Billet

Affaire de chiffre$

23 novembre 2012

UNE HISTOIRE INVENTÉE

Une nouvelle polémique sur la présumée non rentabilité du cinéma québécois a fait surface la semaine dernière dans les colonnes des quotidiens, mettant une nouvelle fois sur la sellette l’épineuse question de son financement et de son cinéma d’auteur. Cette remise en question resurgit alors qu’il est à peu près certain que les parts de marché québécoises de l’année 2012 se situeront à un niveau très bas (entre 4 et 5% environ), du jamais vu lors de ces dix dernières années.

L’avis exprimé par Messieurs Guy Gagnon (ancien responsable d’une importante compagnie de distribution) et Vincent Guzzo (président de l’Association des propriétaires de cinéma du Québec)1 est hélas loin d’être un avis isolé à l’intérieur et en dehors de la profession. Devant les propos démagogiques et injustifiés tenus par ces commerçants, les réactions, véhémentes2 ou plus posées3, ne se firent pas attendre et ont tenté de remettre les pendules à l’heure.

« ... une cinématographie nationale diversifiée peut exister au Québec... »

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À propos du « blogue »

22 septembre 2012

REPRENONS NOTRE SOUFFLE …

>> Élie Castiel

Le 7 septembre 2012, Sylvain Lavallée signait son dernier blogue à paraître sur le site. Le titre, Naissance du cinéphile, est d’autant plus significatif et pertinent qu’il laisse entendre que la cinéphilie est un art intime, un mouvement artistique de l’esprit qu’on ne cesse de cultiver et de nourrir, en lisant régulièrement des écrits sur le cinéma et sur d’autres arts connexes (littérature, histoire, livres sur la peintures, philosophie…), ces afférents qui déterminent parfois la structure d’un film.

Mais c’est aussi un rapport au cinéma qu’on apprivoise au hasard des rencontres avec des cinéastes qui, par leurs regards, convoquent notre imaginaire et nous éclairent sur la vie et sur le monde. Et surtout parce qu’ils nous font réagir aux images en mouvement qu’ils créent et que d’une certaine façon, ne sont que le miroir tendre et cruel, obsédant et désorientant, explicite et désordonné et pourquoi pas sublime et audacieusement transparent des contraditions et des certitudes de la condition humaine.

Pour des raisons uniquement personnelles, Sylvain Lavallée a décidé d’abandonner le blogue. Si l’on se fie à ses propres mots « … je quitte, mais ce n’est pas la fin de ce blogue, alors continuez de surveiller ces eaux virtuelles, il en resurgira bientôt sous une nouvelle forme… », il n’est pas imprudent d’espérer qu’il reviendra en force plus tôt que prévu, mais pas dans notre site.

Nous remercions Sylvain pour tout ce temps consacré à rédiger des textes de réflexion courageux, personnels, d’une grande rigueur intellectuelle, faisant foi d’une excellente connaissance du médium cinématographique et de ses liens avec d’autres moyens d’expression. Le blogue, tel que nous l’avons connu, va nous manquer. Nous aurons cependant la possibilité de continuer à lire Lavallée dans la revue papier, qu’il n’a pas l’intention de quitter.

Mais avec son espace virtuel, Sylvain Lavallée nous a appris à voir le cinéma autrement. Je suis convaincu que les lecteurs n’étaient pas toujours d’accord avec telle ou telle opinion sur tel ou tel sujet. Mais c’est là la force des blogues, véritables instruments de discussion, de débats et surtout d’échanges et de découvertes sur les différents plateformes de l’expérience cinématographique.

Entre-temps, qu’en sera-t-il du blogue ? Pour l’instant, il fera une pause, le temps que nous trouvions une autre plume originale, limpide, accessible, intelligente et surtout curieuse. Bientôt, nous l’espérons, nous serons en mesure de remplir cette lacune. En attendant, nous ferons de notre mieux pour fournir le site de textes originaux. La section Primeurs, exemple parmi d’autres, contient des critiques sur quelques-uns des nouveaux films à l’affiche chaque semaine. Et il arrive aussi que certaines semaines nous font découvrir des cinéastes prometteurs ou nous confirment que des réalisateurs affranchis continuent leur beau travail. Comme c’est le cas d’Alexandre Sokourov, dont son excellent Faust sort justement aujourd’hui.

