27 janvier 2012
L’émotion est une agitation passagère qui parfois nous empêche de trouver des mots pour exprimer notre désarroi, notre peine et notre rage devant la perte soudaine d’un être qui faisait partie de notre vécu intellectuel. Mais arrive un moment où l’esprit nous revient, et c’est justement à ce moment-là que nous devons dire notre pensée, pour ne pas oublier, pour nous convaincre que l’héritage du disparu continue d’être une source d’inspiration. Figure de proue du cinéma grec, voire même internatioal, Theo Angelopoulos laisse cependant un vide difficile à combler.

Theo Angelopoulos
13 janvier 2012
Nous avons demandé aux rédacteurs de la revue d’établir la liste de leurs meilleurs films québécois et internationaux de l’année écoulée, jusqu’à concurrence de cinq titres par catégorie. La plupart ont répondu à l’appel. Ce qui en résulte est parfois surprenant et démontre jusqu’à quel point le regard jeté sur l’écran demeure une quête subjective qui se base essentiellement sur un rapport singulier avec le réel et le fictif. Et bien plus encore, que l’objectivité ne peut se rapporter qu’à des éléments spécifiques dans la construction d’une image en mouvement. Si le plan est une affaire de morale, en matière de cinéma chaque individu bâtit sa propre éthique. Celle-ci se forge à partir de sa connaissance de la matière, de son expérience de vie, de sa culture et surtout et avant tout de son rapport en monde.
En territoire québécois, trois films s’imposent : Monsieur Lazhar (13 voix) de Philippe Falardeau, suivi du Sébastien Pilote, Le Vendeur (11 voix) et de Nuit #1 (9 voix) d’Anne Émond. De facture classique, le Falardeau favorise, entre autres, la remarquable direction d’acteurs et le refus catégorique de pathos et de sensationnalisme; le Pilote demeure la preuve tangible comme quoi le nouveau cinéma québécois s’organise autour du style, donnant aux plans une valeur symbolique et cathartique, lançant du même coup le débat sur l’espace filmé, selon lequel tourner en région n’est pas seulement un choix personnel, mais une nécessité politique. Quant au Émond, il se démarque par la brillante mise en scène d’un huis clos amoureux filmé avec une rigueur judicieusement déontologique.
Côté international, nous avons droit à un éventail plus complexe. Ici, les choix sont plus personnels même si certains titres évidents se retrouvent d’une liste à l’autre. C’est le cas de l’aérienne et en même temps terrienne ode à la vie de Terrence Malick, The Tree of Life, grand gagnant avec 11 voix. Il précède l’iconoclaste Shame (6 voix) de Steve McQueen et le viscéral et impeccable Copie conforme (5 voix) d’Abbas Kiarostami. >> Élie Castiel
23 décembre 2011
>> Élie Castiel
Rédacteur en chef
Cette semaine, nous recevions un communiqué de presse plutôt troublant émanant de l’ARRQ (Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec). Dans ses décisions rendues publiques, la SODEC a décidé de financer un film avant même qu’un réalisateur soit confirmé. L’organisme gouvernemental accorde en effet une subvention au film Les Boys, le premier chapitre, scénarisé par Richard Goudreau, produit par sa propre maison de production (Melenny Productions), et distribué par les Films Séville.

«Les Boys, le premier chapitre», en voie de production
21 octobre 2011
>> Élie Castiel
Dans notre billet du 25 février, nous faisions état de notre indignation en rapport avec l’incarcération de Jafar Panahi. Aujourd’hui, des mois plus tard, la saga judiciaire continue. La cour d’appel iranienne vient de confirmer la sentence du cinéaste : 6 ans de prison et 20 ans d’interdiction de tourner des films. C’est clair, cela signifie tout simplement que Panahi met fin à sa carrière, laissant derrière lui une œuvre majestueuse, personnelle tout en étant universelle, faite de films phares, véritables métaphores d’une société qui, bien que libérée du joug d’avant la révolution islamique, a engendré d’autres politiques défaillantes, ne laissant pas ses créateurs proposer des initiatives de renouveau.

