En lumière

Another Brick in the Wall

12 mars 2017

OPÉRA
★★★★★
Texte : Élie Castiel

LES MURS QUI NOUS DIVISENT

Allons tout de go : le 375e anniversaire de la ville de Montréal commence magistralement avec un objet rarissime dans le monde moderne de l’opéra, Another Brick in the Wall, d’après The Wall écrit en 1979 et dont on se souvriendra de la surréaliste adaptation cinématographique d’Alan Parker, Pink Floyd: The Wall (1982). Car le British Cinema des années 80 est également présent, en filigrane que les cinéphiles voudront découvrir, surtout au niveau des décors et des dispositifs vidéo.

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© Yves Renaud

Suite

Michel Buruiană| 1953-2017

24 février 2017

HOMMAGE POSTHUME
Élie Castiel
Rédacteur en chef

Michel Buruiana

© Pagine Româneşti

VISSI D’ARTE

Une grande perte. Car dans le milieu du cinéma, la carrière artistique de Michel Buruiană s’étale sur plusieurs décennies, marquées, comme c’est le cas de tous ceux et celles qui y font partie, de hauts et de bas, mais pour lui, dans son for intérieur, plutôt de hauts. Car Michel était un rêveur, qui parfois, par miracle, par intuition, par instinct, ou par n’importe quelle autre raison du destin ou de la chance, parvenait à réaliser ses rêves les plus fous. Suite

5 activités à ne pas manquer aux RVCQ cette année

19 février 2017

CINÉMA /
ÉVÉNEMENT

Texte : Charles-Henri Ramond

RVCQ 2017

En plus de l’important corpus de films sortis en salles l’an dernier et des nombreuses primeurs documentaires, une trentaine d’événements festifs ou réflexifs vous seront proposés durant ces dix jours dédiés à notre 7e art.

Pour vous guider dans l’imposant programme, voici cinq suggestions d’événements à ne pas manquer pour découvrir le cinéma québécois autrement que par l’image. Assurément, le stock de cette 35e édition des Rendez-vous du cinéma québécois s’annonce plus que bon! Suite

Festival international du film de Rotterdam

7 février 2017

CINÉMA /
ÉVÉNEMENT
Texte : Maxime Labrecque

TOP 5 DES CINÉASTES À SURVEILLER

Récemment, lors de mon passage au International Film Festival of Rotterdam (IFFR), j’ai eu le plaisir de siéger au jury FIPRESCI dont la mission était de remettre un prix dans la catégorie Bright Future. Parmi les 19 premières mondiales de cette sélection – qui regroupe des premiers ou seconds longs métrages – nous vous proposons une liste de 5 films à voir et, par conséquent, autant de réalisatrices et de réalisateurs dont la carrière est à surveiller de près. Des œuvres prometteuses qui démontrent déjà une maîtrise du médium cinématographique et qui n’ont rien à envier aux grands maîtres.  Suite

Invisible

9 janvier 2017

CRITIQUE-Web
★★★ ½
Texte : Élie Castiel

GRÈCE, MÈRE BLAFARDE

Cinéaste du début des années 1990, Dimitris Athanitis se situe dans la mouvance d’un certain cinéma grec en pleine évolution, suscitant la curiosité bien fondée des festivals internationaux, notamment européens. Avec 2000 + 1 Shots (2000 + 1 stigmés) en 2000 et Three Days Happiness (Trís méres eftyhías) en 2012, sans compter d’autres longs et quelques courts métrages signés dans les années 90, le réalisateur confirme déjà son argumentation narrative, explorant les thèmes de la solitude dans une urbanité tentaculaire, voire même glauque qui ne donne aucun répit au citoyen.

Avec le recul, on s’aperçoit qu’il s’agit aussi d’un cinéma annonciateur de la crise existentielle, économique et sociale d’une Grèce laissée à elle-même, à l’abandon. Avec Invisible (Aóratos), il brosse en quelque sorte le portrait d’un homme en crise comme il l’avait fait avec 2000 + 1 Shots ; ici, l’individu n’est plus maître de lui, il est perdu dans la cité, victime d’une crise économique sans merci, licencié d’une usine sans préavis, divorcé de sa femme qui, en apprenant sa débâcle, semble s’en ficher.