[Pause estivale]

12 juillet 2012

Centre d’archives publicitaires

30 juin 2012

CHANGEMENT DE CAP À L’HORIZON

>>  Élie Castiel

Les principaux médias l’ont rapporté : la Cinémathèque québécoise doit se serrer la ceinture pour pouvoir survivre. Couper un peu partout, revoir ses politiques de gestion, réfléchir sur sa mission, épargner, sans doute consolider. L’une des victimes de cette cure d’amaigrissement sera le Centre d’archives publicitaires (CAP) qui aura jusqu’à la fin du mois d’août pour mettre en boîtes tout ce qu’il possède comme documents (cassettes, DVD, disques durs, et autre matériel de conservation). Les locaux sont présentement situés à Boucherville, sur la Rive-Sud de Montréal et jouissent d’une entente verbale avec la Cinémathèque. Mais les choses vont changer.

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Hommage à la Nikkatsu Corporation

15 juin 2012

CONVERGENCES INTIMES

>>  Élie Castiel

Par voie de point de presse et de communiqué, on nous annonçait la semaine dernière que le duo FNC (Festival du nouveau cinéma de Montréal) et Fantasia (Festival international de films Fantasia) unissent leurs forces pour rendre hommage à la célèbre boîte de distribution nippone, la Nikkatsu Corporation, qui fête son 100e anniversaire. Dix décennies témoins de multiples transformations cinématographiques. À l’aube des années 1970, la Nikkatsu se spécialise dans le cinéma à « sensations fortes » (sic). La tendance se maintient au cours des années 1980, alors que le « roman porno » fait son apparition et assure sa place auprès d’un public de plus en plus large. Les thèmes de prédilection, dont la violence, le sadomasochisme et le romantisme connaissent leurs heures de gloire et influencent en quelque sorte un certain cinéma occidental qui bénéficiera de sa reconnaissance grâce au mouvement psychotronique et à l’émergence d’un circuit marginal revendiqué par une grande partie de la critique. Par la même occasion, la Nikkatsu favorise l’émergence de nouveaux talents qui ont pour nom, entre autres, Tatsumi Kumashiro, Masaru Konuma et Chusei Sone.

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La politique des images

1er juin 2012

ENGORGEMENTS

>>  Élie Castiel

En moyenne, on compte chaque semaine une dizaine de nouveaux films qui prennent l’affiche à Montréal, regroupant pour ainsi dire ceux destinés au grand public et les autres conçus pour un groupe de spectateurs plus sophistiqués. Si l’on tient compte que les deux catégories sont de plus en plus intégrées dans notre système de valeurs, force est de souligner que cette manne cinématographique nous submerge inlassablement, envahit notre quotidien de cinéphile (ou de critique), et cela sans tenir compte des événements cinématographiques ponctuels qui, eux aussi, s’accaparent de nos temps libres et nous compliquent parfois la vie.

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Médias

17 mai 2012

DÉSÉQUILIBRE

>>  Élie Castiel

Dans La Presse de vendredi dernier, soit celle du 18 mai 2012, un article signé André Duchesne rapportait une nouvelle fort inquiétante concernant les médias œuvrant dans le domaine du cinéma, et plus particulièrement ceux présents au festival de Cannes. L’affaire en question : la mise en place par un distributeur canadien d’un système de paiement pour pouvoir interviewer des vedettes importantes dans le cadre du plus important événement cinématographique au monde. Nous ne reviendrons pas sur ce texte fort révélateur et pertinent révélant au grand jour une pratique à peine naissante que nous souhaitons, finira par avorter, mais plutôt nous concentrer sur une remarque de Bryan Miles, président de la FPJQ (Fédération professionnelle des journalistes du Québec) dont Duchesne fait écho : «… il y a un principe simple voulant que nous n’ayons pas à payer pour avoir accès à de l’information. Si les médias commencent à embarquer dans ce jeu, on va se retrouver un jour où seuls les plus gros auront accès aux célébrités… »

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Subventions

6 mai 2012

OÙ VA L’ARGENT ?

