19 juillet 2009 / Aucun commentaire
Inde intérieure
- Olivier Bilodeau
Mieux connu comme acteur pour ses divers rôles à la télévision, Robin Aubert va passer en 2005 derrière la caméra pour accoucher de sa première œuvre de fiction, l’énigmatique Saints-Martyrs-des-Damnés. Mélangeant le suspense et le fantastique, ce long métrage a permis à son créateur de faire sa marque en tant que cinéaste. Il récidive cette fois avec un road movie, intitulé À quelle heure le train pour nulle part, qui est présenté en grande première mondiale à FanTasia.

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À quelle heure le train pour nulle part est le premier volet d’une série de cinq films tournés sur les cinq continents et qui a pour titre Fantômes et Voyages. De l’aveu de l’auteur cette série « a comme but de dépeindre des personnages qui, suite à la perte d’un être cher, tentent de reprendre le contrôle de leur destinée». Le mouvement et la fuite sont donc les thèmes centraux du film dans lequel on suit simultanément les personnages à travers le monde.
Donc, aux antipodes de son précédent opus, le film raconte le récit d’un Québécois (Luis Bertrand) qui se rend en Inde à la recherche de son frère jumeau identique. Tout au long de son périple, il promène le spectateur tantôt dans le chaos de la vie quotidienne des 1,15 milliard d’Indiens, tantôt dans des épisodes d’intériorité qui prennent des allures oniriques, le tout bercé par l’enivrante musique de Yves Desrosiers. On se laisse facilement emporté par cette quête quasi-impossible similaire à celle qui consiste à retrouver une aiguille dans une botte de foin malgré les lacunes (délibérées) d’un scénario majoritairement improvisé et parfois difficile à suivre.
Filmé avec une équipe très restreinte et le minimum d’équipement pour permettre une facilité de déplacement et un accès à des lieux habituellement hors d’atteinte avec l’encombrant matos coutumier, À quelle heure le train pour nulle part amène son spectateur dans un voyage paradoxalement fantomatique et, à la fois, bien ancré dans la réalité du pays de Gandhi.
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