14 décembre 2012

Résumé
Atteint d’une maladie incurable, un père, qui vit seul avec sa fille de 6 ans dans un bayou, lui apprend à s’endurcir et à ne compter que sur elle-même pour lui survivre. La petite partira à la recherche de sa mère.
En quelques mots
★★★
Adapté par le réalisateur et par Lucy Alibar de la pièce Juicy and Delicious de cette dernière, le scénario navigue de manière subtile les ornières de cette recréation du monde vue par un enfant, intégrant des mythes fondateurs du folklore humain dans une cinématographie inventive où l‘étonnement surgit de multiples manières. Par ce long métrage luxuriant porté par la jeune Quvenzhane Wallis sur ses minces mais fortes épaules, Benh Zeitlin confirme les attentes suscitées dans son court gagnant Glory at Sea, faisant partie des suppléments. >> Luc Chaput
CONTE | Origine : États-Unis – Année : 2012 – DVD : 2012 (1 disque) – Durée : 1 h 33 | Réal. : Benh Zeitlin – Audio : Anglais. Français – Sous-titres : Anglais – Suppléments (en anglais seulement) : Making of > Scènes coupées avec commentaires du réalisateur > Court métrage du réalisateur : Glory at Sea – Dist. : Séville | Sortie : 18 décembre 2012
7 juin 2012
MISE AUX POINTS
★★★★★ Remarquable | ★★★★ Excellent | ★★★ Très bon | ★★ Bon | ★ Moyen | ☆ Mauvais | ☆☆ Nul — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
SOUS TERRE
(In Darkness / W ciemności)
DRAME | Origine : Pologne / Allemagne / Canada – Année : 2011 – DVD : 2012 – Disques : 1 DVD – Durée : 145 minutes | Réal. : Agnieszka Holland – Audio : Anglais. Français – Sous-titres : Anglais. Espagnol. Français – Suppléments (en anglais seulement) : In Light : conversation entre Agnieszka Holland et Krystyna Chiger, seule survivante de In Darkness > Scènes coupées > Bande-annonce – Dist. : Métropole | Sortie : 12 juin 2012
Résumé
À Lvov, en Pologne, le sauvetage de réfugiés juifs durant l’occupation allemande.
En quelques mots
★★★
Dans ce va-et-vient entre clair et obscur, entre les égouts municipaux et la vie quotidienne ardue des habitants, Agniezka Holland et son scénariste établissent des liens de plus en plus complexes entre Léopold Socha, l’employé municipal et petit voleur et les réfugiés dont il s’occupe avec réticence. Rendant plus visible le cas de conscience en intégrant en filigrane la parabole du bon et du mauvais larron par le personnage de Bortnik, capitaine de la milice nazie ukrainienne de la région, la cinéaste, utilisant avec maestria la remarquable photographie de Jolanta Dylewska, nous fait partager le passage du temps dans cet espace glauque et pestilentiel par un montage ample où les acteurs, spécialement Robert Wieckiewicz et Benno Furman, incarnent avec un grand talent ces personnes prises dans le tourbillon de l’histoire. La réalisatrice rend un hommage discret à son compatriote Wajda plus spécialement à Kanal dans ce film qui rappelle l’importance du courage ordinaire et de l’implication des Justes contre la Shoah. >> Luc Chaput
6 avril 2012
Qui d’autre que Todd Haynes aurait pu réaliser une nouvelle mouture de Mildred Pierce, ce roman de James M. Cain déjà fort bien porté au le grand écran par Michael Curtiz en 1945 ? Dès son deuxième film, le moyen métrage Superstar: the Karen Carpenter Story, Haynes montrait sa prédilection pour ces histoires de femmes fortes luttant contre une société qui tente de les enfermer dans un moule conformiste, ce qui est encore au cœur de ce Mildred Pierce, une minisérie de plus de cinq heures, une sorte de drame intime épique, tout ce qu’il y a de plus cinématographique malgré ses origines télévisuelles.
