En lumière

Présence autochtone 2017

3 août 2017

Nouvelles de multiples frontières

Comme le signalaient aujourd’hui plusieurs médias, le 2 août est le jour où chaque année, notre planète Terre commence à vivre à crédit puisqu’elle ne peut renouveler ses ressources qui s’épuisent à vitesse grand V. Dans ce contexte, le 21e Festival Présence Autochtone arrive à point nommé pour nous montrer d’autres arts de vivre dans cet environnement.

Texte : Luc Chaput

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The Story of 90 Coins

17 juillet 2017

The Story of 90 Coins

Michael Wong (à gauche) ; moment de tournage (à droite)

HORS-SÉRIE /
CRITIQUE
Texte : Élie Castiel

★★★★ 

PROMESSE SOUS LA PLUIE

Nous profitons de la tenue de Fantasia, pour parler du court métrage d’un jeune cinéaste chinois qui nous avait envoyé un lien de son premier court métrage il y a de cela quelques mois. Un film qui, bizarrement, dans un pays qui ne cesse de remettre en question et innove constamment les images en mouvement, rompt avec le cinéma de genre, fort abordé, mais demeure, par sa franchise, d’une haute tenue artistique et conceptuelle.

FILM COMPLET
(Nos remerciements au réalisateur)

Effectivement, The Story of 90 Coins évite farouchement le film de genre normalement attribué aux jeunes cinéastes chinois qui débutent, optant plutôt pour un romantisme inconditionnel proche d’un certain cinéma grand public raffiné et bien intentionné. Acte de bravoure qui, en effet, situe ce jeune réalisateur prometteur dans le rang d’une nouvelle génération de réalisateurs (et ils ne doivent pas être trop nombreux) qui méritent tout de même un certain respect puisqu’ils refusent, on l’observe nettement bien, et catégoriquement, de rejeter les modèles des anciens.

The Story of 90 Coins_01

Sur ce point, Zhang Yimou (et pourquoi pas Jean Negulesco) ne sont pas très loin, sans doute dans ce qu’ils possèdent, notamment dans leurs premiers films, de resplendissant, de leurs rapports harmonieux aux personnages, de leurs petites nuances cachées qu’il nous faut deviner. Mais il y a déjà chez Wong une maîtrise qui consiste à souligner sa franchise, son savoir-faire technique, son rapport au plan, le côté ensoleillé des images et une structure d’ensemble nette.

Une histoire romantique, et pourquoi pas ? Le récit d’une
promesse. Oui, « promesse », mot tabou de nos jours, mais
que Wong ose remettre aux goût du jour comme si pour
reconstruire le monde, il aurait fallu revenir en arrière.

Si The Story of 90 Coins est simple dans son schéma narratif, il n’en demeure pas moins que ce premier court métrage, premier film pour ainsi dire, se savoure grâce à sa prise de position intellectuelle, évitant le politique (ce choix, on le respecte) : ne pas succomber aux lois technologiques ridiges d’un présent trop pressant pour les jeunes cinéastes, assumer entièrement sa vision du cinéma, oser transgresser le cinéma d’auteur en le déconstruisant ; c’est-à-dire en le confrontant à ses propres fantasmes et codes établis. Car le film est avant tout un dialogue (parfois gentiment pervers) entre le cinéma grand public et celui d’auteur.

Ce qui est vrai, c’est que tout en conservant son
originalité, détourner astucieusement le concensus
actuel du cinéma d’auteur est toujours possible.

Une histoire romantique, et pourquoi pas ? Le récit d’une promesse. Oui, « promesse », mot tabou de nos jours, mais que Wong ose remettre aux goût du jour comme si pour reconstruire le monde, il aurait fallu revenir en arrière. Avec The Story of 90 Coins, titre on ne peut plus empreint de nostalgie et de mélancolie, nous sommes devant trois comédiens irréprochables : ils croient au projet, se lancent dans une sorte de mise en abyme entre la vraie vie, celle hors du film, de son cadre, et l’univers de la caméra. Comme chez les comédiens d’autres générations.

The Story of 90 Coins_02

Impossible de voir la différence, et c’est là le petit tour magique que nous offre Michael Wong, un film-hommage réussi à un cinéma d’hier. Il  faudra que dans ses prochains essais, il s’accorde à ce 21e siècle qui a, cinématographiquement parlant, énormément de choses à lui offrir. Il ne tient qu’à lui de faire des choix pour un premier long métrage, mais sans que son honnêteté, son humanité contagieuse et sa passion du cinéma n’en souffrent. Ce qui est vrai, c’est que tout en conservant son originalité, détourner astucieusement le concensus actuel du cinéma d’auteur est toujours possible.

Titre original : JIUSHI MEI YINGBI DE GUSHIOrigine : Chine – Année : 2015 – Durée : 9 min. 23  sec. – Scén. : Gao Xiaofei – Idée : Jackie Bai – Images : Jian Liwei – Mont. :  Song Kaiyi – Son : An Wei – Mus. : An Wei – Int. : Jose Acosta (Andre), Han Dongjun (Wang Yuyan), Zhuang Zhiqi (Chen Wen) – Prod. : Liu Yunsong – Contact : E&T Films.

