25 juillet 2009 / Aucun commentaire
Rencontre avec la relève
- Olivier Bilodeau
Après deux ans de dur labeur à bricoler leur film avec des copains la fin de semaine et le soir après le boulot, Caroline Labrèche et Steeve Léonard pourront enfin vivre le lancement de leur premier long métrage ce samedi. La communauté fantasiane saura s’agrémenter de leur Sans Dessein, une comédie bien de chez-nous qui s’aligne parfaitement avec l’esprit du festival : sans prétention et plaisir garanti!

Steeve Léonard et Caroline Labrèche au travail
Les cinéphiles-geeks habitués du festival SPASM ou des productions de DJ XL5 connaissent bien les deux cinéastes qui roulent tout de même leur bosse dans le petit monde (mais ô combien prolifique!) du court métrage québécois. Motivés par le succès de leurs œuvres en tant que membres du collectif de création Dead Cat Films, ils ont décidé de s’attaquer à la production de longue durée.
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Sans Dessein nous transporte dans l’univers moribond de Paul Terrien, un trentenaire sans histoire qui est en train de rater sa vie. C’est du moins ce qu’affirme son fantôme du futur qui vient le mettre en garde de changer radicalement sa pauvre existence sans intérêt, sans quoi, son futur ne sera pas très reluisant. Pour ce faire, il doit conquérir son amour d’enfance, Martine A. Lacelle, qu’il n’a pas revu depuis belle lurette et qui se fiche éperdument de lui. Une comédie qui ne se rapproche en rien de la pléthore de films de ce genre dont Hollywood a l’habitude de nous nourrir. De plus, les innombrables références cinématographiques plairont aux amants du cinéma qui découvriront avec un bonheur certain tous ces clins d’œil au 7e art. Rencontre.
Votre premier long métrage est une production de Dead Cat Films, un collectif de courts métrages. Comment a commencé cette aventure et comment vous a-t-elle mené à la production de votre premier long métrage?
S. L. À la base, on sort de l’école et on veut se faire une petit gang pour faire des courts métrages. Un de mes amis et moi-même, on a commencé à déconner avec une caméra et la première chose que nous avons filmée était un chat mort écrasé dans la rue, d’où le nom. Peu de temps après, j’ai connu Caroline qui s’est jointe à nous et un autre gars s’est ajouté un peu plus tard. Les quatre ensembles, on faisait, une fois de temps en temps, un court. On a été chanceux car nos courts ont été présentés dans plusieurs festivals, comme Comedia (Juste pour rire), SPASM, Prends ça court, FanTasia et on a même eu une diffusion à ARTV. Devant ce relatif succès de nos œuvres non-financées, on s’est dit, Caroline et moi, qu’on aimerait faire des films mais de façon à en vivre. Et comme il est difficile de vendre un court, on a décidé de faire un long métrage. Donc, en faisant un court de huit minutes en une fin de semaine, si on additionne les fins de semaine on devrait mathématiquement arrivé à produire un long métrage. L’exemple ultime de ceci étant Bad Taste de Peter Jackson qui a pris 4 ans à faire; nous ça nous en a pris deux.
C.L. Au début, Steeve est arrivé avec l’idée de Sans Dessein, on s’est donc assis tous les quatre et on a fait un remue-méninge. Steeve a ensuite écrit le scénario mais par la suite les deux autres gars se sont quelque peu retirés, tout en continuant de nous donner un coup de main, mais le projet est devenu le nôtre. On espère que ce film nous permettra de lancer notre carrière en cinéma et qu’on puisse éventuellement en vivre. Ce qui n’est pas le cas pour l’instant. Que ce soit en quelque sorte notre carte de visite quoi.
Bande-annonce du film :
Pourquoi avoir fait une comédie comme premier long métrage?
C.L. Les films de Dead Cat ont toujours été des comédies. Lorsqu’ils étaient présentés, on voyait la réaction de la foule qui riait toujours aux moments dans le film où on voulait faire rire. C’était comme naturel pour nous.
S.L. Oui, c’est vraiment naturel. On aurait pu faire un drame existentiel mais comme on n’en avait jamais testé un avant, la comédie s’est imposée d’elle-même je suppose. D’ailleurs, on n’avait pas prévu que soit une comédie romantique mais au fil de l’écriture on s’en ait vite aperçu. Alors, on s’est mis à en écouter plusieurs juste pour voir ce qu’on détestait dans ce genre, pour s’assurer de ne pas le retrouver dans notre film.
Comment avez-vous financé votre projet ? Et quel en est le coût ?
C.L. C’est un film 100% indépendant.
S.L. 15 000$ et ça comprend vraiment tout, même les sandwichs.
Dans les 2 ans de production, avez-vous évalué le nombre de jours de tournage?
C.L. Ca représente environ 50 jours de 8 heures.
Sans Dessein sera présenté en grande première mondiale à FanTasia, qu’est-ce que vous espérer comme soirée?
C.L. Moi, je veux qu’il y ait du monde dans la salle. Ma plus grande peur, c’est de présenter le film et qu’il y ait que 3-4 personnes d’assise.
S.L. J’aimerais que la salle soit au moins au ¾ pleine, car je suis persuadé que les gens vont rire nos «jokes» mais je veux bien sûr que ça soit un maximum de gens.
Qu’est-ce qui attend Sans Dessein après son ouverture?
C.L. C’est certain qu’on va l’envoyer au plus grand nombre de festivals à travers le monde et bien sûr une sortie DVD.
Quels sont vos projets futurs?
C.L. On ne sait pas encore vraiment. On est encore entrain de travailler sur celui-ci donc on n’a pas eu le temps de penser à la suite.
S.L. On a juste quelques synopsis qui attendent qu’on les pousse un peu plus loin dans leur développement. Mais comme a dit Caroline, on va commencer par finir le premier.
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