Primeurs

Semaine du 6 au 12 juillet 2012

5 juillet 2012 / Aucun commentaire

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

LE FILM DE LA SEMAINE …

SAVAGES
(Sauvages)

GANGSTERS | Origine : États-Unis – Année : 2012 – Durée : 127 minutes  – Réal. : Oliver Stone – Int. : Aaron Johnson, Benicio Del Toro, Salma Hayek, Taylor Kitsch, Blake Lively, John Travolta – Dist. / Cont. : Universal | Horaires / Versions / Classement : AMC Cinéma du Parc Cineplex Divertissement

Résumé
Deux trafiquants de drogue américains plutôt décontractés se transforment en tueurs sanguinaires pour sauver leur petite amie que des gangsters mexicains féroces ont enlevée.

En quelques mots
★★★
Délaissant ses frasques politiques et financières, le controversé Oliver Stone revient à son style ludique, profondément cynique et pessimiste. On pense, bien entendu, à Natural Born Killers (1994), non seulement pour sa violence, son angoisse et sa fébrilité, mais surtout pour sa vision du monde. Le titre du nouveau film, autant l’original que celui de la version française, correspond admirablement bien à cette étude mainstream sur la démesure d’une extrême conviction. Stone ne recule devant rien. Il envahit l’écran cinémascope d’images sensorielles, multiplie les provocations et présente des personnages d’un cynisme ambiant décapant. Il y a aussi, et surtout, une mise en scène, parfois naïve, par moments angoissante, d’une nervosité à fleur de peau. Car Savages est en fin de compte un film sur la représentation des multipes manifestations du regard : sentir, réagir, rejeter, approuver, tolérer. Et derrière cet admirable tour de piste fait de procédés tradionnels qui fonctionnent ici à merveille, à la limite ajoutant même une caractéristique grand-guignolesque, on admire des comédiens habités par des personnages qui les dépassent, mais auxquels ils s’adaptent grâce à la direction d’acteurs d’un cinéaste iconoclaste qui n’a pas encore dit son dernier mot. Les jeunes s’en tirent convenablement bien, mais ce sont les plus vieux, les plus expérimentés qui nous prouvent pendant plus de deux heures de projection que l’art de l’interprétation est une partie du film aussi fondamentale que les autres, confirmant que c’est dans son ensemble qu’une œuvre nous subjugue ou nous indiffère. Dans le cas du nouveau Stone, son regard pétrifiant confirme avec fureur nos inquiétantes interrogations sur le monde.  >> Élie Castiel


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