>> Sylvain Lavallée

Un style discret, tout en élégance
Peut-être plus reconnu pour ses jeux formels élaborés (pensons aux esthétiques éclatées de Poison et de I’m Not There. ou à sa biographie de la chanteuse des Carpenters (Superstar) dont la vie était rejouée par des poupées Barbie), les films de Haynes n’ont pourtant rien de formaliste, il s’agit avant tout de portraits complexes de personnages, souvent féminins, en pleine crise identitaire. En comparaison avec ses œuvres précédentes, Mildred Pierce paraît bien sobre : Haynes joue encore la corde du mélodrame, comme dans Far From Heaven, mais sans en faire un pastiche sirkien flagrant (il en reste encore quelques traces, notamment dans l’utilisation fréquente de ces nombreux cadres dans le cadre, avec ces personnages filmés à travers des fenêtres, des miroirs, des portes, etc.), préférant donc un langage classique, invisible, restant au plus près de son actrice, une Kate Winslet extraordinaire, tenant de façon remarquable le ton particulier employé par le film, une manière d’embrasser les excès du mélodrame avec une sobriété exemplaire.
22 mars 2012
A DANGEROUS METHOD
(Une méthode dangereuse)
DRAME PSYCHOLOGIQUE | Origine : Allemagne / Canada – Année : 2011 – DVD : 2012 – Durée : 99 minutes | Réal. : Steven Spielberg –– Audio : Anglais, Français – Sous-titres : Anglais – Suppléments (en anglais seulement) : Entrevues avec les comédiens et des membres de l’équipe > Clips vidéo > etc. – Dist. : Séville | Sortie : 27 mars 2012
Résumé
En 1904, Carl Jung entreprend de traiter une jeune femme hystérique par la méthode psychanalytique qu’a développée son maître à penser, Sigmund Freud. La thérapie prend une tournure pernicieuse lorsque Jung succombe aux avances de sa patient.
En quelques mots
Le titre du film fait à la fois référence à la relation amoureuse entre un psychanalyste et sa patiente et au fait que Freud et Jung et d’autres construisaient alors une méthode d’investigation du monde que plusieurs considèrent encore comme dangereuse. Le scénario de Christopher Hampton (Dangerous Liaisons) est une adaptation de sa pièce The Talking Cure, elle-même inspirée du livre A Most Dangerous Method de l’historien John Kerr qui racontait les liens entre les personnalités du film. La mise en scène retenue de Cronenberg laisse une grande place à l’interprétation nuancée de Fassbender et Mortensen auprès desquels celle de Knightley (Sabina Spielrein) apparaît un peu frêle. Vincent Cassel vient faire un tour de piste détonnant dans le rôle d’Otto Gross. On peut regretter que le personnage d’Emma Jung soit placé si en retrait dans cette œuvre où le réalisateur de Dead Ringers continue d’explorer d’autre manière l’importance des pulsions dans nos vies. Quant aux suppléments, retenons les commentaires des comédiens en rapport au sujet et aux méthodes de travail de Cronenberg. >> Luc Chaput.
9 mars 2012
Textes : Élie Castiel [sauf avis du contraire]
LE VENDEUR
(The Salesman)
DRAME | Canada [Québec] 2011 – DVD : 2012 – Durée : 107 minutes | Réal. : Sébastien Pilote –– Audio : Français – Sous-titres : Anglais – Suppléments : Court métrage du réalisateur : Dust Bowl Ha! Ha! – Dist. : Séville | Sortie : Depuis le 6 mars 2012
Résumé
Un veuf, âgé de 67 ans, suit sa routine quotidienne de vendeur de voitures sans trop se poser de questions jusqu’à ce qu’un drame personnel le frappe durement.
En quelques mots
Déjà, dans son court métrage Dust Bowl Ha! Ha!, Sébastien Pilote avait montré dans des tons gris l’effet de la récession sur une famille ouvrière du Saguenay. Ici, dans une photographie lumineuse de Michel La Veaux qui met en valeur à la fois les intérieurs et la blancheur des voisinages enneigés, le scénariste-réalisateur nous fait côtoyer, par le biais de l’entregent bonhomme de son personnage principal, les divers aspects d‘une communauté vue à travers ses conflits sociaux mais aussi ses réunions de groupe toujours filmées à hauteur d’homme. En donnant à un client le nom de François Paradis, Pilote souligne discrètement l’évolution de notre société depuis le roman de Louis Hémon. Gilbert Sicotte, par son interprétation remarquable d’un homme qui continue à bien faire ce pourquoi il croit exister, ancre ce portrait régional aux multiples aspects universels. >> Luc Chaput.
