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Bailarinas

4 mai 2017

DANSE
★★★★
Texte : Élie Castiel

Marc Béland + Sònia Gómez
CORPS SANS VOILES

Gómez+Béland

© Stéphane Najman

Elle et lui. D’abord elle, seule sur scène, rendant le silence perceptible grâce à ses moments en espagnols surtitrés dans le fond de la scène, à gauche. Des mots qui ont rapport avec l’art intime de l’improvisation professionnelle. Cette nouvelle danse peut se situer dans la mouvance post-moderne de l’art chorégraphique. Le classique est déjà enterré, l’athlétisme des modernistes est oublié momentanément. La place est donné au corps, mais pas n’importe lequel. La fière catalane Sónia Gómez participe à un rapport ludique avec les spectateurs. L’improvisation côtoie le sérieux avec, comme adrénaline, l’effort et la sublimation du corps et de l’esprit. Ceux-ci ne sont plus des phases interdites, mais au contraire, ils s’expriment dans la logique de l’altérité. Gómez, c’est la déconstruction audacieuse de l’aventure chorégraphique.
Suite

Million Dollar Quartet

30 avril 2017

THÉÂTRE
★★★★★
Texte : Élie Castiel

À NE RATER SOUS AUCUN
PRÉTEXTE. C’EST UN ORDRE

Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins, Johnny Cash et Sam Phillips, leur père artistique adoptif, celui qui va donner naissance aux  succès de ces grands du rockn’ roll. Une journée du 4 décembre 1956 au célèbre Sun Records de Memphis où le paternel de substitution réinvente en quelque sorte l’histoire de la musique pop. James Loye incarne ce personnage d’une Amérique capitaliste où les bonnes idées mènent loin, même si on doit composer souvent avec des coups bas. C’est la loi de la jungle où il est difficile de concilier profit immédiat, amitié et sincère élan d’humanité. Ces caractéristiques de tout individu normal, Loye les déploie remarquablement, inventant un personnage d’un charisme impérial. C’est l’une des plus belles performances de la soirée, même si l’ensemble, y compris le band endiablé, sont tous exceptionnels.

Suite

Bed and Breakfast

28 avril 2017

THÉÂTRE
★★★★
Texte : Élie Castiel

DÉFIER LES NORMES FICTIVES

Ils sont deux sur scène, Mark Crawford et Paul Dunn, gais, hétéros, hommes, femmes. Dans leur for intérieur, un texte désopilant de Mark Crawford, une aventure humaine qui passe par mille et une émotions. C’est ludique, je-m’en-foutiste, sexy, hilarant, se moquant de nos travers et rendant au métier d’interprète ses lettres de noblesse.

L’humour est particulier, s’assume totalement camp, c’est-à-dire teinté de ce je-ne-sais-quoi homosexuel qui le rend encore plus humain. Les hommes sont machos finis, les homosexuels assmumé ou en quête, ou ne le savent même pas qu’ils le sont, les femmes des mégères non apprivoisées. La mise en scène de Ashlie Corcoran se veut désinvolte, bordélique, libre, charmante et d’une humanité à l’épreuve du temps, courageusement provocatrice.

L’humour n’est pas pour tout le monde. Les deux comédiens
(masculins) s’embrassent sur la bouche à deux ou peut-être
trois reprises. Certains chuchotements timides se laissent
entendre dans la salle, totalement injustifiés.
Aujourd’hui, en 2017, les choses ont-elles vraiment changé ?

Andrée Lanthier

© Andrée Lanthier

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Le mariage de Figaro

27 avril 2017

BALLET
★★★★
Texte : Élie Castiel

D’UN CHARME INÉPUISABLE

La musique, adaptation du célèbre opéra de Mozart, Le nozze di Figaro, enveloppe la salle, comble le soir de la Première, procurant un intense enthousiasme chez les spectateurs. Et lorsque le rideau se lève, nous sommes face à un décor à l’ancienne qui donne une chaleur d’antan, conciliatrice, rassembleuse, une bouffée d’air frais par les temps qui courent.

BALLET_Le mariage de Figaro

© Ballet National d’Ukraine

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Shay Kuebler Radical System Art

20 avril 2017

DANSE
★★★★
Texte : Élie Castiel

Telemetry
UNE FAÇON DE RECRÉER LE MONDE

Si l’on se fie aux règles démocratiques de la danse contemporaine, le corps chorégraphique se fie souvent à des notions scientifiques qui le positionne dans des centres de gravité qui n’ont rien à voir avec le réel vécu.

Avec Telemetry, le maître-danseur Shay Kuebler l’explique dans le programme de la soirée, lui administrant une résonance magnétique qui nous dépasse. La scénographie, sa propre création, est un espace circulaire qui ressemble à une planète parfaitement définie, quelque part perdue dans l’espace, mais qui, le temps d’un spectacle chorégraphique, s’arrêtait sur terre pour redéfinir le temps ; car il s’agit aussi de temporalité dans Telemetry.

Shay Kuebler

© David Cooper

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Kleztory… Dakhabrakha

14 avril 2017

CONCERT
★★★  ½

Texte : Élie Castiel

PORTS D’ATTACHE

Un seul soir : mercredi 12 avril 2017, dans la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. Lancement d’album dans la cas de Kleztory ? Occasion pour le groupe ukrainien Dakhabrakha de rendre hommage à cette communauté culturelle, en attendant sans doute Le Mariage de Figaro du Ballet National d’Ukraine, auquel les Grands Ballets (Canadiens) rendent hommage du 26 au 29 avril prochain.  Toujours est-il que nous avons assisté à un double concert inusité qui, au cours de ses 90 minutes, a su nous convaincre du bien fondé de chacun des groupes.

Kleztory

Kleztory

Suite

Antigone au printemps

6 avril 2017

THÉÂTRE
★★★ ½
Texte : Élie Castiel

DES DIEUX ET DES ÊTRES

Antigone, la Grecque, c’est le théâtre intime, comme toutes ces héroïnes antiques que sont Électre, Iphigénie, Phèdre ou Médée. Car leurs récits sont ancrés dans l’immédiateté des sentiments et de la famille. Histoires d’amour, d’inceste, de jalousie, de trahisons. C’est ce que les anciens philosophes-dramaturges nous ont légué. Le texte de Nathalie Boisvert situe Antigone dans un monde actuel, plus particulièrement à Montréal, même si la scénographie de Xavier Mary, triomphalement horizontale, faite de petites pierres, d’un banc en ciment et d’une sorte de rue ou passage fait d’asphalte qui renvoient à un certain décor de tragédie grecque qui brise le temps, rendant l’ensemble intemporel.

TH_Antigone au printemps

Frédéric Millaire-Zouvi (gauche), Xavier Huard (droite) et Léane Labrèche-Dor (Centre) – PHOTO : @ Francis Sercia

Suite

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