DVD

SÉLECTION | Semaine du 8 au 14 juin 2012

7 juin 2012 / Aucun commentaire

MISE AUX POINTS
★★★★★
Remarquable | ★★★★ Excellent | ★★★ Très bon | ★★ Bon | Moyen | Mauvais | ☆☆ Nul — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

LE CHOIX DE LA SEMAINE …

SOUS TERRE
(In Darkness / W ciemności)

DRAME | Origine : Pologne / Allemagne / Canada – Année : 2011 – DVD : 2012 – Disques : 1 DVD –  Durée : 145 minutes | Réal. : Agnieszka Holland –  Audio : Anglais. Français – Sous-titres : Anglais. Espagnol. Français – Suppléments (en anglais seulement) : In Light : conversation entre Agnieszka Holland et Krystyna Chiger, seule survivante de In Darkness > Scènes coupées > Bande-annonce  – Dist. : Métropole | Sortie : 12 juin 2012

Bande-annonce

Résumé
À Lvov, en Pologne, le sauvetage de réfugiés juifs durant l’occupation allemande.

En quelques mots
★★★

Dans ce va-et-vient entre clair et obscur, entre les égouts municipaux et la vie quotidienne ardue des habitants, Agniezka Holland et son scénariste établissent des liens de plus en plus complexes entre Léopold Socha, l’employé municipal et petit voleur et les réfugiés dont il s’occupe avec réticence. Rendant plus visible le cas de conscience en intégrant en filigrane la parabole du bon et du mauvais larron par le personnage de Bortnik, capitaine de la milice nazie ukrainienne de la région, la cinéaste, utilisant avec maestria la remarquable photographie de Jolanta Dylewska, nous fait partager le passage du temps dans cet espace glauque et pestilentiel par un montage ample où les acteurs, spécialement Robert Wieckiewicz et Benno Furman, incarnent avec un grand talent ces personnes prises dans le tourbillon de l’histoire. La réalisatrice rend un hommage discret à son compatriote Wajda plus spécialement à Kanal dans ce film qui rappelle l’importance du courage ordinaire et de l’implication des Justes contre la Shoah.  >>  Luc Chaput

AUTRES SORTIES DVD …

LA FILLE DU PUISATIER
(The Well-Digger’s Daughter)

COMÉDIE DRAMATIQUE | Origine : France – Année : 2011 – DVD : 2012 – Disques : 1 DVD – Durée : 109 minutes | Réal. : Daniel Auteuil – Audio : Français – Sous-titres : Anglais. Français – Suppléments : Aucun – Dist. : Christal / Séville | Sortie : Depuis le 29 mai 2012

Bande-annonce

Résumé
En 1939, la fille d’un puisatier provençal devient enceinte d’un jeune aviateur issu d’une riche famille. Quand celui-ci part à la guerre, ses parents refusent de reconnaître l’enfant.

En quelques mots
★★

Marcel Pagnol éprouvait une véritable fascination pour les histoires de filles candides séduites par de beaux gosses, au grand dam d’un simplet timoré qui la convoitait plus ou moins en silence. Ce thème, avec des variantes, se retrouve dans Angèle, la trilogie formée de Marius, Fanny et César, La Femme du boulanger, Manon des Sources, et aussi dans cette nouvelle mouture de La Fille du puisatier que nous propose aujourd’hui l’acteur Daniel Auteuil pour sa première réalisation. Nouvelle ? La chose est relative, dans la mesure où l’œuvre reste plutôt fidèle au film original, sorti en 1940. Toutefois le clivage entre l’original et le remake nous semble moins accusé que dans le cas de Manon des Sources, dont la version signée Claude Berri, en 1985, était nettement plus dramatique que le film réalisé par Pagnol en 1954. Quoi qu’il en soit, avec le temps, l’aspect parfois caricatural de Pagnol, cette tendance vers la galéjade, s’est estompé au profit du réalisme. Outre la mise en scène, Auteuil s’est donné la tâche difficile de reprendre le rôle de Pascal, le puisatier, créé à l’époque par le grand Raimu. Il s’en tire honorablement, ainsi que Kad Merad campant le naïf Felipe, qui parvient à nous faire oublier Fernandel, défi pas davantage évident. Le reste de la distribution est honnête, mais il faut dire que les autres personnages sont moins développés. La Fille du puisatier vaut certes le détour, mais plus pour l’univers toujours attachant de Pagnol que pour sa réalisation somme toute sans surprise. >> Denis Desjardins

ROMÉO ONZE
(Romeo Eleven)

DRAME PSYCHOLOGIQUE | Origine : Canada [Québec] – Année : 2011 –  DVD : 2012 – Disques : 1 DVD – Durée : 89 minutes | Réal. : Ivan Grbovic – Audio : Arabe. Français – Sous-titres : Anglais – Suppléments : Aucun  – Dist. : Métropole | Sortie : 19 juin 2012

Bande-annonce

Résumé
Souffrant d’une atrophie aux jambes, un jeune Montréalais d’origine libanaise cherche à s’épanouir en entretenant une relation avec une inconnue sur Internet. Lorsqu’il décide enfin de la rencontrer, il doit affronter ses propres démons.

En quelques mots
★★★

Ne passons pas par quatre chemins : Roméo Onze est une totale réussite et un des plus beaux poèmes adressés à la différence. Le film tient tout d’abord d’un pari avec ce que doit être un scénario de fiction. Aucune parole de trop, aucun temps mort, aucun artifice, nulle trivialité. Ivan Grbovic et Sara Mishara ont construit un récit d’une grande originalité, perspicace, osant se faufiler avec éclat, classe et sensibilité dans l’univers à la fois fragile et hasardeux de l’émotion et de la mélancolie. Et c’est justement cette sensation de langueur irréversible qui envahit l’écran. Pour la situer, des plans émouvants, des éclairages à la fois acceuillants et réservés, un ton grave et translucide, une caméra-témoin douce et discrète. Et pour l’incarner, un personnage hors du commun, une présence à l’écran sublime qui a pour nom Ali Ammar. En quelques mots, une révélation. Et pour le cinéma québécois, une des rares (et nécessaires) incursions dans l’autre Montréal, celui qu’on voit rarement à l’écran. Il était grandement temps.  >> Élie Castiel

2009 © SÉQUENCES - La revue de cinéma