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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Festival du cinéma israélien de Montréal

26 juin 2017

ÉVÉNEMENT

NOUVEAUX COURANTS
ÉLIE CASTIEL

Je dois avouer que j’hésitais avant commenter sur la 12e édition du Festival du cinéma israélien de Montréal, tenu du 4 au 15 juin dernier. L’acrréditation, je l’ai reçue de justesse. Un oubli, m’a-t-on dit, alors qu’une des personnes en question porte le même nom de famille que moi !? Voici donc pour la petite histoire.

Par contre, nous avons eu droit à une belle programmation, versatile, dynamique, surtout « ouverte d’esprit », situant le cinéma israélien dans une mouvance mondiale où Est et Ouest se donnent la main comme par miracle. Israël, sans doute le pays du Moyen-Orien le plus occidentalisé, conserve cependant des caractéristiques orientales qu’il mêle aux principes de l’Occident, formant une double appartenance aussi limpide que bienvenue.

Des 13 films proposés, quelques uns ont su retenir notre attention. Pour leur courage à aborder des sujets controversés (chose que le cinéma israélien fait déjà depuis une ou même deux décennies), pour le ouverture au monde, pour les rapports embigus envers les Palestiniens, mais surtout pour finalement situer l’individu israélien dans une perspective mondiale, comme un citoyen du monde, en soulignant à gros traits un sujet autrefois tabou, la sexualité, y compris l’homosexualité.

Notre père

Notre père

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Stalker

2 juin 2017

RÉFLEXION /
FILM
Texte : Guillaume Potvin

RETOUR À LA ZONE

 Près de 40 ans se sont écoulés depuis la sortie du dernier film d’Andrei Tarkovsky en sa terre natale. Malgré le temps et la distance qui nous séparent de l’ère de stagnation de l’Union soviétique, Stalker n’a pas perdu une once de sa puissance : sa pertinence se renouvelle à chaque incursion qu’on fait dans son espace-temps déstabilisant. À l’occasion de sa restauration 2K, chaque soir du 2 au 8 juin au Cinéma du Parc, un portail s’ouvrira le temps de laisser entrer nouveaux visiteurs et stalkers aguerris vers un territoire mystérieux où plus rien n’est certain.

N’entre pas qui veut dans ce territoire qu’on appelle la Zone : son périmètre est fortifié et gardé par les autorités. On dit que depuis qu’une météorite y est tombée il y a de ça plusieurs années, des phénomènes qui dépassent l’entendement s’y produisent. On raconte même qu’il y a, quelque part au cœur de la Zone, une pièce qui exauce le souhait de celui qui y entre. Dit-on vrai ? Où s’agit-il de rumeurs superstitieuses ?

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La Zone : On dit que depuis qu’une météorite y est tombée il y a de ça plusieurs années, des phénomènes qui dépassent l’entendement s’y produisent

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Festival de Cannes 2017 / Prise II

27 mai 2017

ÉVÉNEMENT
Texte : Pierre Pageau
(Délégué-Séquences à Cannes)

L’ANNÉE DE BIENS DES DÉCEPTIONS

Une des belles occasions qu’offre Cannes est celle de discuter avec des journalistes du monde entier. Soit , la plupart du temps dans la langue de Shakespeare, aujourd’hui devenue la lingua franca (langue véhiculaire), une composante étrange de notre monde contemporain. Si les Hexagonaux s’y prêtent à ce jeu linguistique, pourquoi pas nous ?

Or, de l’avis d’amis de la Norvège, de l’Allemagne, de la France, du Brésil et d’autres parties du monde, nous devons conclure que l’année 2017 aura été celle de biens des déceptions du côté de la Compétition officielle. J’aurai l’occasion d’y revenir plus en détails dans des textes sur des films précis dans la revue imprimée.

Tesnota

Tesnota

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Les 3 Magaly

23 mai 2017

moyen métrage
CRITIQUE
★★★★
Texte : Élie Castiel

BRISER LE SILENCE

Quelque chose de sensiblement attachant, sans doute par la forme employée par Frédéric Julien,  émane de ces 3 Magaly, 3 femmes, dont une fillette, en quête d’identité communautaire, trois femmes autochtones d’une Bolivie multiraciale où les propriétaires terriens blancs n’ont pas totalement réussi à éradiquer une Première nation aux valeurs et aux traditions ancestrales tout à fait légitimes, qui font la grandeur non seulement du pays, mais surtout du continent latino-américain.

Les 3 Magaly (03)

Un territoire de vie plausible, dynamique, vivable – © Frédéric Julien

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Frédéric Julien

TÊTE À TÊTE /
questions et transcription
Élie Castiel

« À TRAVERS LE CINÉMA, ON PEUT SE PERMETTRE,
SANS PARLER, DE PARLER DE SUJETS TABOUS,
ESSENTIELLEMENT PAR LES IMAGES. TOUT EST LÀ »

Comme enseignant, il a donné des cours au Gégep de la Gaspésie et des Îles (Campus de Gaspé). Son nom : Frédéric Julien. Professionnellement, au cinéma, il a coscénarisé Sur les traces d’Arthur, le documentaire de Saël Lacroix. En solo, il sort Les 3 Magaly, son premier documentaire de moyen métrage, présenté à la Cinémathèque québécoise. Séquences l’a rencontré, question qu’il nous parle un peu de son parcours.

Les 3 Magaly_Photo de tournage

Photo de tournage / © Stiff Pizarre

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