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Akram Khan Company

14 février 2019

CRITIQUE
DANSE

| Élie Castiel |

★★★★ ½

XENOS

PROMÉTHÉE RÉINVENTÉ

Retour du grand Akram Khan après son remarquable Until the Lions, à Danse Danse en 2017. Et avec XENOS (du grec, étranger), raison de plus d’y assister puisque c’est la dernière prestation solo du chorégraphe-danseur. Salle complète pour la Première hier soir devant un public ébahi non seulement par la performance de l’artiste, mais également par le message qu’il implique, rendu encore plus pertinent grâce à un décor majestueux.

Pour Akram Khan, une pièce essentielle parce qu’intime, personnelle, complice de sa vision du monde et de la vie. Les guerres, de la Première Guerre mondiale jusqu’à, en filigrane, celles d’aujourd’hui. On comprendra que l’unique danseur sur scène se fait le narrateur en mouvement et le messager de ces erreurs humaines que sont les conflits armés. Dans les temps anciens, Prométhée avait décelé la dichotomie de l’humain, le bien et le mal. Suite

Art

4 février 2019

CRITIQUE
SCÈNE
| Élie Castiel |

★★★ ½

COUPS DE PINCEAU

TROIS GRANDS ESSENTIELS DE LA SCÈNE QUÉBÉCOISE, suivant l’ordre alphabétique, pour que l’un ne supplante pas l’autre : Benoît Brière, le comédien aux mille masques, Martin Drainville, de plus en plus au théâtre et toujours si efficace, et Luc Guérin, celui qui peut transformer le comique en tragique simplement en un tour de main inattendu.

Dans le roman de Yasmina Reza, trois amis de longue date, chacun différent des deux autres, allant même jusqu’à se demander comment ils partagent cette amitié depuis si longtemps (trente ans si ma mémoire est bonne). La texte de Reza brille par ses fausses confidences, par ses mensonges et aussi ses vérités qu’on n’arrive pas à digérer et plus que tout, par son aisance à faire parler les hommes comment jamais auparavant avec, comme résultat, la confirmation qu’à l’instar des femmes, ils sont faits de chair et de sang et ont surtout des sentiments.

Luc Guérin, Benoît Brière et Martin Drainville /  Crédit photo : © François Laplante Delagrave

Suite

Fanny et Alexandre

2 février 2019

CRITIQUE
SCÈNE
| Élie Castiel |
★★★★

DE LA VIE DES MARIONNETTES

TOUT D’ABORD, UN FILM (auto)biographique d’Ingmar Bergman datant de 1982, austère, drôle, cynique, agréablement venimeux, mais comparé aux autres productions du réalisateur, une catharsis triste et joyeuse en forme de flashbacks qui confirme la continuité d’un grand metteur en scène de certaines disciplines des arts de la représentation, dont le théâtre et surtout le cinéma. En tout, pour Fanny et Alexandre (Fanny och Alexander), trois heures et huit minutes d’images en mouvement incomparables.

En 2019, au Théâtre Denise-Pelletier, et dans la Grande Salle, un défi de taille, exprimer sur scène ce qu’on avait vu à l’écran, mais à la manière d’un tour de force contraint par le temps. Ne pas dépasser une heure et cinquante minutes.

(De gauche à droite) Steve Laplante, Gabriel Szabo, Annette Garant, Patricia Larivière, Rosalie Daoust, Ève Pressault, Luc Bourgeois
Crédit : © Gunther Gamper Suite

Électre

31 janvier 2019

CRITIQUE
SCÈNE
| Élie Castiel |

★★★★ ½

DEUIL… OÙ EST TA VICTOIRE?

ÉLECTRE (ILEKTRA), LE FILM DE MICHAEL CACOYANNIS, EST TIRÉ DE L’ŒUVRE D’EURIPIDE et commence par le meurtre d’Agamemnon pour se terminer par une séparation sans retour. L’adaptation française d’Évelyne de la Chenelière puise aux sources de Sophocle, plus rigoriste mais sans trop s’aventurer, qui commence lorsque Oreste retourne chez lui pour se venger. Raccourcir le récit? Plonger dans les moindres détails d’une histoire familial funeste?

Magalie Lépine-Blondeau
Crédit photo : © Yanick Macdonald Suite

Rosas. A Love Supreme

30 janvier 2019

CRITIQUE
DANSE

| Élie Castiel |

★★★★

A Love Supreme
FUSIONNEL NOCTURNE

EN TOUT, 50 MINUTES, peut-être un peu plus. Des danseurs masculins seulement. Ainsi décidé pour cette réécriture de A Love Supreme, datant de 2005. Aujourd’hui, elle rejoint les nouveaux codes du mouvement en ce qui a trait à la danse moderne. Jeux qui ressemblent à des casse-têtes que le spectateur, même le moins avisé dans l’art de la danse, peut se permettre d’entreprendre par la voie du dialogue intérieur.

Une première partie dans un espace libre, aucune musique, chacun des membres du quatuor tâte le terrain, explorant cet espace des possibles, attendant le moment opportun pour que le A Love Supreme de John Coltrane prenne le dessus. Suite

Champion

27 janvier 2019

CRITIQUE
ART LYRIQUE

| Élie Castiel |

★★★ ½

VIVRE SA VIE

NOUS ATTENDIONS CETTE ŒUVRE AVEC IMPATIENCE, d’une part pour prendre le pouls de ce qui se fait aujourd’hui dans le domaine d’un art encore peu connu du grand public, mais également curieux de voir comment un sujet controversé défierait les normes établies par une discipline artistique plutôt (et pas dans le sens péjoratif) conservatrice.

Aubrey Allicock (jeune Emile Griffith)
Crédit photo : © Yves Renaud Suite

The Great Tamer

25 janvier 2019

Critique
DANSE

| Élie Castiel |

★★★★

 L’APOTHÉOSE UTOPIQUE DES MYTHES FONDATEURS

LA GRÈCE SE VEND AUX AUTRES, la population est divisée en ce qui a trait à la Macédoine. Les dérives économiques et, par ce qui en découle, sociales et existentielles, continuent de sévir dans le pays, alimentant certains pays d’Europe et beaucoup moins, l’Amérique.

Dimitris Papaioannou Suite

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