Nous apprenons des choses par le biais des quotidiens, par Internet, grâce aussi aux bouche à oreille que nous recueillons. Avec tant de médias, aujourd’hui, sur le marché, versions virtuelles comprises, il est impossible que notre revue soit inscrite dans la liste des médias de tous les organismes, d’autant plus que souvent les communiqués de presse ne sont pas liés tout à fait directement au cinéma. Ce qui nous oblige de plus en plus à rester coincés devant notre PC pour nous assurer que nous sommes à jour. Ceci dit, arrêtons de nous plaindre et faisons le point sur deux nouvelles qui nous interpellent.

>> Élie Castiel

LES SUMMUM DE TOUS LES PLAISIRS
Avant de nous prononcer, et comme il se doit, nous avons naviguer un peu partout autour des sites Summum – Le magazine Nº 1 pour hommes au Québec et de Summum Girls, pour nous assurer que nous ne déverserons pas des protestations juste par pur plaisir ou par provocation. La raison : l’octroi par Patrimoine canadien d’une subvention de 200 000 $ à ces magazines. Le lien en question (voir ici) cite l’ex-députée bloquiste Christiane Gagnon selon qui « … c’est honteux de voir qu’on trouve 200 000 $ pour publier ce type de revue-là, qui devrait plutôt relever de l’entreprise privée, quand il y a des organismes communautaires qui veulent aider les femmes à se sortir de la prostitution, entre autres, et qui ont besoin justement des ressources. » Mme Gagnon signe en tant que présidente du conseil d’administration de la Maison Marthe, organisme qui vient en aide aux femmes prostituées, entre autres.

L’argent… où va-t-il ?

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Coupures dans le domaine de la culture et du cinéma

19 avril 2012

TERRAIN GLISSANT…  LA CULTURE EN DANGER

>>  Élie Castiel

La culture est toujours la première cible lorsqu’il y a crise budgétaire au sein des gouvernements. Côté pratique, c’est tout à fait normal puisque les autres domaines d’intervention comme la santé et l’éducation paraissent et sont en fin de compte plus urgents, même si en ce qui a trait à l’accès démocratique aux études, tout n’est pas rose en ce moment au Québec, comme on peut s’en rendre compte depuis déjà quelques semaines.

Les principaux organismes fixés en rapport avec la culture fédérale (si elle existe) sont ceux qui sont les plus nécessaires au bon fonctionnement et au rayonnement du bagage de connaissances québécois et canadien ici et à l’étranger : la Société Radio-Canada, Téléfilm Canada et l’Office national du film de Canada, auxquels le gouvernement fédéral impose des coupures budgétaires de 10%  les obligeant à modifier, voire réduire, leurs infrastructures.

Les subventions, quels que soient les domaines auxquels elles sont accordées, proviennent, nous sommes tous d’accord, des deniers publics et sur ce point, le gouvernement doit faire des choix. Mais nous devons nous opposer catégoriquement lorsque les décisions sont prises arbitrairement, sans consultations. Cela se passe depuis deux mois avec les étudiants. Ce n’est que récemment que le gouvernement commence à réagir, et pas aussi sérieusement qu’on l’aurait voulu.

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Les écarts de conduite de la VPF

9 mars 2012

ÊTRE … OU DISPARAÎTRE

>>  Élie Castiel

Cette semaine, le Regroupement des distributeurs indépendants de films du Québec1 nous a fait parvenir un communiqué se rapportant au passage des salles de cinéma au support numérique, au mode de financement des équipements appropriés et aux conséquences que ce phénomène impose sur l’avenir du cinéma et des distributeurs.

Le cinéma d'auteur ... être ou disparaître

Avec l’appui d’un intégrateur ayant pour tâche de collecter les frais de copies virtuelles (VPF : Virtual Print Fee) de la part de tous les distributeurs qui le désirent, plusieurs exploitants de salles du Québec font financer leur équipement numérique. Les VPF servent à rembourser l’investissement des équipements. Par conquéquent, l’exploitant cède à l’intégrateur le droit d’autoriser un distributeur à présenter un film sur grand écran.

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