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Christos Benetsis et Yannis Stankoglou

Suite

SFashion

28 décembre 2016

CRITIQUE-Web
★★★★
Texte : Élie Castiel

LE DÉCLIN DISCRET DE LA BOURGEOISIE

Il nous bien permis d’affirmer que, dans le cinéma transalpin, Mauro John Capece demeure une énigme, pas exactement une ambiguïté cinématographique, loin de là, mais un cinéaste agréablement étrange et difficile à déchiffrer si on commet l’erreur de ne pas prêter attention à la gestation de ses films. Réalisateur, fin connaisseur en mises en scène et en productions numériques, pionnier d’un cinéma indépendant hors des institutions, Capece touche à tout ce qui a trait aux images en mouvement, s’installant dans l’ère du temps avec un enthousiasme aussi délirant que ses films, dont on a vu il y a quelque temps La scultura (2015) au Festival des films du monde de Montréal.

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Corinna Coroneo et Giacinto Palmarini : une complicité harmonieuse

Cinéaste-auteur habitué aux manifestations cinématographiques plus qu’au parc des salles, son approche rallie allègrement proposition narrative et engagement formel, une de ses caractéristiques dont il s’est fait une spécialité. Récit linéaire et motifs expérimentaux, dont une tendance vers l’architecture des espaces concrets et extérieurs, se juxtaposent souvent avec acharnement, se libèrent de tout attachement aux codes standardisés et, mine de rien, se présentent en fin de compte comme des objets filmiques lumineux et hautement discursifs.

Malgré les inconvéniens et nombreux obstacles d’organisation constatés au dernier Festival des films du monde, SFashion, son tout dernier opus, a quand même été présenté. Je l’ai rencontré lors d’une réception. Capece était accompagné de Corinna Coroneo, actrice principale, sorte de muse du réalisateur, présente dans ses trois derniers films. À bien y penser, on peut imaginer que le choix de cette actrice n’est pas une coïncidence, mais fort probablement une idée fixe de Capece, comme s’il s’agissait d’avoir discrètement subtiliser une de ces magnifiques mosaïques de la Rome antique représentant un corps féminin.

Et puis SFashion, dont le titre original éclaire beaucoup plus sur la narration (SFashion – La neoborghese Via Crucis, autrement dit « chemin de croix de la nouvelle bourgeoise », titre on ne peut plus politique situant Pece dans le cercle de ces cinéastes qui, au-delà de leur approche filmique, tente de discourir sur l’état du monde.

La crise financière de 2008 était-elle une invention totalement complotée par le milieu banquier ou plutôt une des conséquences de la mondialisation ? Question tout à fait abstraite à laquelle le réalisateur tente de répondre par le récit d’une chef d’entreprise de mode, établissement hérité de son grand-père, à qui elle voue une admiration sans bornes.

La crise a atteint des classes sociales autrefois invulnérables. Désormais,l’argent doit être utilisé à des besoins urgents. Entre réalités économiques et pensées macabres, Evelyn (c’est le nom de l’héroïne) est un personnage qui permet au cinéaste de parfaire son discours, entretenant entre la subjectivité, l’objectivité et l’art de la représentation une proposition esthétique audacieuse, parfois volontairement alambiquée, mais toujours porteuse d’intéressants motifs qui confirment, de plan en plan, son propre cinéma. C’était déjà le cas dans La scultura, là où l’érotisme prenait plus de place, devenant en quelque sorte un personnage à part, montrant de plan en plan sa propre évolution.

Ici, Freud et ses théories sont au rendez-vous. L’indiscrète et omniprésente caméra de Giulio Bastioni, autrefois chef électricien dans plus de cinquante-cinq productions, signe ici sa première direction photo. Habile, caressant le mouvement des espaces, aussi linéaires que sinueux, notamment intérieurs, il entretient entre eux et les personnages des liens tantôt sereins et souvent pervers. Il y a dans sa prise des images une sensualité envoûtante, extrovertie, presque abstraite, au diapason des protagonistes.

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L’olivier  n’est que le double alter-ego, celui d’Evelyn et de son grand-père, autre pièce d’un puzzle cinématographique qui nécessite quelque chose de rare aujourd’hui : notre totale adhésion.

