DVD

Sélection | Semaine du 29 avril au 5 mai 2011

28 avril 2011 / Aucun commentaire

Textes : Élie Castiel

LE DVD DE LA SEMAINE …

CURLING

DRAME | Canada [Québec] 2010 – DVD : 2011 – Durée : 92 minutes | Réal. : Denis Côté – Suppléments : Making of > Entrevue avec Denis Côté > Les Lignes ennemies (c.m.) > Tennessee (c.m) > Bande-annonce – Audio : Français – Sous-titres : Anglais, Français — Dist. : Métropole | Sortie : 3 mai 2011

Bande-annonce

Résumé : Un modeste préposé d’entretien habitant une région isolée du Québec empêche sa fille de douze ans de s’épanouir à force de la surprotéger. Chacun va faire, à l’insu de l’autre, une découverte traumatisante.

En quelques mots : Faut-il rappeler que Denis Côté est un réalisateur tenant à ses partis-pris esthétiques et narratifs, ne se pliant jamais aux codes institutionnalisés de la mouvance cinématographique québécoise. Fidèle à ses principes, il signe ici son film le plus accessible, même si on retrouve dans l’ensemble, les idées de style qui font de lui un cinéaste à part. Évoquant parfois le thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, à qui il voue une profonde admiration, le jeune cinéaste mêle avec dextérité réalisme poétique et métaphore, mais demeurant toujours cohérent, tenant ses distances. Entre lui et les comédiens, notamment Emmanuel Bilodeau et sa fille Philomène, un rapport de confiance qui consiste à ce qu’ils donnent tous le meilleur d’eux-mêmes. Cinéaste de l’anti-urbanité, Côté se sert de son cinéma pour donner au Québec silencieux sa voix la plus harmonieuse. Des suppléments à ne pas rater, pour mieux comprendre le parcours de Côté.

AUTRES SORTIES EN DVD …

L’AFFAIRE FAREWELL (Farewell)

SUSPENSE D’ESPIONNAGE | France 2009 – DVD : 2011 – Durée : 113 minutes | Réal. : Christian Carion – Suppléments : Aucun – Audio : Français – Sous-titres : Anglais — Dist.: Séville | Sortie : Depuis le 12 avril 2011

Bande-annonce

Résumé : Au début des années 80, un colonel du KGB, déçu par le régime soviétique, espère le faire tomber. Devenu agent double, il transmet des informations au gouvernement de Mitterrand par l’intermédiaire d’un ingénieur français en poste à Moscou.

En quelques mots:  Christian Carion mêle vie politique et vie familiale en établissant ses propres règles de mise en scène, laissant le soin aux comédiens d’établir leur propre jeu, selon les circonstances du récit. Il en résulte un film équilibré malgré le côté circulaire de l’intrigue, parfois désorientant pour le spectateur. Inspiré librement de l’histoire de Vladimir Vetrov, L’Affaire Farewell se regarde comme on lirait un roman sur la Guerre froide, c’est-à-dire en s’aventurant en compagnie des personnages. Emir Kusturica et Guillaume Canet se surpassent.

LE ROI DE L’ÉVASION

COMÉDIE DRAMATIQUE | France 2009 – DVD : 2011 – Durée : 93 minutes | Réal. : Alain Guiraude – Suppléments : Aucun – Audio : Français – Sous-titres : Aucun — Dist. : FunFilm | Sortie :  Depuis le 19 avril 2011

Bande-annonce

Résumé : Cinq multinationales contrôlent 85% de la production céréalière de la planète. La réalisatrice dresse le point sur cette question et organise un état des lieux de l’agriculture mondiale, soulignant avec emphase la question écologique.

En quelques mots:  Alain Giraudie a choisi la voie de la fantaisise pour aborder le thème délicat de l’homosexualité en province, dans le sud de la France. La présence de Ludovic Berthillot, d’une présence remarquable, allège la teneur du récit qui se perd parfois dans des voies de garage. Le dénouement, tout à fait inattendu, nous laisse un goût à la fois d’inconfort et de liberté.

SOMEWHERE (Quelque part)

CHRONIQUE | États-Unis 2010 – DVD : 2011 – Durée : 97 minutes | Réal. : Sofia Coppola – Suppléments : Making of – Audio : Anglais, Espagnol, Français – Sous-titres : Anglais, Espagnol, Français — Dist. : Alliance | Sortie : Depuis le 19 avril 2011

Bande-annonce

Résumé : Un acteur hollywoodien au tempérament dépressif doit mettre de côté son mode de vie dissolu lorsque sa fille de 11 ans vient passer quelques jours avec lui.

En quelques mots:  C’est sans doute la meilleure réalisation de Sofia Coppola. À coup sûr parce que la plus intimiste, la plus personnelle, celle qui renoue avec le cinéma de l’intellect, là où minimalisme est source d’inspiration, où un geste du visage transmet une sensation qui n’a pas de mot, où un mouvement corporel improvisé en dit long sur la nature humaine. La vie de star dont il est ici question n’est que la métaphore de l’inconscient du vide, de la manipulation du jeu, de la prison de la célébrité. À la fois avec absence et enjouement, Stephen Dorff habite à s’y méprendre ces sensations indicibles, privilégiant aussi de la présence d’une Elle Fanning, d’une grande maturité, cachant avec discernement des silences éloquents. Pour mieux comprendre cette œuvre complexe, voir le making of.

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