En salle à Montréal

DPJ

30 novembre 2017

Semaine du 1er au 7 décembre 2017

RÉSUMÉ SUCCINCT
Regard intimiste sur les travailleurs sociaux et les éducateurs du DPJ (Département de la Protection de la Jeunesse du Québec.

CRITIQUE
| PRIMEUR |

★★★★ 

Charles-Henri Ramond

FACE CACHÉE DE LA SOUFFRANCE

Il y a quelques années, plusieurs documentaires québécois avaient défrayé la chronique en s’attaquant aux carences de la Direction de la protection de la jeunesse. Basés sur des cas réels, Les enfants de la DPJ et Parents de la DPJ, de Joël Bertomeu (2004 et 2006) et Les voleurs d’enfance de Paul Arcand (2005), montraient principalement des histoires sombres largement médiatisées. Guillaume Sylvestre se démarque de ses prédécesseurs pour nous proposer avec DPJ une vision beaucoup plus nuancée de cette institution souvent décriée. Poussant encore plus loin l’approche immersive de Secondaire V (2013, lire notre critique), son film tient en équilibre instable entre deux pôles que tout repousse. D’un côté la difficile mission des travailleurs sociaux et éducateurs, et en face, la douleur des parents.

ES_DPJ

Les images, nettes et précises malgré leur fragilité,
se suffisent. Le récit construit son propre rythme, à la
manière d’un drame épique dont la tension va en
s’accentuant. Jusqu’à l’apothéose de la dernière séquence,
suffocante, presque insupportable. On en sort sous le choc.

En ne se faisant ni le détracteur des uns (sans être angélique pour autant), ni le louangeur de la détresse des autres (sans non plus tenter d’absoudre qui que ce soit), Sylvestre se révèle amplement à la hauteur de ce sujet sensible. DPJ témoigne avant tout un grand respect envers les parties prenantes. La caméra, jamais inquisitrice, sait se faire oublier. Le travail cinématographique est aussi remarquable. Ici, pas d’artifices. Juste un processus narratif qui se nourrit de lui-même grâce à la fluidité du montage de cinq histoires imbriquées.

Nul besoin de voix hors champ ou de titres explicatifs. Les images, nettes et précises malgré leur fragilité, se suffisent. Le récit construit son propre rythme, à la manière d’un drame épique dont la tension va en s’accentuant. Jusqu’à l’apothéose de la dernière séquence, suffocante, presque insupportable. On en sort sous le choc. Pas celui procuré par le voyeurisme d’un acte monstrueux ou la complaisance d’une diatribe polémiste enflammée. Non, l’émoi qui provient plutôt de l’impuissance que nous laisse cette plongée dans les profondeurs insondables du désespoir ordinaire.

Sortie
Vendredi 1er décembre 2017

V.o. :  français

Genre :  Documentaire – Origine :  Canada [Québec] –  Année :  2017 – Durée :  1 h 56  – Réal. : Guillaume Sylvestre – Dist. :  Les Productions Lustitia.

Horaires/Info.
Cinémathèque québécoise

Classement
NC
(Exempté / Non classé)

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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