Après une première partie où les épreuves du licenciement de nombreux employés sont montrées objectivement, sans aspérités, Capece se permet une pause esthétique où Evelyn, devenue un Jésus au féminin, souffre le martyre du chemin de croix et de la crucifixion. Cette séquence audacieuse pourrait entraîner l’ire des organismes religieux, dont le Vatican en premier. Mais à chacun de l’interpréter à sa façon. L’hommage aux maîtres du surréalisme pictural et cinématographique est éloquent, et l’admiration de Capece est tout à fait évidente.

SFashion est peuplé de personnages qui semblent prisonniers d’un monde (l’entreprise de mode) en déclin, un microcosme où le superficiel est en voie de disparition ; et lorsque les principaux entrepreneurs en sont conscients, cet espace privé et autrefois prisé tombe en ruine.

Si la crise économique a engendré le déclin d’une certaine classe bourgeoise en Italie, on ne peut que le regretter ; tout simplement parce qu’à travers les films de cinéastes tel qu’Antonioni, Fellini, Scola et autres poètes italiens qui ont su brosser le portrait satirique ou critique de cette classe privilégiée, c’est à l’âge d’or du cinéma italien et à ses œuvres inoubliables que nous avons été les heureux témoins. Mauro John Capece s’en est sans doute inspiré.

La grande surprise du film, c’est la présence magnétique de Giacinto Palmarini (Bartolomeo), dont la carrière théâtrale est parsemée de succès. Son intériorité émeut, sa présence charismatique ne laisse pas indifférent et, somme toute, permet à Corinna Coroneo de briller dans ses meilleurs moments, des passages de complicité harmonieuse qui transforment l’actrice en égérie souveraine, tout comme si, consciemment et sans doute par foi, elle attribuait au plan et à son intériorité une nouvelle et sublime signification.

Film quasi inclassable que SFashion, mais tout aussi passionnant par les questions qu’il pose autant sur le cinéma que sur le monde et les rapports entre l’argent, l’art et la création. Et l’olivier (l’arbre que l’héroïne prénomme « Antoine »), n’est que le double alter-ego, celui d’Evelyn et de son grand-père, autre pièce d’un puzzle cinématographique qui nécessite quelque chose de rare aujourd’hui : notre totale adhésion.

Si la crise économique a engendré le déclin d’une certaine classe bourgeoise en Italie, on ne peut que le regretter ; tout simplement parce qu’à travers les films de cinéastes tel qu’Antonioni, Fellini, Scola et autres poètes italiens qui ont su brosser le portrait satirique ou critique de cette classe privilégiée, c’est à l’âge d’or du cinéma italien et à ses œuvres inoubliables que nous avons été les heureux témoins. Mauro John Capece s’en est sans doute inspiré.

SFASHION : LA NEOBORGHESE VIA CRUCIS  | Origine : Italie – Année : 2016 – Durée : 1 h 39 – Réal. : Mauro John Capece – Scén. : Mauro John Capece, Corinna Coroneo – Images : Giulio Bastioni – Mont. : Francesca Pasquaretta – Mus. : India Czajkowska –  Son : Fabrizio Quadroli, Andrea Massi – Int. :  Corinna Coroneo (Evelyn), Giacinto Palmarini (Bartolomeo), Randal Paul (Mr. Cunningham), Andrea Dugoni (Stefano, ex-mari d’Evelyn), Denis Bachetti (styliste), ainsi que Mara D’Alessandro, Elvezio Rosati, Gabriele Silvestrini, Cristina Botteon – Prod. : Giuseppe Lepore.

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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Rétrospective Kamal Aljafari

28 novembre 2016

ÉVÈNEMENT
Texte : Luc Chaput

SOUVENIRS DANS LES
ANFRACTUOSITÉS DE LA PELLICULE

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Kamal Aljafari

Un chanteur israélien  se promène, dans un quartier vieillot, entonnant une chanson dans laquelle  il se remémore certains moments de sa vie. Sur ces mêmes rues et ruelles, le réalisateur palestinien Kamal Ajafari insère en alternance des  images de son oncle Salim déambulant dans ce  quartier de Jaffa où il a toujours vécu et que certains responsables du cinéma israélien ont réemployé à d’autres fins. C’est par cette revisite de ces lieux familiaux et familiers que ce cinéaste se réapproprie  les images de son histoire et de son peuple. Une rétrospective de ses œuvres aura lieu les jours prochains à la Cinémathèque québécoise et dans d’autres institutions montréalaises. Suite

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