24 février 2012
Textes : Élie Castiel [sauf avis du contraire]
MARÉCAGES
(Wetlands)
DRAME | Canada [Québec] 2011 / DVD : 2012 – Durée : 111 minutes | Réal. : Guy Édoin –– Audio : Français – Sous-titres : Anglais – Suppléments : Trilogie Les Affluents : Le Pont, Les Eeaux mortes et La Battu; Bande-annonce – Dist. : Métropole | Sortie : 28 février 2012
Résumé
À la suite d’un drame, la vie d’une famille d’agriculteurs aux prises avec des difficultés financières bascule. L’arrivée inopinée d’un étranger aux intentions nébuleuses vient troubler encore davantage leur existence.
En quelques mots
Sans doute l’une des plus belles surprises du cinéma québécois de 2011. C’est justement par sa sérénité inquiétante, ses silences expressifs et sa construction narrative hors du commun que Marécages se distingue des autres productions de l’année. Il y a là un regard original non seulement posé sur le cinéma, mais également sur un pan de vie économique régionale en voie de disparition. Un drame familial donne au récit des accents de tragédie grecque. En supplément, la découverte des Aflluents, la trilogie du réalisateur tournée entre 2004 et 2008.
13 janvier 2012
Aborder un film de Jean-Luc Godard c’est, depuis toujours, accepter d’être emporté dans une expérience intellectuelle exigeante et rigoureuse dont le sens n’est pas tant dans l’aboutissement du fil narratif évoqué à grands traits par un semblant de scénario, que dans l’exaltation d’une démarche esthétique qui cherche à se faire le véhicule d’une intention politique et morale. Et que cette démarche aboutisse à une expérience cinématographique «réussie» ou non demeure, somme toute, très secondaire.
>> Carlo Mandolini
Le dernier Godard, fort attendu, est un essai cinématographique déroutant, parfois irritant, et étrangement magnifique. Film Socialisme se présente comme une expérimentation insolite. Une expérimentation issue de l’esprit créateur bouillonnant d’un auteur qui donne l’impression de se refermer de plus en plus sur lui-même, quitte à mépriser le spectateur qui, partenaire pourtant incontournable de la relation-cinéma, attend que l’auteur fasse un pas en sa direction. Geste que Godard, évidemment, ne fera pas.
Cela dit, le film existe et, malgré son aspect insaisissable, fuyant, Film Socialisme laisse une forte empreinte. Et peu importe notre disposition envers JLG, on ne peut rester insensible à la qualité envoûtante et hypnotique de cette « symphonie » (le terme est de Godard) dissonante et dissidente, où s’entrechoquent sons, images fixes et images animées dans un maelstrom fulgurant qui provoque le spectateur et le force à se faire lui-même penseur.

23 juin 2011
Textes : Élie Castiel [sauf avis du contraire]
JO POUR JONATHAN (Jo for Jonathan)
DRAME | Canada [Québec] 2010 – DVD : 2011 – Durée : 81 minutes | Réal. : Maxime Giroux – Suppléments : Aucun – Audio : Français – Sous-titres : Anglais — Dist. : Métropole | Sortie : 28 juin 2011
Résumé
Un adolescent mal dans sa peau et peu communicatif se retrouve bien malgré lui impliqué dans une série d’évènements tragiques après avoir participé à une course avec la voiture de son frère.
