésie et même arts visuels se sont inscrits dans notre programmation ; comme toucher à du Dalí, du Picasso, du Magritte, bien entendu sans copier, mais en s’y inspirant pour ensuite construire quelque chose de singulier. L’idée de base se trouve là. Depuis trois ans, la LNI s’attaque aux classiques du théâtre. Cette fois-ci, il fallait que le cinéma s’impose, notamment vu son impact sur le public.

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Birthmark

5 novembre 2018

CRITIQUE
| SCÈNE |

Élie Castiel

★★★ ½

TENSIONS

Le texte de Stephen Orlov est courageux, d’une certaine façon à la limite du tabou, abordant un sujet on ne peut plus sensible. Montréal contemporain : deux familles, l’une Palestinienne de confession musulmane, l’autre Juive. Jamila, mère d’une jeune femme, a quitté sa terre natale pour s’installer au Canada, et plus précisément à Montréal. David Stein est lui aussi Montréalais, veuf, et son fils veut s’installer en Israël dans une des colonies juives. Mais…

Dalia Charafeddine et Natalie Tannous / © Jaclyn Turner

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Gauthier Dance / Dance Company Theaterhaus Stuttgart

2 novembre 2018

Critique
| DANSE |

Élie Castiel

★★★★

LE MÉCANISME DE LA SUGGESTION

Quatre œuvres audacieuses et bien rodées au programme, quatre approches de la danse moderne, des chorégraphes de l’heure, dont deux d’ici, deux d’Allemagne et un Grec. Le soir de Première, Eric Gauthier se présente, d’abord comme Québécois, ensuite comme maître de danse et Directeur de la Dance Company Theaterhaus Stuttgart, en Allemagne. Non pas un exil forcé, mais une suite logique d’événements lorsqu’on a du talent et le sens de la débrouille, sans négliger de souligner qu’en matière de danse, les échanges sont multiples et portent le plus souvent fruit.

Le Beating de Virginie Brunelle allie les musiques de Frantz Liszt, Jorge Bolet, Henryk Górecki & Kronos Quartet et de Max Richter, autant de différences de tons nourrissant les mouvements de danseurs. Le collectif surprend, le pas de deux ou plutôt devrions-nous dire « fusion à deux » favorise le couple homme-femme, femme-femme et homme-homme. Contours psychologiques, affectifs. Brunelle ne fait pas qu’exprimer la danse pour la danse, mais s’impose une lecture intellectuelle de son art en puisant aux sources de la pensée philosophique et celle qui parfois nous échappe, notre for intérieur. Admettons que la musique aide beaucoup le mouvement, l’équipe sentant chaque étape de la pièce musicale comme un battement du cœur qui se perpétue en laissant des traces.

Jonathan dos Santos, Sandra Bourdais, David Rodriguez dans Beating de Virginie Brunelle  / © Regina Brocke

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Hidden Paradise

29 octobre 2018

CRITIQUE
[ DANSE / THÉÂTRE CONTEMPORAINS ]

Élie Castiel

★★★★ 

CORPS CONFRONTÉ$

L’énergie communicative de Marc Béland surprend, égratigne notre propre physicalité, sert de bouclier à nos corps endoloris. Il transpire sur scène, s’arrête quelques minutes pour respirer, manie le texte à rythmes différents comme un véritable magicien de la parole et de la tension dramatique. Suite

Le dire de Di

24 octobre 2018

CRITIQUE
| SCÈNE |

Élie Castiel

★★★ ½

LE RÉEL IMAGINÉ N’EST PAS SI TERRIBLE QUE ÇA

… et sur scène, il peut même avancer des idées intéressantes sur l’existence et la découverte du corps. Seule sur scène, dans un décor fait de carrés qui s’emboîtent les uns après les autres évitant le parallélisme, Di dévoile son esprit, sa rage, sa pensée. Elle devient femme. Au centre de cet amoncèlement, une chaise qui sert d’accessoire aux divers « dires » de Di. Diane en vérité.

Crédit photo : © Marc Lemyre

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Choir Boy

14 octobre 2018

CRITIQUE
| SCÈNE |

Élie Castiel

★★★ ½

PRUDENCE ET ACCOMMODEMENTS (DÉ)RAISONNABLES

Un nom connu de la scène anglophone internationale, à retenir et à adapter dans d’autres langues. À juste titre, puisque ses écrits libérateurs sont porteurs d’espoir, imprégnés des expériences multiples de la négritude, ces modèles qui ont pour objectif d’affranchir la parole autre et l’édifier. Comme sa pièce Moonlight Black Boys Look Blue, source d’inspiration de l’oscarisé Moonlight, le magnifique film de Barry Jenkins.

Mais ce qui étonne le plus chez Tarell Alvin McCraney, c’est son courage admirable de situer l’expérience afro-américaine (en fait, -américaine ou -autre) dans la dramaturgie queer, proposant une sorte de double défoulement, une mise en abyme identitaire efficace. Libérer l’orientation sexuelle à l’intérieur du sociétal, et plus particulièrement au sein de la communauté noire, frileuse dans ce domaine. Belle proposition qui, textuellement, convainc dans le cas de Choir Boy, mais suscite paradoxalement une sorte de réaction contraire, difficile à identifier. Suite

Prouesses et épouvantables digestions du redouté Pantagruel

1er octobre 2018

CRITIQUE
| SCÈNE |

Élie Castiel

★★★ ½

ET VOGUE LE NAVIRE

Ce qui frappe, c’est le degré de préparation que manifestent les élèves du secondaire présents le soir de la représentation. Rires et réactions aux bons moments, une symbiose avec la scène aussi manifeste que fébrile et finalement, le plaisir sincère d’avoir assisté à un grand moment de théâtre. C’est franchement émouvant! Suite

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