No Comment
25 mars 2011
ÉTOILE FILANTE
>> Élie Castiel
Avec la disparition de Liz Taylor nous assistons à la fin d’un époque, celle des grands studios, véritables fabricants de stars. C’est aussi l’aboutissement d’un certain cinéma, à la fois élégant, raffiné, humaniste, celui de ceux et celles qui se donnaient corps et âme pour incarner leurs rôles et les figer dans le temps.
Rappeler sa carrière et ses pérégrinations amoureuses dans le détail serait un exercice répétitif et redondant. Car derrière la star, au-delà de ses nombreuses partitions à l’écran, une femme de cœur, ces dernières décennies alliée à des causes qui lui tenaient à cœur, comme la création de la Fondation américaine pour la recherche du sida (AmFAR), suite au décès de son grand ami Rock Hudson, son amitié avec Michael Jackson, qu’elle avait défendu lorsqu’il fut accusé (et acquitté) d’abus d’enfants.

Paul Newman et Elizabeth Taylor | Cat on a Hot Tin Roof
25 février 2011
>> Élie Castiel (rédacteur en chef)
La soirée d’ouverture du 61e Festival international du film de Berlin a été marquée par l’absence de Jafar Panahi, membre du jury, et par la lecture d’une lettre ouverte du même réalisateur, condamnant son incarcération pour une durée de six ans, sans compter que pendant vingt ans, il ne pourra pas tourner.

Liberté d'expression
4 février 2011

Comme jadis on annonçait la mort du cinéma, le milieu médiatique prévoit la fin de la critique, non pas celle qui s’est immiscée sans crier gare dans le mastodonte univers du virtuel, si propice aux délires d’une démocratie mal assumée, mais au contraire, la critique écrite, celle des formats imprimés, celle qui partage avec le lecteur la connaissance et l’apprentissage d’un cinéma qui se comporte en art, qui innove avec les formes et la technique, qui s’interroge sur un monde en gestation comme jamais auparavant.
5 novembre 2010
Dérives à l’horizon
C’est encore le fédéral qui, éventuellement, tente de légiférer un projet de loi visant à « moderniser la loi sur le droit d’auteur » (Non au projet de loi C-32 — Onglet « Dernière Heure »). On y ajoute que cela est dû, en partie, à l’évolution des nouveaux moyens d’expression et de communication (notamment Internet), malgré le fait que l’International Federation of Reproduction Rights Organizations a prévenu le fédéral que ce projet ne respectait pas les traités internationaux dont le Canada est signataire : la Convention de Berne, l’OMPI et l’ADPIC.
Advenant l’adoption de cette loi, les véritables créateurs perdront environ 10 millions de dollars que Copibec distribue chaque année en droits de reproduction. Un manque à gagner qui ne fera que perturber le milieu culturel. Si la question paraît encore plus complexe qu’elle ne l’est, c’est en somme tout le système de création qui est non seulement pris en otage, mais carrément sacrifié.
10 juin 2010
— Élie Castiel
Dans un communiqué daté du 9 juin 2010, les membres1 du Regroupement des distributeurs indépendants de films du Québec déplorent la politique gouvernementale en ce qui a trait au manque de salles diffusant du cinéma québécois, du documentaire, des films étrangers, et particulièrement de qualité.
Sur ce plan, le complexe AMC Forum 22 fait un travail remarquable, mais du côté anglophone, puisque tous les films étrangers qui y sont présentés le sont dans leurs versions originales, sous-titrées en anglais.

14 mai 2010
— Élie Castiel (rédacteur en chef)
À propos du décès de Marcel Simard, l’éditorialiste Marie-Andrée Chouinard du Devoir lançait un cri d’alarme dans l’édition du 10 mars 2010. Lorsqu’elle déclare que « ces départs volontaires, dans toute leur brutalité, ne lèguent que des questions sans écho », c’est tout un système qui est remis en question.

Love-moi — une des fictions de Marcel Simard
2009 © SÉQUENCES - La revue de cinéma