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École nationale de cirque 2017

25 mai 2017

ESPACE CIRCASSIEN /
CRITIQUE

L’amour et les extraterrestres
★★★ ½
Texte : Élie Castiel

L’ÊTRE ET LE PARAÎTRE

Didier Lucien a voulu créer intentionnellement un spectacle plus rassembleur, voulant que les amateurs de cirque et les autres se retrouvent dans un espace unique où ils pourraient convoler en justes noces.

Quand Cirque et Extraterrestres tentent de vivre ensemble, il peut se produire des étincelles pas toujours scintillantes, mais se promenant un peu partout au bon gré des artistes et des pièces musicales choisies. Si vers la fin le O mio babbino caro est vite expédié en quelques rapides secondes, sous le rire de quelques spectateurs mal informés de la chose, force est de souligner que les musiques plus commerciales et connues disposaient de plus de temps.

CIR_L'amour et les extraterrestres

Tuedon Ariri© École nationale de cirque / Montréal

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Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?

13 mai 2017

THÉÂTRE
★★★★
Texte : Élie Castiel

AIMEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES
OU LA DOUCE SAGESSE DES CLICHÉS

Il est temps d’arrêter de comparer les films adaptés au théâtre pour la bonne raison que ces deux formes de la représentation partagent certains points en commun, mais d’autre part, ont leurs propres codes, exigences,rituels et certaines limites.

David Ospina

© David Ospina

L’adaptation d’Emmanuel ReichenbacH a ceci de particulier qu’elle se démarque par le sens inné qu’il donne au rythme, aux répartiees et à cet instinct communicatif qui consiste à situer les personnages dans des zones d’inconfort propices à la comédie. Le texte de Philippe de Chauveron et Guy Laurent soutient des idées toujours actuelles sur la classe moyenne, toujours prisonnière de ses vieilles idées sur la différence. Comme il s’agit ici de race et de religion, tous sont pareils. Les préjugés existent partout ; soulignons que c’est aussi le cas dans les milieux artistiques et même intellectuels. Suite

Sandeep Bhagwati

12 mai 2017

TÊTE À TÊTE
Questions et transcription
Élie Castiel

« RÉSISTER EST UN ACTE POLITIQUE… »

Le 50e anniversaire de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) complète sa saison 2016-2017 avec Niemandslandhymen, création de Sandeep Bhagwati. De son Inde mystique, en passant par une Europe protectrice d’une musique contemporaine bien ancrée dans la tradition, tout en passant par le Québec, dont la réputation de la SMCQ n’est plus à faire, l’homme de musique a bien voulu nous accorder une entrevue.

Sandeep Bhagwati, pouvez-vous tracer votre parcours musical.
Je suis né en Inde, de mère allemande et de père indien. Et dès l’âge de six ans, on a fait souvent des allers-retour entre l’Inde et l’Allemagne. J’ai étudié la musique dans plusieurs institutions dédiées à cette discipline un peu partout en Europe. Très tôt, j’ai opté pour la musique contemporaine. Après mes études, j’ai travaillé comme chef d’orchestre et comme compositeur. J’ai également fondé plusieurs festivals de musique contemporaine en Allemagne. Au fur et à mesure, je me suis bâtie une carrière qui continue jusqu’à aujourd’hui. En 2006, je me suis intallé au Québec où j’ai été titulaire d’une chaire de recherche en arts inter-x, à l’Université Concordia, c’est-à-dire inter-culturels, inter-disciplinaires. J’ai toujours été intéressé par les moyens d’expession pluriels.

Sandeep Bhagwati

Sandeep Bhagwati

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How top Disappear Completely

8 mai 2017

THÉÂTRE
★★★★ 
Texte : Élie Castiel

KADDISH À LA BIEN-AIMÉE

Il y a quelque chose qui peut nous faire vibrer dans tout acte d’improvisation. Et au théâtre, l’effet et d’autant plus impressionnant que c’est en direct que ça se passe. C’est aussi ce que l’on retient de cette courte pièce à un personnage, que d’autres protagonistes, issus d’extraits vidéo en forme de home-movie, viendront virtuellement partager la scène avec lui.

TH_How to Disappear Completely

© Emily Cooper

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Rosas – Anne Teresa De Keersmaeker

5 mai 2017

DANSE
★★★★
Texte : Élie Castiel

Rain
LA VERTICALITÉ DU GESTE

DDanse_Rain (02)

© Anne Van Aerschot

Le dernier spectacle de la saison 2016-2017 de Danse Danse est magique, atteint par la finesse et la grâce, une pièce dont la simplicité et le raffinement concilient grand public et connaisseurs ; comme ça devrait l’être.

Tout d’abord une musique enlevante, Music for 18 Musicians, de l’électrisant Steve Reich qui, dès le départ, annonce ses couleurs : rythme, séduction, sensualité. C’est aussi du côté des lumières de Jan Versweyveld  et des costumes de Dries Van Noten : pastel, accents de l’arc-en-ciel, luminosité diurne donnant une atmosphère printanière. Et un décor scénique du même Versweyveld  d’une grande perspicacité, priviliégiant la circularité de l’espace.  Tout cet attirail au profit d’une chorégraphie exceptionnel, Rain, sans véritable thème, simplement créée pour le plaisir de danser. Suite

Bailarinas

4 mai 2017

DANSE
★★★★
Texte : Élie Castiel

Marc Béland + Sònia Gómez
CORPS SANS VOILES

Gómez+Béland

© Stéphane Najman

Elle et lui. D’abord elle, seule sur scène, rendant le silence perceptible grâce à ses moments en espagnols surtitrés dans le fond de la scène, à gauche. Des mots qui ont rapport avec l’art intime de l’improvisation professionnelle. Cette nouvelle danse peut se situer dans la mouvance post-moderne de l’art chorégraphique. Le classique est déjà enterré, l’athlétisme des modernistes est oublié momentanément. La place est donné au corps, mais pas n’importe lequel. La fière catalane Sónia Gómez participe à un rapport ludique avec les spectateurs. L’improvisation côtoie le sérieux avec, comme adrénaline, l’effort et la sublimation du corps et de l’esprit. Ceux-ci ne sont plus des phases interdites, mais au contraire, ils s’expriment dans la logique de l’altérité. Gómez, c’est la déconstruction audacieuse de l’aventure chorégraphique.
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Million Dollar Quartet

30 avril 2017

THÉÂTRE
★★★★★
Texte : Élie Castiel

À NE RATER SOUS AUCUN
PRÉTEXTE. C’EST UN ORDRE

Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins, Johnny Cash et Sam Phillips, leur père artistique adoptif, celui qui va donner naissance aux  succès de ces grands du rockn’ roll. Une journée du 4 décembre 1956 au célèbre Sun Records de Memphis où le paternel de substitution réinvente en quelque sorte l’histoire de la musique pop. James Loye incarne ce personnage d’une Amérique capitaliste où les bonnes idées mènent loin, même si on doit composer souvent avec des coups bas. C’est la loi de la jungle où il est difficile de concilier profit immédiat, amitié et sincère élan d’humanité. Ces caractéristiques de tout individu normal, Loye les déploie remarquablement, inventant un personnage d’un charisme impérial. C’est l’une des plus belles performances de la soirée, même si l’ensemble, y compris le band endiablé, sont tous exceptionnels.

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