En quelques mots
Film de gars, film de char, film de streetracing, de camaraderie virile, de chamaillage entre frères, Jo pour Jonathan, et certains pourraient le reprocher au cinéaste, ne s’intéresse que très peu à la figure féminine, plaquée là sans réelle profondeur : elle est la mère dévouée ou la jolie copine. C’est parce que c’est encore ces mêmes mâles dont il s’agit ici, ceux qui déjà n’avaient que très peu de considérations pour la protagoniste de Demain, prête à maintes humiliations — et ennuis — pour bénéficier d’une présence masculine à ses côtés. Mais à l’inverse d’un certain cinéma québécois — celui des Huard, Gaudreault, Canuel, qui camoufle un machisme insidieux dans son discours populaire — Giroux examine de près cette masculinité. Ces rebelles sans cause à la fureur de vivre, cachant aussi un désir de mourir, sont obsédés par la griserie de la vitesse et piégés dans leurs démonstrations navrantes de virilité, de jalousie et d’acquisition matérielle, où la voiture devient un idéal, un prolongement d’eux-mêmes. Et si le fameux Rebel Without a Cause de Ray vient de force en tête, la course automobile, à l’opposé des Nitro et autres Fast & Furious, esquive ici tout côté spectaculaire, Giroux préférant les impacts psychologiques et les effets collatéraux aux beuglements des moteurs. >> Mathieu Séguin-Tétreault
10 juin 2011
Textes : Élie Castiel
LE DVD DE LA SEMAINE …
WHEN WE LEAVE (L’Étrangère / Die Fremde)
DRAME | Allemagne 2010 – DVD : 2011 – Durée : 119 minutes | Réal. : Feo Aladag – Suppléments : Aucun – Audio : Allemand, Turc – Sous-titres : Anglais, Français — Dist. : Métropole | Sortie : Depuis le 7 juin 2011
Résumé
Fuyant une vie conjugale cauchemardesque, une jeune femme turque d’origine allemande quitte Istanbul et se rend à Berlin où habite sa famille. Elle y affronte l’hostilité d’une communauté conservatrice et bornée.
En quelques mots
Si la mise en scène classique peut décevoir les adeptes de nouvelles formes narratives et de mise en scène, force est de souligner l’élégance et la fluidité que la réalisation manifeste dans ce film sur la dépossession et la manipulation. Chaque plan, comme il se doit, exprime un point de vue, qu’il soit de nature politique ou social. Le thème de la dictature patriarcale est parfois exprimé sous des dehors mélodramatiques, mais l’ensemble tient bon grâce surtout à la présence d’excellents comédiens, particulièrement en ce qui a trait à Sibel Kekilli, toujours aussi brillante que dans Head On, de son compatriote Fatih Akin. Actrice elle-même, elle est en mesure de reconnaître les subtilités du métier pour diriger ses protagonistes avec une précision formelle.
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28 avril 2011
Textes : Élie Castiel
LE DVD DE LA SEMAINE …
CURLING
DRAME | Canada [Québec] 2010 – DVD : 2011 – Durée : 92 minutes | Réal. : Denis Côté – Suppléments : Making of > Entrevue avec Denis Côté > Les Lignes ennemies (c.m.) > Tennessee (c.m) > Bande-annonce – Audio : Français – Sous-titres : Anglais, Français — Dist. : Métropole | Sortie : 3 mai 2011
Résumé : Un modeste préposé d’entretien habitant une région isolée du Québec empêche sa fille de douze ans de s’épanouir à force de la surprotéger. Chacun va faire, à l’insu de l’autre, une découverte traumatisante.
En quelques mots : Faut-il rappeler que Denis Côté est un réalisateur tenant à ses partis-pris esthétiques et narratifs, ne se pliant jamais aux codes institutionnalisés de la mouvance cinématographique québécoise. Fidèle à ses principes, il signe ici son film le plus accessible, même si on retrouve dans l’ensemble, les idées de style qui font de lui un cinéaste à part. Évoquant parfois le thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, à qui il voue une profonde admiration, le jeune cinéaste mêle avec dextérité réalisme poétique et métaphore, mais demeurant toujours cohérent, tenant ses distances. Entre lui et les comédiens, notamment Emmanuel Bilodeau et sa fille Philomène, un rapport de confiance qui consiste à ce qu’ils donnent tous le meilleur d’eux-mêmes. Cinéaste de l’anti-urbanité, Côté se sert de son cinéma pour donner au Québec silencieux sa voix la plus harmonieuse. Des suppléments à ne pas rater, pour mieux comprendre le parcours de Côté.
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2009 © SÉQUENCES - La revue de cinéma