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Indian Horse

12 avril 2018

| PRIMEUR |
Semaine du 13 au 19 avril 2018

Résumé succinct
En 1959, au Canada, Saul grandit auprès de ses parents et de sa grand-mère selon les us et coutumes autochtones ancestraux. Puis, à l’âge de 6 ans, sous le coup des politiques vigoureuses d’assimilation mises en place par le gouvernement fédéral, l’enfant est violemment retiré de son environnement culturel et familial et envoyé de force dans un pensionnat religieux de Saint-Jérôme. Là-bas, il subit des traumatismes majeurs, jusqu’au jour où il se découvre une passion : le hockey.

Sans
COMMENTAIRES

Sortie : vendredi 13 avril 2018
V.o. : français / Version française
Cheval indien

Réalisation
Stephen S. Campanelli

Genre : Chronique historique – Origine : Canada – Année : 2017 – Durée : 1 h 40 – Dist. : Entract Films.

Horaires & info.
@ Cineplex

Classement
Tout public
(Déconseillé aux jeunes enfants)

L’atelier

| PRIMEUR |
Semaine du 13 au 19 avril 2018

Résumé succinct
Des jeunes en insertion doivent rédiger un roman noir avec l’aide d’Olivia, une romancière réputée. Mais Antoine, l’un d’eux ne montre pas d’intérêt pour le sujet à aborder.

Le film de la semaine
| Élie Castiel |

★★★★

Signes évidents de détresse

Les premières images portant sur un jeu vidéo donnent déjà le ton. Palme d’or à Cannes en 2008 pour Entre les murs (Séquences, nº 258, Janvier-Février 2009), Laurent Cantet signe avec L’atelier une œuvre phare de son répertoire, tant par l’originalité du propos que par sa mise en scène rigoureuse, ne privilégiant aucun moment mort, prise entre deux fictions; d’une part, l’atelier d’écriture donné par une romancière réputé à quelques jeunes en insertion, à la Ciotat, au sud de la France. De l’autre, un thriller qui, à un moment, nous laisse croire qu’il n’est qu’une mise en abyme de l’écriture en gestation. Non pas un champ/contrechamp, mais au contraire, une frontalité face au sujet, qui bouge, s’invente, se réinvente et octroie à chaque mots une signification particulière.

Car L’atelier est un film sur la création, sur les frontières entre la fiction et le réel, le fantasmé et le subjectif, entre le public et le privé. Et qui confirme que l’écriture, qu’il s’agisse de romans, de critiques, d’essais… est le rapport entre l’auteur et le monde qu’il se crée, un dialogue intime qui a à voir avec la vie, la folie, le dépassement et plus que tout, la réincarnation du monde.

Entre la beauté lumineuse des lieux et le récit
en gestation, un contraste hallucinant qui,
d’une certaine façon, explique la fin du film
qui rompt abruptement avec le concept de catharsis.

C’est aussi ce qui explique la tension entre Antoine (parfait Matthieu Lucci) et ses camarades (tous des non professionnels, admirables), et l’écrivaine (très efficace Marine Foïs), qui ne sait plus sur quel pied danser. Et c’est là où transparaît la véritable authenticité du film, sa raison d’être. Chez chacun des participants, à travers les idées de fiction qu’ils proposent, une façon de se voir eux-mêmes.

Si L’atelier aborde des sujets actuels comme la radicalisation et les mouvements d’extrême droite, c’est sans trop les souligner. Nous sommes devant un film plus suggestif qu’illustratif, proposant des pistes, mais laissant toutefois aux spectateurs le soin de faire ses propres conclusions.

Entre la beauté lumineuse des lieux et le récit en gestation, un contraste hallucinant qui, d’une certaine façon, explique la fin du film qui rompt abruptement avec le concept de catharsis. Par ailleurs, on soulignera la direction photo de Pierre Milon, par moments, homoérotique, caressant le corps du jeune Lucci comme une statue antique sortie des ondes, en parfait état. Car après tout, L’atelier est aussi un très beau film sur l’ambivalence des êtres, des sentiments et de la raison. Sans oublier qu’à travers les différentes suggestions de récit, se glissent des notions sur les changements sociaux et politiques en France, et tout particulièrement à la Ciotat, jadis ville industrielle.

