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Flicker / Dancers of Damelahamid

15 novembre 2017

CRITIQUE
| Danse |
Élie Castiel

★★★  ½

CRÉATURES TERRESTRES

Dans Flicker, il n’est surtout pas question de nouvelle danse, mais d’une rencontre avec des danseurs des Premières Nations, et plus particulièrement le peuple Kanien’kehaka. Pendant plus d’une heure, nous sommes les témoins d’un processus d’indentification entre l’être et la nature à travers quelques tableaux doux, d’une lenteur élégiaque, sacrée, spirituelle, transcendant la physicalité de l’humain pour qu’il puisse finalement s’apparenter à la nature qui l’entoure, à ses bruits et à ses créatures animales.

Dans le cas du peuple Kanien’kehaka, les représentants
nous offrent une occasion unique de nous familiariser à cette
culture par le biais de pas aussi puissants que raffinés, rappelant
d’une certaine façon les charmantes danses malaysiennes,
vietnamiennes ou même encore cambodgiennes.
Grâce et quintessence sont au rendez-vous.

D’où ces costumes et ses parures hors du temps, revendiquant en même temps une culture perdue, oubliée, colonisée et dépossédée. L’occidentalisation n’est pas pour ainsi dire refusée, mais au contraire, elle est respectée tant qu’elle accepte ces anciens rituels proches des Cieux. Entre paganisme et modernité, la chorégraphe Margaret Grenier retient surtout la conformité des moments, l’harmonie des gestes, la complexité des rapprochements et plus que tout, la symbiose entre l’indicible céleste et la transparence terrestre.

Le fond de la scène, montrent trois écrans qui changent de représentations rappelant en quelque sorte ce qui se fait à l’ONF. Il y a quelque chose de tendrement naïf dans cette approche, et elle nous émeut, parce que vraie, sans explications philosophiques. Il y a le chant, la danse et, entre ces deux formes de la représentation, une sorte de miroir du monde, un chant de paix et d’entente entre les Humains.

DANSE_Flicker

© Derek Dix

Flicker est en même temps fable, allégorie, symbolique, conte sur la sagesse, tout à la fois. Le spectateur ressort totalement reconverti, respirant à pleins poumons. Le récit : la quête initiatique d’un jeune homme (brillant danseur Nigel Grenier), cherchant sa voie, son potentiel de socialisation. Ce parcours le guide vers le monde des êtres et des animaux.

Ne cherchant pas à comprendre. Les légendes des Premières Nations sont autant de contes que des messages. Dans le cas du peuple Kanien’kehaka, les représentants nous offrent une occasion unique de nous familiariser à cette culture par le biais de pas aussi puissants que raffinés, rappelant d’une certaine façon les charmantes danses malaysiennes, vietnamiennes ou même encore cambodgiennes. Grâce et quintessence sont au rendez-vous.

Séquences_Web

Chorégraphie : Margaret Grenier – Musique : Andrew Grenier – Chant Cri : Lawrence Trottier – Multimédia : Andy Moro – Conception graphique : Shaun Kingerlee – Visuels et masques : Andrew Grenier – Son : Ted Hamilton – Dramaturgie : Charles Koroneho – Ornements et Costumes : Rebecca Baker – Danseurs : Margaret Grenier, Nigel Greier, Kristy Janvier, Rebecca Baker, Jeanette Kotowich – Production : Danse Danse, en coproduction avec Mai (Montréal, arts interculturels).

Représentations
Jusqu’au 18 novembre 2017
Durée
1 h 20 (sans entracte)
Place des Arts (Cinquième salle)

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.  ★★ Moyen.   Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes]

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