23 juin 2011 / Aucun commentaire
Textes : Élie Castiel [sauf avis du contraire]
JO POUR JONATHAN (Jo for Jonathan)
DRAME | Canada [Québec] 2010 – DVD : 2011 – Durée : 81 minutes | Réal. : Maxime Giroux – Suppléments : Aucun – Audio : Français – Sous-titres : Anglais — Dist. : Métropole | Sortie : 28 juin 2011
Résumé
Un adolescent mal dans sa peau et peu communicatif se retrouve bien malgré lui impliqué dans une série d’évènements tragiques après avoir participé à une course avec la voiture de son frère.
En quelques mots
Film de gars, film de char, film de streetracing, de camaraderie virile, de chamaillage entre frères, Jo pour Jonathan, et certains pourraient le reprocher au cinéaste, ne s’intéresse que très peu à la figure féminine, plaquée là sans réelle profondeur : elle est la mère dévouée ou la jolie copine. C’est parce que c’est encore ces mêmes mâles dont il s’agit ici, ceux qui déjà n’avaient que très peu de considérations pour la protagoniste de Demain, prête à maintes humiliations — et ennuis — pour bénéficier d’une présence masculine à ses côtés. Mais à l’inverse d’un certain cinéma québécois — celui des Huard, Gaudreault, Canuel, qui camoufle un machisme insidieux dans son discours populaire — Giroux examine de près cette masculinité. Ces rebelles sans cause à la fureur de vivre, cachant aussi un désir de mourir, sont obsédés par la griserie de la vitesse et piégés dans leurs démonstrations navrantes de virilité, de jalousie et d’acquisition matérielle, où la voiture devient un idéal, un prolongement d’eux-mêmes. Et si le fameux Rebel Without a Cause de Ray vient de force en tête, la course automobile, à l’opposé des Nitro et autres Fast & Furious, esquive ici tout côté spectaculaire, Giroux préférant les impacts psychologiques et les effets collatéraux aux beuglements des moteurs. >> Mathieu Séguin-Tétreault
BARNEY’S VERSION (Le Monde de Barney)
COMÉDIE DRAMATIQUE | États-Unis / Canada 2010 – DVD : 2011 – Durée : 134 minutes | Réal. : Richard J. Lewis – Suppléments : Entrevue avec Mordecai Richler > Commentaires de Richard J. Lewis (réalisateur), Michael Konyves (scénariste) et Robert Lantos (producteur) > Périodes de questions/réponses avec Paul Giamatti et Annette Insdorf > Tapis rouge > Scènes coupées – Audio : Anglais, Français – Sous-titres : Anglais, Français — Dist. : Séville | Sortie : 28 juin 2011
Résumé
De confession juive, Barney Panofsky est un producteur télévisuel excentrique qui habite à Montréal dans les années 70. Marié une première fois, puis une deuxième, il tombe follement amoureux d’une troisième femme le soir de ses noces.
En quelques mots
Si le roman de Mordecai Richler a connu un certain succès dans plusieurs langues, force est d’admettre que cette adaptation cinématographique ne réussit pas toujours à capter tous ces moments purement littéraires, se limitant aux aspects essentiellement affectifs du récit. Le livre donnait l’occasion à Richler d’étaler son humour corrosif et sa verve incendiaire, ce qui faisait son originalité. Lewis, au contraire, n’en retient que les situations les plus sages. Face à un Dustin Hoffman agréablement salace, Paul Giamatti s’avère, comme d’habitude, solide et conséquent. La photographie de Guy Dufaux cadre convenablement bien les personnages et saisit avec rigueur la luminosité des différents lieux de tournage. Quant à la mise en scène, elle oscille d’une séquence à l’autre entre le mimétisme et le convenu. Les suppléments s’avèrent par contre éclairants.
LE TEMPS QU’IL RESTE (The Time That Remains / Ha’zman she’notar)
DRAME | Grande-Bretagne / Italie / Belgique / France / Palestine 2009 – DVD : 2011 – Durée : 109 minutes | Réal. : Cédric Kahn – Suppléments : Aucun – Audio : Anglais, Arabe, Français, Hébreu – Sous-titres : Anglais — Dist. : Séville | Sortie : Depuis le 21 juin 2011
Résumé
De la création de l’État d’Israël en 1948 à nos jours, au travers de l’histoire de Fuad, un homme membre de la résistance palestinienne, se dessine la quête d’identité de son fils. Cette réalité amène Elia Suleiman à se poser une question : est-ce lui qui porte la Palestine là où il va, ou bien la Palestine qui s’étend au reste du monde ?
En quelques mots
L’humour très particulier, les références cinéphiliques à certains maîtres du cinéma comique (essentiellement Buster Keaton et Jacques Tati), ainsi qu’une mise en scène distanciée sont autant d’éléments qui permettent à Elia Suleiman (Intervention divine) d’alléger le propos grave de cette chronique familiale (et autobiographique) sur la dépossession. C’est sans doute ce qui explique que Le temps qu’il reste demeure presque tout le long muet, offrant peu de dialogues, au profit d’une mise en situations de la guestuelle et du sous-entendu. Il émane par conséquent de ce film une sorte de déséquilibre et de rigidité parfois irritants qui finissent par contre par nous bercer. Face à des comédiens de haut calibre fièrement motivés par l’envergure du sujet, Suleiman se donne un rôle, offrant une performance digne des noms dont il s’inspire.
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