Aujourd’hui, toujours le même combat, mais pas avec la même passion. Dans un sens, L’atelier est un film triste et bouleversant.

Sortie : vendredi 13 avril 2018
V.o. : français

Réalisation
Laurent Cantet

Genre : Drame – Origine : France – Année : 2017 – Durée : 1 h 53 – Dist. : MK2 | Mile End.

Horaires & info.
@ Cinéma Beaubien

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
(Accès autorisé si accompagnés d’un adulte)

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes]

La promesse de l’aube

| PRIMEUR |
Semaine du 13 au 19 avril 2018

Résumé succinct
Dans les années 1920, Roman Kacew est élevé dans la petite ville polonaise de Wilno par sa mère, Mina, Juive d’origine russe. Lorsque des difficultés financières les poussent à quitter la Pologne, mère et fils s’établissent à Nice. Dotée d’une remarquable force de caractère, Mina parvient à amasser suffisamment d’argent pour faire l’acquisition d’une auberge et, voyant en lui un être d’exception, encourage Roman à développer ses talents.

Critique
| Élie Castiel |

★★★ ½

Tout sur ma mère

Adaptation douce et sincère mais néanmoins parcimonieuse du roman de Romain Gary, La promesse de l’aube a recours au cinéma grand public alors que le réalisateur de l’apprécié Le brasier (1991) tout en proposant une mise en scène soignée où les deux principaux personnages Mina et Roman Kacew (devenu plus tard Romain Gary) poursuivent leur chemin en traversant une Europe dont les soubresauts antisémites se font sentir comme si ça faisait partie du quotidien, guident leur propre destinée avec une foi inébranlable en l’humain.

Le cinéaste ne renouvelle pas le genre, mais
se montre quand même assez adroit pour
éviter les clichés associés à ce type d’entreprise.

Ces souvenirs de Gary sont montrés comme une façon de vivre avec un handicap social, atténué par le caractère à la fois frivole et grandiloquent d’une mère digne, ne jurant que par le succès de son fils, dont elle vit un rapport pseudo-incestueux que Barbier illustre avec un sens inné de la litote, dans les mots, les paroles non dites, les agissements, faire face au cynisme de la société avec un sens de l’humour et du détachement assez particulier.

Cette partie du film est la plus intéressante, sommant le spectateur de s’y pencher davantage pour renouer avec une certaine forme de la biographie filmée. Le cinéaste ne renouvelle pas le genre, mais se montre quand même assez adroit pour éviter les clichés associés à ce type d’entreprise. Et la durée du film, plus de deux heures, ne s’en ressent pas.

Côté interprétation, à l’instar de la version 70 de Jules Dassin, La promesse de l’aube est aussi un film de comédiens. Albert Niney (Romain, adulte) dépasse Assaf Dayan, plus fils de militaire israélien, en l’occurrence Moshe Dayan, qu’acteur ; Charlotte Gainsbourg suit un registre discret tout en jouant la Jewish Mama attirée tout de même par les avantages de la majorité chrétienne (ce qui explique qu’à un moment de sa vie, Gary changera ses convictions religieuses, passant d’un judaïsme menacée à un catholicisme majoritaire et parfois dogmatique) avec aplomb, loin de la fulgurance de Melina Mercouri, confirmant en quelque sorte que le film avait été fait pour elle.

En somme, La promesse de l’aube se voit comme un outil additionnel à la connaissance d’une figure marquante de la littérature française, même si son roman est teinté d’un symbolisme qui fait honneur à son nom et à son statut d’homme de lettres.

Sortie : vendredi 13 avril 2018
V.o. : multilingue ; s.-t.a. & s.-t.f.
Promise at Dawn

Réalisation
Éric Barbier

Genre : Drame biographique – Origine : France – Année : 2017 – Durée : 2 h 10 – Dist. : A-Z Films.

Horaires & info.
@ Cinéma Beaubien – Cineplex

Classement
Tout public
(Déconseillé aux jeunes enfants)

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes]

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