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L’Affaire Dumont

6 septembre 2012 / Aucun commentaire

FAIT DIVERS

Comme prémisse, une affaire de mœurs qui ressemble à tant d’autres. Michel Dumont, un livreur de dépanneur séparé et père de deux jeunes enfants, est accusé et condamné pour une agression sexuelle qu’il nie avoir commise. À partir de ce scénario on ne peut plus télévisuel et propice aux heures de grande écoute, de ce curieux équilibre entre le fait vécu et l’événement sensationnaliste, Podz a tiré un film original, bourré d’idées narratives et de propositions esthétiques malgré ses apparences de simplicité, touchant, d’une humanité à la fois déconcertante et conciliatrice.

>> Élie Castiel

Comme dans ses films précédents, c’est surtout dans le ton, dans cet espace de manipulation des sens, dans cet amoncellement d’atmosphères, d’ambiances et de climats opposés et conflituels, que le talentueux cinéaste articule son troisième long métrage, délaissant ses fantasmes visuellement graphiques des deux premiers essais. Le tout au profit d’un énoncé psychanalytique plus prononcé, notamment en ce qui a trait au personnage principal, un individu introverti et ordinaire qui, devant une situation et des événements qui le dépassent, est obligé de surmonter les écarts de langage, les notions d’éthique, la jurisprudence d’un système parfois inefficace et des lois sociales souvent inadéquates.

Car Michel Dumont, le présumé coupable, est laissé à lui-même pour se défendre. Devant l’énormité de l’appareil judiciaire qui, le plus souvent, ne pardonne pas, il se sent petit, vulnérable, projeté dans un microcosme dont il ne reconnaît pas les normes, les signes et les modes de conduite pour survivre.

Autour de lui, une nouvelle compagne, qu’il épouse pendant qu’il purge sa peine. Elle, Solange (Marilyn Castonguay, agréablement expressive et habitée), c’est la voix de la raison, celle qui ne recule devant rien pour que justice soit faite, celle par qui tout sera remis en place. Ce lien qui unit ce couple à la fois improbable et complice possède des accents romantiques que Podz tente de dissimuler par sa mise en scène distanciée, se limitant à montrer leur intimité physique dans une seule scène courte, sans complaisance, mais mémorable, d’une subtilité à fleur de peau que la mise en images de Bernard Couture rend sensuelle, grâce notamment à sa luminosité diaphane et à son rapport aux corps.

Texte complet : Séquences (nº 280, p. 38-39, suivi d’une entrevue avec Podz, p. 40-41).

Canada [Québec] 2012 – Durée : 120 minutes – Réal. : Podz (Daniel Grou) – Scén. : Danielle Dansereau – Images : Bernard Couture – Mont. : Valérie Héroux – Mus. : Man an Ocean – Son : Michel Lecoufle, Pierre-Jules Audet, Luc Boudrias – Dir. art. : André Guimond – Cost. : Monic Ferland – Int. : Marc-André Grondin (Michel Dumont), Marilyn Castonguay (Solange Tremblay), Kathleen Fortin (Danielle Lechasseur, la plaignante), Sarianne Cormier (Céline Boisvert, ex-femme de Michel), Francis Lahaye (Guy Dumont, frère de Michel), Francine Ruel (Louiselle Bérubé, mère de Michel), André Lacoste (Cyril Dumont, père de Michel), Genevièbe Brouillette, Martin Dubreuil, Michel Albert, Lise Roy, Roger La Rue, Guy Thauvette, Michael McNally – Prod. : Nicole Robert – Dist. : Alliance.

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